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Tour de France 2020 - Alaphilippe, Jumbo-Visma, Sagan... Les 10 choses à retenir de la 1re semaine
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Publié 07/09/2020 à 01:27 GMT+2
TOUR DE FRANCE 2020 - Partie sur les chapeaux de roue à Nice, la Grande Boucle a achevé sa première semaine à Laruns dimanche. La réussite d'Alaphilippe, Jumbo-Visma, un tandem français à la fête, la lutte pour le maillot vert... Voici les dix choses à retenir dans cette première semaine.
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Alaphilippe a déjà (et encore) réussi son Tour
A la sortie des Pyrénées, Julian Alaphilippe pointe à la 38e place au classement général. A plus de 41 minutes de Primoz Roglic. Mais ça n'a aucune importance. Il s'en fout, et il a bien raison. Evidemment, il serait tentant, mais stupide, d'établir une comparaison avec 2019. Mais l'anomalie, c'était ce Tour 2019, pas cette édition 2020. Le puncheur français ne tient pas la forme exceptionnelle qui était la sienne l'été dernier. Il n'était pas venu pour jouer le général, parce qu'il n'en a pas les moyens. Ses objectifs étaient ailleurs et il les a déjà atteints.
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Vainqueur à Nice de la 2e étape, celle qu'il avait cochée, Alaphilippe a en prime endossé ce jour-là le maillot jaune, qu'il a conservé trois jours. Sans une gigantesque boulette de son équipe, il aurait dû prolonger son règne trois journées de plus et atteindre la barre des 20 jours en jaune en carrière. Mais peu importe, au fond. Si son Tour devait s'arrêter là, il serait déjà une réussite. Bonne nouvelle, il lui reste deux semaines pour aller cueillir une autre victoire et il va trouver d'ici les Alpes quelques terrains de jeu de nature à lui plaire, notamment dans la traversée du Massif Central. Mais quoi qu'il arrive, Alaf' n'est pas venu pour rien.
Roglic, comme prévu
La première journée de repos est là et le maillot jaune se nomme Primoz Roglic. Soyons honnêtes, il n'y a pas de quoi tomber de l'armoire. Certes, son abandon juste avant la fin du Dauphiné avait fait planer une incertitude sur son état physique, mais le Slovène était le principal favori de ce Tour de France, en même temps que le leader le mieux entouré. Le voir au pouvoir n'a donc rien de surprenant. Pour l'heure, il est le leader de ce Tour sans en être complètement le patron. Parce qu'il a accompli trop peu pour cela.
Roglic a choisi de mener la politique des petits pas. Aucune erreur, une victoire d'étape à Orcières-Merlettes et d'autres bonifications engrangées ce dimanche lui confèrent son avantage sur Egan Bernal, sur lequel, à la pédale, il n'a pas pris une seconde pour le moment. Viendra sans doute un moment où il lui faudra frapper plus fort. Peut-être regrettera-t-il de ne pas avoir matraqué le Colombien dans cette première semaine où il n'a pas semblé impérial. Mais pour le reste, difficile quand même d'attaquer le bilan provisoire de Roglic.
Oui Jumbo est supérieure à Ineos, non elle n'est pas impériale
On annonçait un duel au sommet, presque à la mort. Qui de Jumbo-Visma ou d'Ineos allait prendre les rênes du peloton du Tour ? Après une semaine, la réponse s'impose : les Néerlandais font de l'ombre aux Britanniques, peu habitués à courir en deuxième rideau. Avec une formation remaniée, et même si c'est elle qui a fait le plus gros du travail dans la bordure de Lavaur, Ineos est jusqu'ici en-dessous de Jumbo-Visma. C'est criant en montagne où Bernal reçoit peu d'aide, si ce n'est parfois celle de Richard Carapaz.
Le mois d'août avait fait peur à tout le monde. Le train Jumbo-Visma semblait imbattable. Bennett, Kuss et les autres devaient écraser les ascensions, tuant dans l'oeuf toute velléité offensive. C'est loin d'être le cas. Quand un leader attaque, en l'occurrence Tadej Pogacar, les équipiers de Roglic disparaissent. Tom Dumoulin, relégué définitivement à un rôle de lieutenant (+3'22'' au général), est le dernier étage de la fusée mais même lui doit s'écarter rapidement. C'est inquiétant pour Roglic et rassurant pour le spectacle.
