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Yates, la défaillance qui coûte cher

Yates, la défaillance qui coûte cher

Le 19/05/2019 à 20:41

Simon Yates est le grand perdant du contre-la-montre de dimanche. Alors qu’il était perçu comme un client potentiel à la victoire d’étape, le Britannique s’est au contraire effondré dans la montée finale vers Saint-Marin, déboursant 3’11’’ sur Primoz Roglic. Au général, le vainqueur de la Vuelta accuse désormais 3’46’’ de retard sur le Slovène. "Nous allons devoir changer nos plans" déplore-t-il.

On ne sait pas s’il faut voir ça comme un violent retour de bâton. Mais la performance de Simon Yates ce dimanche s’accorde en tout cas bien mal avec les certitudes provocatrices du Britannique avant le départ du Giro, où il s’était autoproclamé favori numéro 1 à l’aide de certaines déclarations tapageuses. À l’issue de la 9e étape, le Britannique s’est très sérieusement éloigné du maillot rose - qu’il avait porté durant deux semaines l’an dernier avant de craquer à deux jours de l’arrivée - en explosant dans le final du contre-la-montre de Saint-Marin.

Aux deux-tiers du parcours, tout allait pourtant assez bien pour Yates, qui jouissait d’une confiance importante dans l’exercice après sa victoire sur le chrono de Paris-Nice (une première pour lui) et sa 2e place à Bologne derrière Primoz Roglic, sur le premier chrono de ce Tour d'Italie 2019. Il n’avait déboursé que 48’’ sur le Slovène après 22 kilomètres plats comme la main. La partie finale (12km à 4,5%) devait lui permettre de faire jeu égal avec son rival, voire de lui reprendre du terrain. Mais au lieu d’une remontada, on a eu droit à la "degringolada" du vainqueur de la dernière Vuelta. Sur le flanc du Mont Titano, Yates a essuyé une sévère défaillance, déboursant 2’23’’ sur Roglic sur le derniers tiers de course (soit 12 secondes au kilomètre !) pour un total de 3’11’’ à l’arrivée.

À l'attaque dès jeudi ?

"C’est un peu naze, a-t-il réagi à chaud. Je me sentais bien sur le plat mais quand j'ai essayé d'accélérer dans la montée, je n'avais rien. Ce sont des choses qui arrivent. Maintenant, nous devons élaborer une nouvelle stratégie et l'appliquer." Sa foudroyante défaillance de l’an dernier dans l’étape du Finestre, l’avait conduit à aborder ce nouveau Giro avec prudence. Jusque-là, on l’avait effectivement peu vu, se gardant bien d’attaquer lorsque le terrain pouvait parfois s’y prêter. Son retard très conséquent au général (24e à 5’36’’ de Valerio Conti et 3’46’’ de Roglic) change la donne. Il va l’obliger à passer assez vite à l’action lorsque la haute montagne débutera, vendredi prochain, ou même la veille à Pinerolo, où la rude montée de Montoso (8,9km à 9,4%) est placée non loin de l’arrivée.

" Nous sommes encore au début de la course. Avant ce chrono, nous n'avions fait qu'un seul test, dans le prologue. Tous les autres jours, c'était sur le plat et on restait dans les roues. Je suis impatient d'arriver en montagne pour voir ce que nous pouvons faire."

De son côté, le directeur sportif Matthew White n’avait évidemment pas prévu la déroute de son leader avant la première journée de repos. Mais il veut croire que le Giro est loin d’être terminé. "Nous nous adapterons en conséquence, promet-il. On n'a pas encore eu une étape de montagne, il reste beaucoup à faire. Dans le passé, on a vu que le Giro génère de grandes surprises. On le sait, une mauvaise journée au Giro ne se traduit pas par 30 secondes. Les écarts ont tendance à être plus importants que dans les autres grands tours. Nous attendons avec impatience vendredi. La course reprendra de plus belle."

Team Mitchelton rider Great Britain's Simon Yates is seen ahead of stage three of the 102nd Giro d'Italia - Tour of Italy - cycle race, 220kms from Vinci to Orbetello on May 13, 2019

Team Mitchelton rider Great Britain's Simon Yates is seen ahead of stage three of the 102nd Giro d'Italia - Tour of Italy - cycle race, 220kms from Vinci to Orbetello on May 13, 2019Getty Images

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