Primoz Roglic : "J'espère que je passe pour un mec sympa"

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TOUR DE FRANCE – Sorti indemne de la dernière grande étape de montagne au cours de laquelle il n'a jamais été menacé, Primoz Roglic file tout droit vers la victoire finale à Paris. Le Slovène, leader implacable, doit maintenant gagner un autre combat : celui de l'image. Il aimerait, avant tout, être considéré comme "une bonne personne."

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Crédit: Eurosport

"Tout s'est bien passé aujourd'hui." Primoz Roglic a bien résumé cette 18e étape. Jamais menacé, à peine attaqué malgré les escarmouches d'un Tadej Pogacar (un peu) moins tranchant dans cette troisième semaine, le Slovène a traversé la dernière grande étape de montagne, sinon dans un fauteuil, en tout cas dans un certain confort. "L'équipe a pu contrôler tout au long de la journée, comme elle le voulait, a-t-il d'ailleurs souligné.
En contrôle total, l'ancien sauteur à skis a même pris les choses en main après le sommet du Plateau des Glières, sur la partie non goudronnée. Là, sa puissance a fait des merveilles et on a même cru un instant que Pogacar ne pourrait suivre le tempo. Cette accélération a surtout failli causer du tort à Richie Porte qui, lui, avait crevé. "Je ne savais pas que Richie avait crevé, j’étais juste concentré sur ma façon de rouler", s'est excusé le leader du Tour.
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Primoz Roglic devant Tadej Pogacar.

Crédit: Getty Images

Roglic - Pogacar : Ça sent bon l'armistice

A la sortie des Alpes, et à l'avant-veille du rendez-vous décisif de la Planche des Belles Filles, le voilà donc nanti d'une avance de 57 secondes dont on peut raisonnablement penser que, sauf incident que personne ne peut lui souhaiter, Roglic a une main et quatre doigts sur le maillot jaune à Paris. Même s'il continue de se montrer d'une compréhensible prudence. "Le contre-la-montre, samedi, ce sera bien sûr la journée la plus importante qu’il nous reste, c’est là que se décideront les classements. Mais il faut tout de même rester très concentrés demain (vendredi), ce n’est pas vraiment une étape de plaine", rappelle-t-il.
Mais Tadej Pogacar lui-même semble avoir rendu les armes. Dans les faits et, c'est nouveau, dans son discours : "L’écart est un peu trop important, mais je ferai tout ce que je peux dans le chrono." Signe que tout cela sent bon l'armistice dans la lutte fratricide et feutrée entre les deux Slovènes, Roglic et Pogacar ont même échangé quelques mots dans le final à La-Roche-sur-Foron. "Je ne me souviens pas très bien..., s'excuse l'homme fort des Jumbo-Visma. Ah, si, je lui ai demandé comment il avait trouvé la dernière montée, mais rien de spécial." Pas de quoi se relever la nuit, effectivement.

Finir le travail

Sauf catastrophe, Primoz Roglic succèdera donc à Egan Bernal dans soixante-douze heures sur les Champs-Elysées, et il devient temps, tout doucement, de se pencher sur la personnalité de ce coureur que le grand public connait mal et qui semble hermétique à toute émotion. Ce côté robotique dans sa domination, et celle de son armée jaune de la Jumbo-Visma, n'aide pas à humaniser le plus que probable futur vainqueur de cette 107e édition. Il aimait, pourtant, qu'on l'apprécie d'abord pour la personne qu'il est, au moins autant que le coureur :
"Ce que j'aimerais que le grand public conserve à mon propos ? Que je suis un bon coureur cycliste et aussi une bonne personne. C'est la chose la plus importante. J'espère que je passe pour un mec sympa."
On laissera à chacun le soin d'apprécier, ou non, la personnalité du nouveau maître du Tour, il est vrai peu aidé par le contexte du Covid-19 qui isole le peloton de la foule en le cantonnant dans sa bulle. En attendant, pour Roglic, c'est 'back to business' : "Je pense que je serai plus en mesure d'apprécier tout ça après la fin du Tour. Pour le moment, on doit garder notre concentration, on doit finir le travail." Finir le travail. Froidement.
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