Les sprinters pas à la fête
Le parcours de cette 107e édition du Tour de France n’est pas taillé pour les "grosses cuisses". Mais ceux-ci avaient tout de même quelques occasions de briller en première semaine. Et parmi les principaux coureurs catalogués comme purs sprinters, seul Caleb Ewan a décroché son bouquet. Sam Bennett tourne autour (4e, 2e, 3e) mais est Fanny. Le champion d’Europe Giacomo Nizzolo aussi, et il le restera (abandon lors de la 8e étape).
Andre Greipel, touché dès la première étape et loin de sa gloire d’antan, s’est mué en équipier pour Hugo Hofstetter. Quant à Elia Viviani, il semble hors-sujet, son recrutement par Cofidis représentant pour l’instant un échec cuisant. Les autres étapes de plaine sont revenues à Alexander Kristoff, sprinter redoutable mais au moins autant reconnu pour sa capacité à briller lors des classiques, et à un coureur encore plus polyvalent. Peter Sagan ? Même pas, lui aussi court après le succès. C’est Wout van Aert qui est venu marcher sur les plates-bandes des fauves de la dernière ligne droite.
Martin-Bardet, la France elle aussi invitée à la fête
Deux Slovènes, trois Colombiens et… deux Français. Après neuf jours de course, dont deux en haute montagne et une dans les bordures, la France a toujours sa place à la table des grands dans ce Tour de France 2020. Thibaut Pinot a cédé, Julian Alaphilippe a fait ce qu'il avait dit, à savoir ne pas jouer le général, mais Guillaume Martin et Romain Bardet portent haut les couleurs tricolores depuis le départ à Nice.
Non seulement le Normand (3e à 28 secondes) et l'Auvergnat (4e à 30 secondes) sont placés mais ils le sont parce qu'ils ont fait jeu égal avec les meilleurs, pas grâce à des circonstances de course. Pour Martin, c'est une surprise, même s'il va falloir s'y habituer, pour Bardet c'est un retour en grâce après une édition 2019 compliquée. Cerise sur le gâteau, le duo se montre offensif, à l'image de Martin à Orcières-Merlette et de Bardet à Loudenvielle. Un temps proche du maillot jaune, le tandem s'en est éloigné dimanche. C'est une petite déception mais ça ne doit pas masquer la belle réussite de la première semaine.
Van Aert, toujours plus
Wout van Aert, justement. Le triple champion du monde de cyclo-cross fait plus que réussir son passage sur la route, depuis quelques saisons. Et cette année en est une spectaculaire confirmation. Lauréat des Strade Bianche et de Milan-Sanremo, maillot vert du Critérium du Dauphiné et champion de Belgique du contre-la-montre, il a débarqué au départ du Tour avec un costume d’équipier de luxe. On savait qu’il pourrait le troquer pour celui de vainqueur d’étape durant l’épreuve. C’est déjà chose faite, et par deux fois.
Le tout, bien sûr, en ne comptant pas ses coups de pédale dans la montagne. Ce dimanche encore, il a semblé être l’un des plus efficaces lieutenants de Primoz Roglic, presque au niveau d’un Tom Dumoulin. Sa capacité à ne pas se préserver tout en ne loupant aucune opportunité est l’un des faits marquants de ce début de Grande Boucle. Et ce n’est peut-être pas fini, tant il pourrait faire office de rival sérieux à Peter Sagan dans la quête du maillot vert… sans même, pour l’instant, en faire un objectif.
Le nouveau "drame" de Pinot
Un nouveau chapitre de l’histoire tourmentée que partagent Thibaut Pinot et le Tour de France s’est écrit samedi dans les pentes du Port de Balès. Une semaine plus tôt, une chute à Nice en avait été le prologue. Handicapé par cet accroc initial, le leader de la Groupama-FDJ a perdu toutes ses illusions lors du week-end pyrénéen. Un an après avoir tutoyé le maillot jaune et quitté le Tour sur blessure à l’avant-veille des Champs. Deux ans après avoir vécu une mésaventure similaire lors du Giro (début de pneumopathie). "Ça fait beaucoup d’échecs", et c’est lui qui le dit.
