Les débats du Tour : Sprint en peloton réduit ou échappée, quel scénario à Sarran ?

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TOUR DE FRANCE 2020 - Les commissaires ont-ils eu raison de déclasser Peter Sagan à Poitiers ? On se pose la question dans les débats du Tour. Au programme aussi le scénario indécis de l'étape de jeudi entre Chauvigny et Sarran et le favori pour le maillot à pois.

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Le déclassement de Peter Sagan est-il justifié ?

Ce n'est définitivement pas le Tour de Peter Sagan. En-deçà de ses performances passées, contesté sur les sprints intermédiaires, le Slovaque s'était approché de la victoire à Poitiers avant d'être déclassé. Sur Eurosport, notre consultant, Jacky Durand, a estimé immédiatement après l'arrivée que Sagan devait être déclassé pour ce coup de tête sur Wout Van Aert. Je n'irai pas contre cet avis qui semble être celui de la majorité mais à la vue des images, je n'étais pas si catégorique.
Je comprends que les récents incidents, notamment celui impliquant Dylan Groenewegen et Fabio Jakobsen poussent à la sévérité dans les sprints massifs. Je comprends aussi que la vue du ralenti suffise à convaincre pour déclasser Sagan. Seulement un ralenti n'est pas tout à fait la vérité. Celui-ci montre bien le coup de tête de Sagan envers Wout Van Aert mais il l'amplifie un peu. Pour sa défense, Sagan aurait pu invoquer cette perche à selfie - un objet qu'il faudrait sans doute bannir le long des courses cyclistes - qui dépassait des barrières. Pour résumer, je trouve le déclassement de Sagan justifié sans pour autant le qualifier d'évident à la lecture des images.
Je ne vois pas quelle autre décision s’offrait aux commissaires. Un coup de tête asséné à un adversaire, qui plus est à très haute vitesse, ça ne pouvait qu'entrainer une telle fermeté. La porte était fermée, il a voulu l’ouvrir, mais d’une manière non cautionnable, en aucun cas. Wout van Aert n’est pas tombé ? C’est bien la chance de Peter Sagan. Si le Belge, cyclo-crossman de métier et acrobate accompli, n’était pas resté sur ses deux roues, l’ourson de la Bora-Hansgrohe aurait pu directement faire ses valises pour rentrer en Slovaquie.
Comme il avait déjà dû le faire en 2017, après avoir fait valdinguer Mark Cavendish. Je ne vois pas matière à polémiquer. La disqualification s’imposait. Point barre. D’ailleurs, son équipe n’a même pas fait appel. Elle a même ajouté, via un tweet :”Nous visons toujours la gagne, mais d’une manière respectable.” Une forme de mea culpa qui n’invite pas vraiment au débat.

Sprint en peloton réduit ou échappée : quel scénario à Sarran ?

