Loin derrière Miguel Angel Lopez et les autres leaders, une autre histoire du Tour s'écrivait. En montagne, les sprinteurs ne sont pas dans la lumière et leurs équipiers encore moins. Pourtant eux aussi écrivent, à leur façon, le récit de la plus grande course cycliste au monde. Bryan Coquard et Jens Debusschere y sont allés de leur chapitre ce mercredi au Col de la Loze. Le second se sacrifiant pour que son leader entre dans les délais et puisse voir Paris.

Quand Miguel Angel Lopez a franchi la ligne après 5 heures, 26 minutes et 43 secondes d'effort, le compte à rebours était lancé pour les coureurs en difficulté. Bryan Coquard, en délicatesse avec son genou depuis quelques jours, étaient l'un d'eux. "C’était juste une galère...", a soufflé celui qui a souffert très tôt ce mercredi. Heureusement pour lui, son ange gardien veillait.

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"Jens m'a attendu dans la Madeleine. Il a fait toute la vallée, je ne lui ai pas passé un relais", retrace un Coquard dans les délais pour une minute et 49 secondes. Arrivé au sommet du Col de la Loze trop tard pour repartir jeudi, Debusschere était heureux pour son leader. "Je suis content que Bryan soit passé. Il ne se sentait pas bien dans la Madeleine, je l'ai attendu et j'ai tout donné dans la descente et dans la vallée", raconte celui qui s'est sacrifié.

J'ai tellement ramassé aujourd’hui…

Jens Debusschere a bien tenté de suivre son sprinteur, troisième à Lavaur, mais il n'en pouvait pas dans les terribles pentes de l'ascension finale. "J'étais mort au pied de la Loze, regrette-t-il. J'aurais bien voulu rester avec Bryan mais j'étais mort. J'ai vu l'arrivée de Lopez sur un écran géant à 9 kilomètres du sommet. Je savais déjà que ça allait être compliqué."

Bryan Coquard aura donc le droit de disputer le sprint à Champagnole, si sprint il y a, et aux Champs-Elysées si tant est que son genou le laisse tranquille. Mais le "Coq'" ne pense pas encore à ça. "Qu'est-ce qui fait avancer dans ces moments-là ?, se demande-t-il. Je ne sais pas à vrai dire. Je ne sais pas. J'ai tellement ramassé aujourd’hui…". Sans doute était-il trop pudique pour le dire mais le sacrifice de son poisson-pilote était une motivation suffisante. Pas le moins du monde désolé pour son cas personnel, Jens Debusschere résume finalement le mieux la situation : "on avait le choix : sauver Bryan ou moi, on a vite choisi".

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