Les débats du Tour : Alaphilippe, van Aert ou Pogacar, qui terminera en jaune ce mercredi ?

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TOUR DE FRANCE 2021 - Vainqueur pour la 31e fois sur les routes de la Grande Boucle, Mark Cavendish peut-il égaler les 34 succès d'Eddy Merckx ? On se pose la question dans nos débats du Tour. Au programme aussi, Nacer Bouhanni et la lutte pour le maillot jaune sur le contre-la-montre de mercredi en Mayenne.

Julian Alaphilippe durante la seconda tappa - Tour de France 2021, stage 2

Crédit: Getty Images

Mark Cavendish va-t-il aller chercher le record de Merckx ?

Laurent Vergne
Il y a deux semaines, alors que Mark Cavendish n'était pas prévu au départ de Brest, la chose semblait impossible. Même avec sa participation de dernière minute, la cote restait élevée. On parle tout de même d'un sprinter de 36 ans, dont les victoires sont devenues rares. Evidemment, après sa victoire en forme de résurrection mardi à Fougères, la donne change. Cavendish n'a plus que trois longueurs de retard sur la légende Eddy Merckx. Disons que l'hypothèse redevient plus crédible qu'elle ne l'était.
Pour autant, trois victoires, ce n'est pas rien. C'est même beaucoup. Certes, au-delà de son succès, la manière a impressionné en Ille-et-Vilaine, mais je serais tout de même extrêmement surpris que Cavendish puisse rejoindre le mythe belge d'ici l'arrivée à Paris. Le voir gagner quatre étapes en un Tour, ce serait extravagant. Bien sûr, il peut toujours continuer sa carrière, mais 2022, c'est encore loin. Mark Cavendish a prouvé qu'il avait de beaux restes et qu'il pouvait encore mater du monde. Mais peut-il durer au point d'aller chasser ce record mythique ? J'ai tout de même un doute.
Christophe Gaudot
Un temps, une petite pirouette m'est venue en tête. Non, Mark Cavendish ne va pas égaler le record de Merckx cette année mais peut-être peut-il le faire en 2022. Et finalement, ma réponse est catégorique : non, le voir gagner encore trois fois sur le Tour de France me paraît impossible.
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Cavendish cinq ans après, Van Moer repris à 200m de la ligne : incroyable final sur la 4e étape

Video credit: Eurosport

Depuis l'abandon de Caleb Ewan, le Tour de France est dépourvu d'un sprinter qui peut se dire une tête au-dessus de tout le monde. Mais pour ce Mark Cavendish, étincelant ce mardi mais pas largement supérieur à ses adversaires, la concurrence sera trop forte pour gagner encore 3 fois sur les 6 arrivées promises aux sprinteurs. Merlier, Philipsen, Bouhanni, Démare… Autant de menaces pour le "Cav'". Oui, il peut lever les bras à nouveau en 2021 mais pas trois fois et j'ai vraiment du mal à l'imaginer sur le Tour en 2022. Deceuninck-Quick Step va perdre Sam Bennett mais elle a d'autres sprinteurs (Hodeg, Ballerini) qui toquent à la porte. C'est la tradition chez les Belges : un sprinter s'en va, un autre se lève pour prendre sa place.

Nacer Bouhanni va-t-il enfin mettre dans le mille ?

Laurent Vergne
Immense frustration ou réelle satisfaction. Il y a deux façons de voir les choses pour Nacer Bouhanni. Côté pile, le sprinter de la formation Arkea-Samsic a évité le "carnage" selon ses propres mots de ce début de Tour. Et il est dans le coup. Deux fois sur le "podium" (3e à Pontivy, 2e à Fougères), il a buté sur Cavendish mardi, et avait été gêné la veille par la chute de Sagan et Ewan. "Faire 2e sur le Tour, ce n'est pas gagner, et ça fait une grosse différence", rappelle son directeur sportif, Emmanuel Hubert.
Mais les cannes sont là et, toujours d'après Manu Hubert, la confiance aussi. Bouhanni n'a donc peut-être jamais été aussi proche de sa première victoire sur le Tour (il a déjà levé les bras sur la Vuelta et le Giro) qui lui permettrait d'accéder à une forme de reconnaissance auprès du grand public. Rien ne dit qu'il y parviendra, mais il n'y a pas cinquante sprinters supérieurs au Vosgien sur ce Tour. S'il garde le cap et s'il continue d'éviter les chutes, il aura d'autres opportunités. Et son tour viendra.
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Tim Merlier (Alpecin Fenix)

