Lennard Kämna ne l’a pas volée. Quatre jours après s’être fait chiper la victoire de justesse au Puy Mary par Daniel Felipe Martinez (Education First), l’Allemand de 24 ans a obtenu la sienne ce mardi, sa toute première sur le Tour. Le coureur de Bora-Hansgrohe s’est montré le plus costaud d’une échappée fleuve, dans laquelle Julian Alaphilippe a encore affiché ses limites du moment. Parti en solitaire à 20 kilomètres de l’arrivée, le vainqueur du jour s’est imposé avec 1'27'' d’avance sur Richard Carapaz (Ineos-Grenadier) à Villard-de-Lans, terme d’une 16e étape qui n’a pas changé grand-chose au général. Primoz Roglic (Jumbo-Visma) conserve son maillot jaune et ses 40 secondes d’avance sur Tadej Pogacar (UAE Emirates) à la veille du grand-rendez vous au col de la Loze.

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Arrivés avec un gros quart d’heure de retard sur le vainqueur du jour, les favoris du Tour ont logiquement repoussé la grande bataille à plus tard vu le terrible menu qui les attend mercredi. Hormis une attaque de Guillaume Martin dans la Montée de Saint-Nizier-du-Moucherotte (1re catégorie), à 30 kilomètres de l’arrivée, puis un timide démarrage de Tadej Pogacar dans le raidard final de Villard-de-Lans, Roglic n’a jamais été inquiété dans cette journée 100% iséroise, quasiment une étape de haute montagne avec les franchissements du col de Porte (2e catégorie) et la côte de Revel (2e catégorie).

Statut quo donc, avec la confirmation que Nairo Quintana et Egan Bernal ne sont plus dans le coup, dans des proportions néanmoins bien différentes. Le premier est le seul membre du top 10 (hormis Tom Dumoulin, en mode équipier, seulement débiteur de 7") à avoir lâché du temps. 28 secondes précisément en à peine deux kilomètres. Il passe derrière le Néerlandais au général pour occuper la 10e place à 5’43’’. Après avoir perdu huit minutes au Grand Colombier, Bernal en a cette fois lâché onze en se laissant décrocher à 30 bornes de l’arrivée. Ce qui n’a rien de bien surprenant, le vainqueur sortant du Tour ayant déjà officiellement tiré un trait sur le général.

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Gaudu a abandonné

Au lendemain de la dernière journée de repos, l’intérêt véritable de la journée - qui a été fatale à David Gaudu, contraint à l’abandon en début d’étape - se trouvait donc à l’avant. Dans l’échappée. Celle-ci a comme prévu eu beaucoup de mal à se former tant on lui promettait la victoire. Un groupe d’une trentaine de coureurs où se trouvait Thibaut Pinot semblait bien parti pour s’envoler d’entrée. Mais la bataille a été relancée lorsque Guillaume Martin, 11e du général, a esquissé une tentative de putsch à 150 kilomètres de l’arrivée. Jumbo-Visma a logiquement rappelé le Normand à l’ordre, mais l’opération a condamné l’échappée.

Le bon coup, mené par Alaphilippe, est sorti dans la foulée. Et après le retour de deux groupes de poursuivants (celui de Pierre Rolland puis un autre comprenant Pavel Sivakov), le groupe de tête a compté jusqu’à 23 hommes. Après la quête des pois de Pierre Rolland - qui en a pris 10 points et est revenu à égalité de Benoit Cosnefroy, toujours leader du classement de la montagne -son coéquipier Quentin Pacher (B&B Hotels - Vital Concept) a lancé les hostilités en démarrant au pied de la Montée du Saint-Nizier-du-Moucherotte.

Irrésistible Kämna

Le puncheur toulousain a fait un temps illusion en prenant une minute d'avance, mais il y avait bien plus costaud dans cette échappée pas loin d’être royale. Richard Carapaz semblait d’abord le plus fort. Ce sont les coups de boutoir du vainqueur du dernier Giro qui ont fait craquer Alaphilippe. Et alors que seul Kamna survivait dans sa roue, l’Allemand a soudainement activé la moissonneuse-batteuse, hâchant menu son adversaire juste avant le sommet de l’ascension, à 20 kilomètres de l’arrivée. Ses talents de rouleur ont ensuite fait le reste sur le plateau du Vercors, l’écart ne cessant jamais de grandir. L’Allemand, déjà victorieux de manière similaire sur le Dauphiné, a réussi là où son leader Peter Sagan a toujours échoué depuis le début du Tour. Il offre à Bora-Hansgrohe son premier succès sur cette 107e édition. Et il est loin d’être vilain.

Kämna la tient enfin : sa victoire en solitaire en vidéo

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