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Les débats du Tour : La grande bagarre va-t-elle débuter dès l'Izoard ?

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Thibaut Pinot et Egan Bernal

Crédit: Getty Images

ParEurosport
25/07/2019 à 10:00 | Mis à jour 25/07/2019 à 10:00

TOUR DE FRANCE - Chaque jour, trois questions sont posées à des membres de la rédaction. Chacun donne son point de vue et vous invite à prendre part à la discussion. Ce jeudi, on s'interroge sur les trois hommes qui monteront sur le podium à Paris.

Quel sera le podium final à Paris ?

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Comme expliqué lundi, Thibaut Pinot est désormais mon grand favori pour la victoire finale. Le plus costaud dans les Pyrénées, très bien entouré par la Groupama-FDJ, le grimpeur français semble avoir les cartes à main à quatre jours de l'arrivée. Derrière lui, il me semble évident que l'on retrouvera un INEOS. S'ils ne sont pas aussi forts collectivement que les années précédentes, la formation britannique a toujours ses leaders à l'affut (2e et 5e). Plus habitué aux cols et aux hautes altitudes, je vois Egan Bernal prendre le dessus sur le tenant de titre et lutter jusqu'au bout pour la victoire finale.

Enfin, je vois bien Mikel Landa réussir à monter sur le podium. Très en forme malgré son Giro (4e), l'Espagnol de la Movistar a l'équipe et les jambes pour dynamiter la course, de loin si nécessaire. J'ai peine à croire en Steven Kruijsiwjk, moins fort que l'an passé, et en Emanuel Buchmann, dont la troisième semaine reste une inconnnue. Cela pourrait se jouer donc avec Geraint Thomas mais le Britannique pourrait devoir travailler avec Bernal tandis que le Basque n'inquiètera jamais dans la course au maillot jaune. Mais il pourrait en profiter pour - enfin- monter sur le podium.

Julien Chesnais

Sur la plus haute marche, mon favori reste Egan Bernal. D'autant que la chute de Geraint Thomas mardi est plutôt de nature à renforcer la position du Colombien que l'inverse. Je l'ai déjà dit, la très haute altitude devrait favoriser le porteur du maillot blanc. Et porté par la force collective d'Ineos (que je n'imagine pas sans réaction après la relative déroute pyrénéenne), il me semble tenir les plus solides chances pour s'imposer à Paris.

En deuxième, je vois Thibaut Pinot. Lui aussi raffole de l'altitude. Et la canicule s'annonce moins terrible que redoutée. Pour compléter mon podium, je choisis Steven Kruijswijk. Le Néerlandais donne pour l'instant tous les gages de solidité. Mais je ne le vois pas faire le coup d'éclat qui lui permettrait de viser plus qu'un simple podium. Troisième, ce serait déjà pas mal pour le leader de Jumbo-Visma.

Thibaut Pinot et Egan Bernal.

Crédit: Getty Images

La grande bagarre va-t-elle débuter dès l'Izoard ?

Jean-Baptiste Duluc

Je serais franchement plus qu'étonné que ça ne soit pas le cas. Sur une telle étape, de plus de 200 km et avec des difficultés comme Vars, l'Izoard et le Galibier, l'occasion est belle de créer de gros écarts. Pour cela, il ne faudra pas attendre la dernière ascension du jour. Aussi long et haut soit-il, le Galibier ne pourra servir de tremplin ou de cercueil que si la course s'est lancée bien auparavant. Bien sûr, je n'imagine pas une seule seconde voir un des six premiers du général passer à l'attaque dès l'Izoard. Ce serait trop prématuré et cela pourrait coûter cher dans la longue vallée qui mène au Lautaret.

Mais il y a plusieurs manières de lancer les grandes manœuvres. Comme cela a par exemple été le cas dans les Pyrénées, je vois bien la Movistar placer un gros coup de vis dans l'Izoard pour isoler les autres favoris voir même lancer un Valverde ou Landa à l'avant, après avoir mis des équipiers dans l'échappée. Mais voir INEOS, la Jumbo-Visma ou la Groupama-FDJ durcir dans le premier des deux cols Hors-Catégorie de la journée aurait tout son sens.

Julien Chesnais

Oui, je n'imagine pas le peloton escamoter ce mythe pour se contenter d'une explication tardive dans le Galibier. Placé après Vars (qui fera déjà bien mal aux pattes), l'Izoard est suffisamment dur et pas si loin de l'arrivée pour accueillir le début des hostilités. Comme Jean-Baptiste, je vois bien un essorage orchestré par Movistar, avec une vingtaine de survivants au sommet. La formation espagnole doit tout faire sauter pour espérer se replacer dans la course au podium. Et pourquoi pas envoyer Quintana, Valverde et Landa ensemble dès l'Izoard ?

Sans avoir besoin de prendre autant de risques, Ineos, Groupama-FDJ et Jumbo-Visma ont eux aussi intérêt à durcir de loin pour mettre la pression sur Julian Alaphilippe. Si le maillot jaune se retrouve isolé dans l'interminable Lautaret (une trentaine de kilomètres en faux-plat plus ou moins prononcé avant le Galibier), il sera en grand danger. Beaucoup ont ainsi intérêt à lancer la bagarre de loin. À cet égard, l'Izoard semble être un tremplin idéal.

Découvrez le profil de l'Izoard en 3D

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Lequel des six "favoris" va craquer le premier ?

Julien Chesnais

Clairement, Julian Alaphilippe est celui qui a le plus à perdre demain. Ce n'est pas le physique qui m'inquiète spécialement chez lui. C'est son équipe (d'ailleurs, pourquoi diable avoir envoyé Asgreen se cramer dans l'échappée vers Gap ?). L'étape de jeudi est celle où la faiblesse de ses équipiers en montagne peut s'avérer la plus problématique. Si le Montluçonnais bascule au sommet de l'Izoard sans aucun équipier à ses côtés, son maillot jaune se retrouverait en péril.

Surtout si une course de mouvement venait à être orchestrée par Ineos ou Movistar. Obligé d'assurer seul la poursuite sur les pentes usantes du Lautaret, Alaphilippe s'exposerait alors à un coup de bambou catastrophe dans le Galibier. Hormis Alaphilippe, il faudra guetter la santé de Geraint Thomas. Comment se sentira-t-il 48h après sa chute sur les routes de Nîmes ? C'est l'autre inconnue de cette étape de Valloire.

Jean-Baptiste Duluc

Depuis le départ, je ne vois pas Julian Alaphilippe tenir jusqu'à Paris, malgré tout le courage dont il fait preuve depuis qu'il a récupéré le maillot jaune à Saint-Etienne. C'est assez logiquement que j'estime que le Français sera le premier à craquer dans les Alpes. Et si je devais me tenter à une prédiction, j'aurais même tendance à dire que l'étape de Valloire est typiquement celle qui peut enterrer les rêves du puncheur tricolore.

Dimanche dernier, il avait montré que les enchaînements de cols lui faisaient bien plus mal que la montée sèche d'un col comme le Tourmalet. Alors, avec le cumul des deux comme cela sera le cas jeudi, je crains une grosse craquante d'Alaphilippe, qui ne pourra en plus de cela pas vraiment compter sur une grosse équipe pour l'aider. A mon sens, c'est en tout cas le jour qui y est le plus "favorable". La fatigue accumulée depuis le départ et l'enchaînement de cols à plus de 2000m risque d'être le tombeau de ses espoirs de victoire finale, même si je vois bien Emanuel Buchmann perdre également un peu de temps dans le Galibier.

Julian Alaphilippe lors de la 15e étape du Tour de France 2019.

Crédit: Getty Images

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