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Roglic assomme le chrono et ses rivaux

Roglic assomme le chrono et ses rivaux

Le 19/05/2019 à 17:12Mis à jour Le 19/05/2019 à 21:10

TOUR D'ITALIE - Le Slovène Primoz Roglic a frappé fort en remportant le contre-la-montre dimanche entre Riccione et Saint-Marin. Le leader de la Jumbo-Visma a devancé Victor Campenaerts (Lotto-Soudal) et Bauke Mollema (Trek-Segafredo). Surtout, il a largement dominé les favoris et se place idéalement pour le maillot rose, toujours sur les épaules de Valerio Conti (UAE Team Emirates).

Primoz Roglic était attendu. Et il n’a vraiment pas déçu. Déjà vainqueur du chrono d’ouverture à Bologne, le Slovène a signé une nouvelle démonstration ce dimanche en dominant le contre-la-montre de 35km entre Riccione et Saint-Marin. Seul Victor Campenaerts, victime d’un incident mécanique qui lui a sans doute coûté la victoire, a pu rivaliser (2e à 11’’). Tous les autres sont à une minute ou plus. Si Vincenzo Nibali a limité la casse (4e à 1’05’’), Simon Yates a perdu très gros (3’11’’). Roglic fait ainsi une énorme opération au général. Mais il ne le domine pas encore. Le maillot rose reste sur les épaules de Valerio Conti.

L’Italien, qui a pris le pouvoir jeudi à l’issue d’une longue échappée à San Giovanni Rotondo, s’est classé 38e du chrono. Il a su conserver 1’50’’ de marge sur Roglic (sur un matelas initial de 5’24’’) à la veille du premier jour de repos. Nouveau dauphin de l’Italien au général, Roglic possède désormais une très confortable avance sur ses rivaux avant la montagne, qui débutera jeudi. Le voilà avec 1’44’’ d’avance sur Nibali et 1’55’’ sur Bauke Mollema (excellent 3e du chrono à une minute pile). Ces deux-là s’en sortent même plutôt bien au regard de la journée noire connue par Yates et Miguel Angel Lopez, désormais relégués respectivement à 3’46’’ et 4’29’’ de Roglic.

Fort de son surprenant succès sur Paris-Nice, Yates était, sur le papier, le rival le plus sérieux de Roglic sur ce chrono, le plus long de ce Giro. Le vainqueur de la Vuelta a plutôt limité la casse jusqu’au 2e intermédiaire (48’’ de retard sur Roglic). Mais contre toute attente, il a finalement craqué dans la montée finale de ce contre-la-montre divisé en deux parties (23km de plat, puis une arrivée au sommet de 12km à 4,5% de moyenne), lâchant près de 2’30’’ dans l’ultime section.

Peters, 3e au général et nouveau maillot blanc

Le débours est encore plus lourd pour Lopez. Le Colombien a subi une crevaison en début de parcours. Et il n’a jamais réussi à se mettre en mode "Superman" par la suite, se classant 42e du chrono à 3’45’’. Le leader d’Astana a terminé un rang devant Nans Peters (43e à 3’46’’), meilleur Français du jour et nouveau 3e au classement général (à 2'21'' de Conti). Surtout, l’Isérois d’AG2R La Mondiale, membre de l'échappée vers San Giovanni Rotondo jeudi, est le nouveau leader du classement du meilleur jeune. Son maillot blanc tient pour 1’06’’ sur Valentin Madouas et 1’09’’ sur l’ancien leader Giovanni Carboni (Bardiani-CSF).

Concernant la victoire du jour, la frustration restera immense pour Victor Campenaerts (Lotto-Soudal). Parti à la première heure, le double champion d’Europe du chrono a signé une performance magistrale, signant de loin les meilleurs temps intermédiaires sur le plat (51’’ d’avance sur Roglic au km 22) avant de faire mieux qure se défendre dans la bosse finale. Seul à avoir passé la barre des 40km/h de moyenne avant Roglic, le recordman de l’heure a pourtant dû changer de vélo. Il restait 1,5km à couvrir lorsqu’un saut de chaine l’a obligé à mettre pied à terre pour saisir un vélo traditionnel, avec lequel il a fini le chrono.

Roglic, premier double vainqueur de chrono sur le Giro depuis 2000

On redoutait que cet incident finisse par lui coûter la victoire. Et ce scénario catastrophe s’est finalement produit, Roglic le délogant du fauteuil pour onze cruelles secondes. Personne n’avait remporté deux chronos sur un même Giro depuis Jan Hruska en 2000. Roglic l’a fait, et il tentera de faire le triplé à l’occasion du chrono de Vérone, qui conclura le Giro le 2 juin prochain. Vu sa domination actuelle, et si la montagne - voire la météo pas prévue pour être clémente - ne l’a pas mangé d'ici-là, on l’imagine tout à fait en rose ce jour-là.

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