Mais cette fois, Pinot ne quitte pas la Grande Boucle sur ce camouflet. En tout cas, il est reparti à l’attaque dès dimanche. Sans succès, certes. Le Franc-Comtois est poursuivi par ses déboires fréquents et sa prétendue faiblesse mentale. Mais aussi par une statistique qui illustre un peu de tout cela : il n’avait terminé que six des douze Grands Tours auxquels il avait participé, avant de prendre le départ du Tour de France cette année. Il peut encore passer au-dessus des 50% d’épreuves de trois semaines bouclées. Avec peut-être à la clef une victoire d’étape, si sa condition le lui permet. Et si sa tête suit.
La montagne d'entrée, ce fiasco
C'était la grande affaire de ce début de tracé : "Jamais le Tour n'est monté aussi vite aussi haut." Christian Prudhomme rêvait d'une entame de Tour en fanfare, des favoris à la bagarre et une hiérarchie déjà éparpillée. Deux cols de première catégorie dès la 2e étape, une arrivée au sommet à la 4e, un nouveau col d'envergure (La Lusette) deux jours plus tard... Profitant du départ de Nice, les organisateurs avaient concocté un menu corsé d'emblée, mais pour tout un tas de raisons, les favoris ont décidé de ne pas exploiter ces difficultés. Ils y ont vu un danger, non une opportunité.
Même en comptant les Pyrénées ce week-end, l'étape la plus "importante" en termes d'écart provoqués est peut-être même une étape de plat, celle de vendredi, entre Millau et Lavaur, où la bordure qui a provoqué la perte de temps de Tadej Pogacar pèsera peut-être lourd au final. Sans parler de la toute première, à Nice. Non qu'elle ait engendré des conséquences chronométriques, mais elle a, d'emblée, usé les organismes et blessé dans sa chair un Thibaut Pinot, avec l'issue que l'on connait désormais. Ce Tour sera peut-être exceptionnel, mais l'abondance de difficultés regroupées sur les six premiers jours n'a clairement pas donné le résultat espéré par ASO.
Le maillot vert est disputé… enfin !
Voir Peter Sagan porter autre chose que le maillot vert sur le Tour de France a quelque chose d'anormal mais de possible. Voir le Slovaque embêté sur le terrain de la course aux points est en revanche devenu complètement irréel. Faisant de ce maillot sa chasse-gardée depuis 2012 (2017 exceptée), Sagan avait fini de dégoûter la concurrence à coup de régularité dans les sprints et de prises d'échappées en montagne. On avait presque fini par croire que personne ne le battrait plus jamais.
Sans présager de ce qu'il se passera d'ici à Paris, il y a déjà de quoi se réjouir : le règne de Sagan est contesté. Déjà parce qu'il est moins fort (aucun podium) jusqu'ici et ensuite parce que cela pousse les autres à croire en leurs chances. Matteo Trentin l'a prouvé en le devançant au sprint intermédiaire de la septième étape. Avant la reprise de la course, Bennett est à sept points, Van Aert à 27 et Coquard à 32. Le Belge, s'il s'y met, ferait presque office de favori.
Entre leaders, on se bat à coup de secondes
Quand la saison a repris, début août, on se demandait quels coureurs allaient le mieux digérer la période particulière liée au Covid-19. Certains, comme les Français, ont été confinés, d'autres, comme les Colombiens, ont pu continuer à s'entraîner à l'extérieur. La crainte de voir des disparités de niveau, entre les leaders notamment, pouvait alors poindre. Après neuf de jours de course, force est de constater que ce n'est pas le cas. Loin de là.
Si l'on excepte la désillusion Pinot liée à sa chute de Nice, aucun leader n'a explosé dès la première étape de montagne. Certains ont déjà abandonné leurs espoirs de victoire ou de podium mais sept coureurs, au moins, peuvent encore y croire. Roglic, Bernal, Martin, Bardet, Quintana, Uran et Pogacar, tout ce beau monde se tient en 44 secondes. En montagne, les écarts sont aussi très faibles malgré quelques offensives. Si Pogacar a repris 40 secondes à Loudenvielle, après en avoir perdu le double la veille, les autres se sont tenus en moins de 15 secondes sur l'ensemble du weekend pyrénéen.
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