On ne sait pas encore si le rêve d’Arnaud Démare est d’aller conquérir l’Europe. En revanche, un constat s’impose : l’Italie est à ses pieds. Vendredi dernier, la Gazzetta dello Sport s’amusait à décrire le sprinteur français sous les traits de Napoléon. A l’époque, il ne comptait "que" deux victoires d’étape au compteur. Cinq jours plus tard, le Français a doublé son pécule et mis les mains, quasi définitivement, sur le maillot cyclamen.

Ce mercredi, dans une 11e étape qui aurait pu échapper aux sprinteurs après le numéro de Sander Armée (Lotto-Soudal), Arnaud Démare ne s’est pas pressé. A deux kilomètres de l’arrivée, à l’entrée dans Rimini, le train de la Groupama-FDJ n’était pas encore vraiment en marche. Il a fallu un gros travail d’équipe, soulignée après coup par le Tricolore, pour le remettre dans les conditions optimales.

Tour d’Italie
Et de quatre, Démare est irrésistible !
14/10/2020 À 14:13
On ne pensait peut-être pas à quatre victoires

Derrière, ce fut un feu d’artifice. Un de plus. Dans un Giro privé de têtes d’affiches, il prend la lumière comme jamais et semble dans la forme de sa vie. "Quand je démarre, j’ai la grosse force", a-t-il sobrement analysé après coup auprès de La Chaîne L’Equipe. Ce n’est pas Peter Sagan, bluffant mardi mais battu à la pédale mercredi qui dira l’inverse. A Rimini, c’est donc encore Napoléon qui a gagné. Pour la quatrième fois dans ce Giro 2020.

"C’est extra, a-t-il ajouté. On était venu pour des victoires d’étape mais on ne pensait peut-être pas à quatre à ce moment-là donc vraiment chapeau à toute l’équipe". Il y a de quoi tomber de sa chaise, effectivement. Sur les routes italiennes, seul Bernard Hinault avait réussi pareil exploit dans un même Giro. Laurent Jalabert (1999) et Nacer Bouhanni (2014), bloqués à trois, sont déjà dans le rétro.

14e victoire de la saison

Sur un Grand Tour, on n’avait plus vu de Français aussi efficace depuis Jaja sur la Vuelta de 1995. Autrement dit, à l’échelle du cyclisme tricolore, la performance est à graver en lettres d’or. Combiné à ses deux bouquets sur le Tour de France (4e étape de 2017, 18e étape de 2018) et sa victoire précédente sur le Giro la saison passée (10e étape), le voilà avec un pécule de 7 victoires sur les Grands Tours. C’est bien simple, c’est le Français en activité qui en possède le plus grand nombre devant son coéquipier Thibaut Pinot (6).

D’Italie, où il avait déjà remporté Milan - San Remo (2016) ou Milan - Turin cette saison, il repartira avec un palmarès bien garni et des souvenirs plein la tête. Mais ce serait bête de s’arrêter là. Car la saison 2020 a beau être tronquée, c’est d’ores et déjà une belle cuvée pour Démare. Son 14e succès de la saison (très loin devant les neuf bouquets de Tadej Pogacar) lui permet de viser raisonnablement le meilleur bilan comptable de sa carrière sur un exercice (15 en 2014). "C'est la prise de conscience de ce sport, une forme de maturité, expliquait-il après coup auprès de l'AFP. Tout paraît facile aujourd'hui mais il y a beaucoup de travail derrière, beaucoup d'implication. Je me suis posé les bonnes questions pour retrouver mon explosivité. Après, la confiance amène la réussite. On prend du plaisir. Dès la deuxième victoire (d'étape), notre Giro était réussi. Maintenant, on en est à quatre ! Notre saison aussi est réussie avec 14 victoires, chacune est exceptionnelle. C'est du bonus." Vu la forme qu’il tient, difficile de croire qu’il en restera là. Après tout, Napoléon aussi a vu les choses en grand.

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