Giro 2013: Vincenzo Nibali (Astana) en fait-il trop?

Nibali en fait-il trop ?
Par Eurosport

Le 21/05/2013 à 20:28Mis à jour Le 22/05/2013 à 18:14

Au-dessus du lot sur ce Giro, Vincenzo Nibali (Astana) profite de sa supériorité pour jouer les grands seigneurs. Exercice périlleux qui pourrait lui couter son maillot rose.

L'état de forme de Vincenzo Nibali ne comporte plus la moindre zone d'ombre. Au-dessus de la mêlée sur tous les terrains, le coureur italien impressionne et en impose sur les routes du Giro d'Italia. Cependant, même s'il semble très à l'aise, le leader de la formation Astana prend quelques risques que l’on prend rarement lorsqu'on a le maillot rose sur les épaules, même si l'on possède une avance aussi confortable au général (1’26’’ sur Cadel Evans, 2e). Ces risques pourraient finir par le pénaliser.

Sur ce Giro, Vincenzo Nibali surprend. Au départ, la stupéfaction venait de sa fraîcheur physique, maintenant c'est de son attitude en course qu'elle provient. Cette 16e étape en a été l'illustration parfaite. Offensif quel que soit l'inclinaison du terrain, le coureur d'Astana a été impérial. Le maillot rose n'est pas un poids pour lui. Bien au contraire, cette tunique semble lui donner des ailes. A l'attaque ce mardi dans l'Andrate, Nibali l'était également dimanche dernier dans le Galibier où ni Uran ni Evans n'avaient osé le défier. Au vu de sa stratégie de course, l'Italien ne semble nullement inquiété par qui que ce soit. Le préféré des tifosi se paie même le luxe de dire à son coéquipier Tanel Kangert de rouler pour aller disputer la gagne à Ivrea ce mardi, sans lui. "J'ai dit à Kangert d'essayer de gagner l'étape et prendre, comme cela, les bonifications. Il se sent bien, il est en forme" a-t-il déclaré en grand seigneur.

Cependant, cet excès de confiance pourrait lui jouer des tours. Dans le final ce mardi, Nibali était le coureur le mieux épaulé. Au lieu d'en profiter et d’assurer, il s'est envoyé lui-même au charbon en ce forçant à rouler pour contrer les attaques. Bien pire, il a pris le risque de perdre un équipier en envoyant Kangert disputer la gagne, alors que ce dernier aurait pu se révéler être d'un grand secours s'il avait eu une crevaison ou tout simplement chuté lors des 20 derniers kilomètres. En rose depuis la huitième étape, Nibali a peut-être trop pris goût à cette couleur qui lui va bien au teint. Mais derrière, le putsch se prépare. On en a eu un avant-goût mardi avec Scarponi et Uran qui se sont montrés. Ces derniers, ainsi qu’Evans, ont probablement coché les deux étapes de montagnes et les huit cols qui les attendent en fin de semaine. Le requin de Messine n'a plus qu'à rester sur ces gardes et ne pas perdre son sang-froid.

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