Crédit: Getty Images

Christophe Gaudot
Jusqu'ici le retour d'Arnaud Démare sur la Grande Boucle n'est pas une réussite. 46e ce mardi, le sprinter de la Groupama-FDJ est loin, très loin, du meilleur tricolore dans le domaine depuis deux jours : Nacer Bouhanni (Arkéa-Samsic). Le Vosgien tourne autour. Il était troisième à Pontivy, il a grimpé d'un rang ce mardi. Seulement, je ne le vois pas franchir ce dernier cap, le plus dur.
C'est cruel pour Bouhanni qui court après un succès sur le Tour alors qu'il a déjà gagné sur le Giro et sur la Vuelta. Mais, chez Arkéa-Samsic, il est seul ou presque. Sur la 4e étape, il s'est calé dans le train des Groupama-FDJ, ce qui lui a permis d'être bien placé dans le final. Je doute que cela soit possible tous les jours et Bouhanni va user des forces à chercher la bonne roue tous les jours. Avec Cavendish, mais aussi Merlier, Philipsen et pourquoi pas Matthews et Colbrelli, j'ai peur que le Français ne tombe chaque jour sur un homme plus fort que lui. Toujours placé, jamais gagnant, telle sera, pour moi, la destinée de Bouhanni sur ce Tour de France.

Qui sera en jaune mercredi soir ?

Laurent Vergne

Jusqu'au chaos de lundi, j'aurais volontiers misé sur Primoz Roglic, mais la mésaventure du Slovène lundi sur la route de Pontivy l'a de facto mis hors-jeu pour la première place du classement général à l'issue du contre-la-montre en Mayenne. Alors, qui ? Pourquoi pas… un de ses équipiers ? Wout Van Aert est passé entre les gouttes jusqu'ici, une gageure au sein de la Jumbo-Visma martyrisée par les chutes.
Le Belge pointe à une 4e place presque idéale, à 31 secondes du maillot jaune, Mathieu van der Poel. C'est à la fois peu et beaucoup avant ce chrono relativement court de 27 kilomètres. Van der Poel lui-même a pointé Van Aert comme étant la principale menace pour lui, même s'il convient de ne pas oublier Julian Alaphilippe, 2e du général à seulement huit secondes du Néerlandais. Tadej Pogacar traîne aussi dans le coin, mais Van Aert est un vrai spécialiste du chrono. Le garçon est si complet qu'on a un peu tendance à occulter cette qualité chez lui.
Vice-champion du monde du contre-la-montre l'an passé derrière Filippo Ganna, il a par ailleurs ciblé le rendez-vous de mercredi. Son équipe l'a volontairement laissé en retrait ces deux derniers jours (il n'a pas pris part aux sprints massifs) afin de mettre toutes les chances de son côté dans le chrono. C'est peut-être son jour. Et l'idée d'avoir eu Alaphilippe, Van der Poel et Van Aert en jaune après cinq jours de course ne manquerait pas d'allure pour ce Tour 2021...
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Stage 5 profile: Changé – Laval (ITT)

Video credit: Eurosport

Christophe Gaudot
Entre Julian Alaphilippe et Tadej Pogacar, mon coeur balance. Lors de leur seul "affrontement", sur le chrono de Tirreno, le Français n'avait pas tout donné, finissant à une anonyme 71e place, pendant que le Slovène était un excellent 4e juste derrière la référence, Filippo Ganna. Ce dernier impressionne cette saison sur l'effort solitaire mais je vais quand même dire Alaphilippe.
Le champion du monde a, récemment, pris la deuxième place d'un contre-la-montre. C'était sur le Tour de Suisse, certes à 40 secondes de Rigoberto Uran et sur un profil qui ne ressemble en rien à celui de ce mercredi. On sait, et cette perf' le prouve, il n'est pas manchot dans l'exercice. Après tout, il avait gagné le contre-la-montre à Pau en 2019. Quand il veut, Alaf' peut. Ses huit secondes de retard sur van der Poel ne devrait pas être trop difficiles à rattraper et je le crois capable de résister à Wout Van Aert (+23'') qui n'a pas l'air au mieux, Wilco Kelderman (+30'') et Tadej Pogacar (+31'') sur les 27 kilomètres entre Changé et Laval.
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"Alaphilippe peut viser la victoire d'étape et le maillot jaune"

Video credit: Eurosport

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