TOUR DE FRANCE - Le retour (enfin) de Nairo Quintana

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TOUR DE FRANCE – Presque cinq ans jour pour jour après son dernier et unique succès sur les routes de la Grande Boucle, Nairo Quintana s'est imposé ce mercredi au sommet du Col de Portet au terme d'une attaque franche à 15km de l'arrivée. La première "vraie" performance en montagne du Colombien de la Movistar depuis deux ans.

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Crédit: Eurosport

On l'attendait, on le raillait, on le critiquait. Depuis le début du Tour de France, Nairo Quintana vivait dans l'ombre des autres favoris, incapable de se distinguer en haute montagne. Comme ces deux dernières années. Qu'il semblait loin le Quintana des Tours 2013 et 2015, irrésistible dès que la pente s'élevait et capable de mettre à mal les Sky. "Jusqu'ici, les choses ne se passaient pas bien pour nous, expliquait-il à l'arrivée. Nous avons eu des jours difficiles, je ne me sentais pas bien, je n'avais pas de bonnes jambes et j'ai perdu du temps. Mais, maintenant, je me sens beaucoup mieux." Et ça s'est vu ce mercredi.
Depuis des semaines, la Movistar annonçait la couleur pour cette 17e étape. "J'avais coché cette étape et tout s'est passé comme prévu", s'est réjoui le Colombien, passé à l'attaque dès le pied du Col du Portet. Une attaque annoncée : "Nairo m'a dit au pied de Saint-Lary qu'il allait attaquer", a confirmé Mikel Landa. La présence dans l'échappée de Soler et Valverde témoignait d'une volonté de l'équipe espagnole de mettre le feu aux poudres. Même s'il a fallu attendre la dernière ascension pour voir un favori bouger. Frilosité ? Plutôt confiance du Colombien : "On a couru de façon agressive, c'est comme ça qu'on a gagné, avouait-il. Je connaissais la montée du Portet, j'étais venu ici pour reconnaître l'étape après la présentation du Tour. Mais, plus que la connaissance du terrain, c'est le soutien de mon équipe - d'Alejandro Valverde surtout, mais aussi de Marc Soler - qui m'a permis de gagner l'étape."

Course au podium ou tout pour le tout ?

Son premier succès sur les routes du Tour de France depuis sa victoire au Semnoz en 2013. Il était alors le meilleur jeune et meilleur grimpeur de la Grande Boucle. Un temps qui parait désormais affreusement lointain, comme une autre époque. Si ce succès sauve avant tout le Tour de la Movistar, qui brigue également le classement par équipes, il récompense aussi tout le travail de la formation de Navarre, qui a bien souvent tenté dans ce Tour, souvent sans réussite. "Cette victoire est très méritée, pas seulement pour moi mais aussi pour mon équipe, a assuré Quintana. On a travaillé très dur pendant le Tour, on a montré qu'on était une grande équipe." Même son de cloche du côté de Landa : "Nous avons gagné et nous avons enfin le résultat que nous espérions sur ce Tour."
Bien sûr, au général, le natif de Tunja reste à 3'30'' du maillot jaune porté par Geraint Thomas et à 59'' du podium et de Chris Froome. Mais, au-delà des chiffres, ce succès change beaucoup de choses, presque tout, pour Quintana. Revenu dans la course au podium, le Colombien a surtout retrouvé ce qui semblait tant lui manquer depuis deux ans sur le Tour : de la confiance. Et de l'ambition. "Cette victoire me donne de la sérénité pour ce qui reste, assure-t-il. La victoire finale est devenue un peu difficile à viser mais on va continuer de rendre la course le plus difficile possible pour les autres. On doit durcir la course et utiliser cette confiance pour passer de nouveau à l'attaque. La troisième semaine nous réussit." Vu ses montées en puissance successives sur les Grands Tours, on ne peut qu'être d'accord avec le Colombien. Il est loin, mais il faudra se méfier pour les autres favoris : "Nairoman" est de retour.
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