Tour de France - "Une patinoire", "du savon mélangé à l’eau" : C'était le samedi de la peur

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TOUR DE FRANCE - Prévue au mois de juillet, l'étape inaugurale autour de Nice a rencontré des pluies diluviennes en ce 29 août. Sur des routes qui n'en avaient plus connu depuis un moment, le peloton a vécu une journée cauchemardesque et décidé la neutralisation.

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"Une première étape du Tour, c'est toujours nerveux. Si on ajoute le contexte particulier et la météo, tout le monde pouvait tout perdre à tout moment". Guillaume Martin n'est pas un bizuth du Tour et il a résumé à la perfection la pensée générale à la suite de la première étape de l'édition 2020 autour de Nice. Un sentiment qui a conduit le peloton à prendre, lui-même, la décision de neutraliser la course jusqu'au bas de la deuxième descente de la Côte de Rimiez.
Latour, Cosnefroy, Quintana, Van Aert, Bennett, Nizzolo, Porte, Amador, Sivakov… Impossible d'établir une liste exhaustive tant le nombre de coureurs à avoir goûté au bitume de l'arrière-pays niçois est impressionnant. Luke Rowe (Ineos-Grenadiers) estime que la "plupart des équipes ont dû avoir 50% de coureurs à terre". "L'an dernier on a eu de la grêle, cette année une patinoire", a regretté de son côté Guillaume Martin. "C'était difficile de tenir sur le vélo", a embrayé un Benoît Cosnefroy qui a tenté sa chance dans le final quand la course a repris ses droits.

Jumbo-Visma s'est posée en patronne du Tour

"C'était vraiment dingue. Il n'a probablement pas plu ici depuis un bon moment, pense Wout Van Aert interrogé par Cyclingnews. La route était si glissante, il y avait du savon mélangé à l'eau. A certains endroits, il y avait des flaques d'essence." Le Belge, lui aussi victime d'une chute, a refusé de mettre la responsabilité sur le dos de l'organisation : "Ils ne pouvaient rien y faire, c'est simplement de la malchance".
Après l'hécatombe, il a fallu prendre une décision. Et comme à Spa en 2010, elle est venue du peloton lui-même. A un peu plus de 50 kilomètres de l'arrivée, il a choisi de neutraliser la course. "Le jury ne pouvait pas se rendre compte d'à quel point c'était dangereux. Nous devions le faire par nous-même", a expliqué Tom Dumoulin, dont l'équipe Jumbo-Visma a été en première ligne à ce moment-là. Marc Madiot a salué ce choix.
"Les organisateurs proposent un parcours, les managers une stratégie de course mais au final, ce sont les coureurs qui décident, assure-t-il. Je pense qu'ils ont pris les bonnes décisions. S'ils avaient la sensation que c'était une patinoire, ils ont bien fait de se neutraliser entre eux. C'est la sagesse, l'intelligence, l'instinct de coureur. Ils avaient tous compris que ce serait un carnage si on restait sur un tempo course."
"Le peloton a été solidaire, uni aujourd'hui", apprécie le champion du monde Mads Pedersen, deuxième derrière Kristoff à l'arrivée. Vous auriez vu toute l'essence qu'il y avait sur la route…". , "Je pense que toutes les équipes voulaient que la course soit sûre. C'était une journée incroyable", a soufflé Sepp Kuss.Uni, le peloton ? Pas tout à fait puisque quelques minutes après la neutralisation, trois coureurs d'Astana, dont le leader Miguel Angel Lopez, ont tenté l'insurrection.

"Astana ? Ils se sont rendu ridicules"

Une opération qui a fait long feu et s'est conclue par une chute spectaculaire et un choc frontal de "Superman" avec un panneau de signalisation. "Je ne voulais pas accélérer, seulement faire le tempo", s'est défendu le meneur, Omar Fraile, auprès de As. Luke Rowe a peu goûté à la tentative de l'équipe kazakhe et l'a fait savoir à Cyclingnews : "Je dis 'chapeau' à l'ensemble du peloton moins Astana. Ils ont voulu accélérer et leur leader l'a payé. Ils se sont rendu ridicules sur ce coup-là".
La neutralisation a eu l'effet escompté puisqu'à l'exception notable de Lopez donc, l'avalanche de chute a pris fin. Et ce avant que la course ne reprenne et que de nouveaux coureurs, dont Thibaut Pinot (Groupama-FDJ), ne soient envoyés à terre à la banderole des trois kilomètres, là où l'organisation, reprenant la main, avait décidé de figer les temps. "C'était une bonne initiative, personne ne veut voir des prétendants au classement général être éliminés dès la première étape", a salué le vainqueur du jour Alexander Kristoff.
Le mot de la fin revient à Marc Madiot, tout à fait enclin à voir les coureurs prendre de grandes décisions, beaucoup moins à les voir être critiqués pour ça : "J'ai entraperçu sur Twitter des réactions de pseudo-coureurs. Ils ne sont pas professionnels, qu'ils laissent la parole aux professionnels".
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