Guillaume Martin se trouve peut-être dans la pire des positions dans cette dernière semaine sur un plan stratégique. Le leader de Cofidis ne rêve plus vraiment à un podium depuis l'étape de Puy Mary vendredi. Mais il n'a pas explosé comme Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) dans les Pyrénées ou Egan Bernal (Ineos-Grenadier) au Grand Colombier.

11e du classement général à 6'45" de Primoz Roglic, il ne constitue certes pas une menace directe pour le maillot jaune, mais seules des circonstances de course particulières pourraient désormais lui permettre de bénéficier d'un bon de sortie. Il en a eu la confirmation mardi sur la route de Villard-de-Lans.

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Martin a d'abord essayé de s'extraire du peloton en début d'après-midi pour prendre la bonne échappée. Mais il y avait déjà du monde devant et il n'était pas question de lui laisser une telle marge de manœuvre. "Pourquoi on a roulé sur Guillaume Martin au départ ? C'est très simple, a relevé Jacky Durand dans les Rois de la pédale. S'il y a quatre ou cinq coureurs avec lui, on le laissera partir. La Jumbo Visma l'aurait laissé. Le problème, c'est qu'il y avait un groupe de trente coureurs devant. Et courir derrière un groupe de trente, ce n'est plus la même."

Guillaume Martin (Cofidis) lors de la 13e étape du Tour de France 2020.

Crédit: Getty Images

Un double message assez clair

"J'ai essayé en début de course de prendre l'échappée mais les Jumbo m'ont fait clairement comprendre que ce n'était pas envisageable, que j'étais trop près au général", confirme l'intéressé. L'échappée, c'était non. Alors, dans la Montée de Saint-Nizier-de-Moucherotte, ascension répertoriée en 1re catégorie dont le sommet était situé à un peu plus de vingt kilomètres de l'arrivée, le grimpeur français a remis ça. Sorti en compagnie de son coéquipier Nicolas Edet, il a pris une vingtaine de secondes d'avance sur le groupe maillot jaune. Pas plus.

Un double message assez clair : pas de bon de sortie. "J'ai à nouveau essayé dans le final, je me disais qu'on pouvait peut-être me laisser dans la mesure où je n'étais pas un danger immédiat pour Primoz Roglic, c'est pour ça qu'on a tenté quelque chose avec Nicolas Edet, mais ils ont réagi", regrette Martin. Il a donc logiquement fini par se relever avant de s'accrocher dans la dernière montée pour garder le contact avec le groupe Roglic.

Guillaume Martin : "La semaine prochaine, il sera trop tard pour essayer..."

"La semaine prochaine, il sera trop tard pour tenter quelque chose"

Beaucoup de tentatives pour pas grand-chose ? Peut-être, mais le Normand n'envisage pas de courir autrement. "De toute façon, sourit-il, la semaine prochaine, il sera trop tard pour tenter quelque chose. Il ne reste plus beaucoup d'occasions. C'est frustrant, mais je ne vais pas pleurnicher, c'est la course. Ils sont forts, bravo à eux. Ce qui serait frustrant, ce qui pourrait me donner des regrets, ce serait de rester dans les roues et de ne rien tenter."

S'il pointait à dix ou quinze minutes, tout serait plus simple pour lui dans l'optique de ce dont il rêve vraiment dans cette fin de Tour de France, à savoir une victoire d'étape. Là encore, il se retrouve "le cul entre deux selles" et il refuse de sacrifier sa position au général :

"Maintenant, à quelques jours de la fin, je ne vais pas me relever pour viser seulement les étapes. Ce serait manquer de respect à la course et à mes coéquipiers, insiste le coureur Cofidis. Il faut jouer serré pour tenter quelque chose et compter sur le fait que peut-être un jour la Jumbo ne pourra pas rouler sur tout le monde et que je ne serai pas la priorité. Mais il fallait tenter en tout cas."

Et il le promet : s'il le peut, il "retentera demain" (mercredi).

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