Le profil d'une étape du Tour de France ne dit pas toujours tout, pas plus que les côtes répertoriées sont les seules difficultés sur une journée de la Grande Boucle. Entre Chauvigny et Sarran, ce sera un beau chantier ce jeudi. Certes, l'organisateur a choisi de retenir seulement quatre ascensions pour le classement du meilleur grimpeur mais elle aurait pu faire grimper ce nombre tant les 218 kilomètres ressembleront à des montagnes russes. Les seules Côte de la Croix du Pey et Suc au May m'auraient fait pencher pour les échappées. Le menu proposé en amont finit de me convaincre.
Ce jeudi, c'est l'heure des braves. Préparez-vous à voir une échappée de costauds sur la plus longue étape de cette édition 2020. Je pense à Thomas De Gendt, Julian Alaphilippe, Greg Van Avermaet et pourquoi pas encore Marc Hirschi. Tous peuvent gagner sur ce profil et certains d'entre eux, au moins, ne devraient pas se gêner pour essayer. Aussi, je vois mal le peloton, qui aura du mal à s'organiser sur un parcours si difficile, s'éreinter à chasser derrière une échappée. Les baroudeurs vont se jouer la victoire et ça pourrait suffire pour avoir du grand spectacle en fonction des audacieux du jour.
Je donne aussi l’avantage aux échappés. Mais de manière moins affirmée que Christophe. Le décisionnaire jeudi, ce sera Peter Sagan. On connaît tous son caractère. Sa volonté de rebondir après un revers. Alors, au lendemain de sa disqualification à Poitiers, on peut être sur qu’il voudra prendre sa revanche. La grande question reste comment. Prendre l’échappée est une option. Mais Deceuninck-Quick Step ne laissera pas faire.
Contrôler les baroudeurs avec son équipe pour favoriser une arrivée au sprint ? Ça s’annonce difficile. Mais jouable. On a déjà vu ce dont était capable Bora-Hansgrohe sur la route de Lavaur. L’abandon de Mühlberger affaiblit sa force de frappe. Mais l’équipe allemande n’a rien à perdre à tenter un coup pareil, sachant qu’Emmanuel Buchmann est largué au général. Au-delà de la victoire d’étape, c’est aussi un rapproché au classement par points que peut réussir Sagan jeudi. Car Sam Bennett, moins bon grimpeur, a peu de chances de franchir les deux grandes ascensions du final.

Qui est le favori pour le maillot à pois ?

Si la première moitié du Tour a maintenant été bouclée, seulement 37% des points du classement de la montagne ont été distribués. Il en reste 235 en jeu, ce qui donne au pécule amassé par Benoît Cosnefroy (36) un aspect bien fétiche. Le Normand peut pourquoi pas envisager de garder sa tunique blanche à pois rouge jusqu’à dimanche. Mais en dernière semaine, la tâche s'annonce quasiment impossible face aux meilleurs grimpeurs. Qui donc pour le supplanter ?
Je vois mal un leader du général. Il n’y a qu’au col de la Loze que les points seront doublés (40 points contre 20 sur les autres hors catégorie). Ils sont disséminés de manière assez régulière jusqu’à Paris. Et ça favorise les baroudeurs-grimpeurs. Thibaut Pinot a le profil. Ca serait pour lui un moyen de sauver son Tour, comme Romain Bardet l’an dernier. A condition que son dos le laisse enfin tranquille. Julian Alaphilippe, désormais très loin lui aussi au général et vainqueur de ce classement en 2018, est mon autre grand favori. Et je cite pour finir Marc Hirschi. Son numéro à Laruns a marqué les esprits. Et lui déjà permis de prendre de l’avance sur les deux Français (26 points, contre 2 pour Alaphilippe et 0 pour Pinot). Tout reste encore à jouer. Mais ce qui est pris n’est plus à prendre.
Je suis assez d'accord avec Julien, les jours de Benoît Cosnefroy en blanc à pois rouge sont comptés. Je dirais même que le puncheur d'Ag2r-La Mondiale a tout intérêt à aller glaner des points jeudi, neuf seront en jeu, pour prolonger son aventure. Dès vendredi, où un coureur pourra prendre jusqu'à 36 points, son maillot sera en danger. 36 c'est d'ailleurs le total actuel de Benoît Cosnefroy. S'il ne prend pas de points sur la 12e étape, son maillot sera en danger sur la 13e.
Contrairement à Julien, je pense que Thibaut Pinot et Julian Alaphilippe tenteront de cibler une étape plutôt que de se fatiguer dans une lutte quotidienne. Le second a d'ailleurs dit qu'il ne visait pas les pois cette année, mais on a le droit d'en douter. Je fais en revanche de Ilnur Zakarin mon favori pour la simple et bonne raison que, déjà placé, le Russe peut toucher du doigt cet objectif. Après son étape vers Laruns, Marc Hirschi est en effet lui aussi un candidat sérieux. Je n'exclue pas non plus Alexey Lutsenko ou Nans Peters, deuxième du classement à seulement cinq points de son coéquipier, Benoît Cosnefroy.
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