Plus la course est rude, plus il aime ça. Alexander Kristoff s’est imposé dimanche à Nice, au sprint, à l’issue d’une 1re étape du Tour de France disputée sous la pluie et émaillée par de nombreuses chutes. Le sprinteur norvégien de l’équipe UAE Emirates a devancé un autre adepte des conditions atmosphériques difficiles, le champion du monde Mads Pedersen (Trek-Segafredo) et Cees Bol (Sunweb). Thibaut Pinot est quant à lui tombé à trois kilomètres de l’arrivée. Une chute semble-t-il sans gravité et qui n’implique pas de perte de temps pour le leader de la Groupama-FDJ.

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Chutes en pagaille, neutralisation, Kristoff en jaune : le Tour est parti fort

Cette étape de 156 km autour de Nice, avec une côte de 3e catégorie à gravir deux fois, était partie pour répondre à un scénario classique. Il n’en a donc rien été. Dès que Christian Prudhomme a lâché les fauves, seuls trois d’entre eux ont montré les crocs, se lançant dans un baroud au long cours : Michael Schär (CCC), Fabien Grellier (Total Direct Energie) et Cyril Gautier (B&B Hotels - Vital Concept). Avec la bénédiction des grosses écuries, bien contentes de n’avoir qu’un trio à contrôler. Mais la pluie s’en est mêlée.

Le calvaire de Sivakov

Sam Bennett (Deceuninck-Quick Step) a été le premier grand nom à être ralenti par un gadin, peu avant le premier passage sur la ligne à Nice. Puis la course s’est progressivement transformée en jeu de dominos. Nairo Quintana (Arkéa-Samsic) a lui aussi goûté au bitume, tout comme Pierre Latour (AG2R-La Mondiale) et surtout Pavel Sivakov. Celui qui doit être l’un des lieutenants d’Egan Bernal en montagne, au sein de la formation Ineos-Grenadiers, est tombé deux fois et a terminé très loin (172e à 13 minutes).

Pavel Sivakov (Ineos Grenadiers) sur la 1re étape sur le Tour 2020

Crédit: Getty Images

Julian Alaphilippe, lui, a "seulement" déploré un incident mécanique. Mais celui-ci a valu au puncheur de la Deceuninck-Quick Step une poursuite d’une trentaine de bornes, à coups de changements de vélos ou autres ralentissements dus à d’énièmes carambolages. C’est quand les échappés ont été avalés, après le deuxième passage au sommet de la côte de Rimiez, que le peloton s’est décidé à se calmer durablement, à 55 km du but. Tony Martin s’est porté en tête du paquet pour décréter, d’un geste, cette "neutralisation" qui paraissait convenir à tout le monde. Sauf à l’équipe Astana.

Le gros raté d’Astana

La formation kazakhe a relancé la course dans une portion descendante… entraînant la chute de son leader, Miguel Angel Lopez, et s’attirant au passage les remontrances de Primoz Roglic (Jumbo-Visma), ainsi que les moqueries de quelques autres coureurs. Dans la foulée, le peloton s’est vraiment "arrêté", permettant le retour de sprinteurs lâchés depuis peu de temps (comme Giacomo Nizzolo de NTT) ou au contraire bien plus tôt dans la course, parfois sur chute (comme Caleb Ewan de Lotto-Soudal).

L'énorme frayeur de Miguel Angel Lopez, parti droit dans un panneau de signalisation

A 21 kilomètres du dénouement, alors que la course avait à peine repris concrètement, Benoît Cosnefroy (AG2R-La Mondiale) a tenté une attaque qui lui a permis de faire huit bornes à l’avant. Mais les équipes de sprinteurs ayant récupéré des forces vives, une explication entre bolides s’est avérée une évidence. Les commissaires ont alors pris la décision que les temps seraient gelés à trois kilomètres de l’arrivée, chute ou pas. Mais chute il y a donc eu, malheureusement, pour Pinot notamment.

Kristoff dans le timing idéal

C’est alors un sprint décousu qui a eu lieu. Ewan (19e) et Nizzolo (7e) n’ont pas réussi à faire le coup parfait. Bryan Coquard (B&B Hotels - Vital Concept) a été un peu court pour son retour sur le Tour (8e), tandis que Peter Sagan (Bora-Hansgrohe, 5e) a dû se contenter d’une place d’honneur. Bennett, pourtant bien remonté par Michael Morkov, a calé (4e), et c’est donc Kristoff qui a profité du sillage de Bol (Sunweb) pour débouler dans les derniers hectomètres et résister à un Pedersen (Trek-Segafredo) qui profitait de son aspiration pour fondre sur lui.

Lauréat sur le Tour de France pour la quatrième fois de sa carrière, le coureur scandinave de 33 ans se vêt du maillot jaune pour la première fois. Il aura du mal à le conserver dimanche. La deuxième étape, également disputée autour de Nice, présente un parcours beaucoup plus montagneux que celle de ce samedi. Elle devrait pouvoir permettre aux favoris de la Grande Boucle d’en savoir plus sur leurs jambes, après cette entrée en matière qui ne les a pas épargnés. Tom Dumoulin et Primoz Roglic déplorant la chute d’un de leurs équipiers les plus précieux en montagne en la personne de George Bennett, Bernal celles de Sivakov mais aussi d’Andrey Amador, et Pinot sa propre mise au sol. Ce Tour qui s'est tant fait attendre est bel et bien lancé.

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