Et maintenant, que va faire Tadej Pogacar ?

Christophe Gaudot
"Je ne sais pas si j'attaquerai à chaque étape de montagne, probablement pas", a dit le nouveau maillot jaune du Tour de France 2021 après sa démonstration exceptionnelle de ce samedi. Une réponse que l'on peut interpréter de plusieurs manières. Ce qui paraît évident, c'est que le Slovène ne va pas se comporter en tyran. Il y a peu de raisons pour lui et son équipe de courir sur toutes les échappées, tous les jours, et ne rien laisser aux autres, même pas les miettes.
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En revanche, je ne serais pas surpris que Tadej Pogacar cible une ou deux étapes de montagne d'ici à Paris. Va-t-il observer le roadbook ce samedi soir tranquillement dans sa chambre et cocher les étapes du Ventoux ou de Luz-Ardiden, peut-être les plus prestigieuses, par exemple ? Peut-être. Après tout, il n'a pas encore levé les bras sur ce Tour de France puisqu'il n'a triomphé "que" sur le chrono. Autre argument qui pourrait le pousser à vouloir à tout prix gagner en montagne d'ici Paris : Tadej Pogacar n'a pas encore gagné avec le maillot jaune sur le dos sur la Grande Boucle. C'est un détail certes mais un détail qui a de la gueule pour moi.
Julien Chesnais
Je rejoins Christophe : "Pogi" aura à coeur de lever les bras avec le maillot jaune sur le dos. Et vu la marge qui le sépare du reste du peloton, il serait étonnant qu’il n’y parvienne pas d’ici Paris. Mais l’essentiel est ailleurs pour le Slovène, qui va surtout s’appliquer à sortir indemne des deux semaines restantes sur le Tour. Avec près de cinq minutes de marge sur ses premiers poursuivants (occultons Wout van Aert, 2e à 1'38''), le Slovène a certes de quoi voir venir.

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Mais je ne l’imagine pas vouloir écraser la course jour après jour, comme le faisaient Merckx et Hinault en leur temps. Mettre au travail son équipe pour contrôler une échappée toute la journée en vue d’une arrivée au sommet : non. Mais si les favoris se présentent ensemble pour la victoire au pied de Tignes ou du Ventoux, je ne l’imagine évidemment pas se priver de lâcher tout le monde à la pédale pour aller lever les bras. Il saisira les opportunités quand elles se présenteront, des petits plaisirs au milieu d’une logique de gestionnaire. Les écarts et l’impression phénoménale laissée ce samedi par Pogacar ne doivent pas faire oublier que le Tour reste le Tour, et que cette 108e cuvée est particulièrement dingue. Je ne vois pas Pogi pêcher par orgueil.

David Gaudu, candidat crédible au podium ?

Christophe Gaudot
En début d'année, David Gaudu esquissait un objectif lointain : le top 10 du Tour de France. On ne sait pas si celui-ci a évolué au fil de la saison, après son beau Tour du Pays Basque (5e + une étape) ou son podium à Liège-Bastogne-Liège. Ce dont on peut être à peu près sûr en revanche, c'est qu'au soir du huitième acte de cette Grande Boucle 2021, le top 10 semble être un objectif minimal pour le grimpeur breton.
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Neuvième du général, Gaudu a, devant lui, des coureurs avec qui il a terminé ce samedi. S'il a essayé de les attaquer, le leader de Groupama-FDJ n'a pas réussi à les lâcher. C'est dire si le niveau est serré et l'écart (1'14'') qui le sépare de la 3e place d'Alexey Lutsenko le prouve. Il faudra pour Gaudu, dont c'est le premier Tour avec le statut de leader et le général comme objectif, être plus fort que des coureurs habitués de ces joutes (Uran, Kelderman, Carapaz, Mas). Candidat crédible au podium oui, favori pour l'une des deux places à côté de Tadej Pogacar, non.

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Julien Chesnais
Pas encore. Le Breton a certes fait un joli rapproché au général (9e) et le podium n’est effectivement pas bien loin. Le leader de la Groupama-FDJ s’est montré remuant dans le final de la 8e étape, mais sans jamais pouvoir distancer ses rivaux pour le podium. Or il faudra absolument qu'il y parvienne, d’ici la fin des Pyrénées, pour espérer avoir une chance. Le leader de la Groupama-FDJ est le moins bon rouleur de tous les candidats au podium restants.
Or, il a du retard sur chacun d’entre eux. Revenir à leur hauteur d’ici le chrono individuel de Saint-Emilion (30,8km) ne suffira donc pas. Il lui faudra être devant, et avec une avance assez significative. Tout un programme donc, mais j'ai confiance en Gaudu sur sa capacité à s'installer comme le 3e meilleur grimpeur de ce Tour, derrière Pogacar et Carapaz, vu son début de Tour traversé sans chute. Mais sera-t-il capable de faire suffisamment la différence sur son terrain de prédilection ? Tignes nous donnera une indication.

Quelle étape convient le mieux à Julian Alaphilippe d'ici Paris ?

Christophe Gaudot
Julian Alaphilippe dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit. Ce samedi matin, il avait annoncé la couleur, promettant de tout faire pour suivre les meilleurs, ajoutant qu'il se relèverait à la minute où il exploserait. Désormais 24e du général à près de 19 minutes, le champion du monde a fait une croix sur le classement général. Quelle étape doit-il viser désormais ?
L'an dernier, après son succès à Nice, il avait attaqué partout pour finalement ne jamais faire mouche. J'espère qu'il ciblera un peu mieux cette année et si j'avais un conseil à lui donner, ce qui n'est absolument pas le cas, je lui conseillerai la 15e étape de Carcassonne à Quillan. Avec ces cinq difficultés, cette étape est taillée pour les échappées et les difficultés, pas trop longues, correspondent parfaitement au profil d'Alaphilippe. Le dernier col (4,7 km à 7,4%) est idéal pour lui et la descente finale vers Quillan lui permettra de faire une ultime différence si besoin. Alaphilippe peut gagner sur beaucoup de terrains différents mais celui-ci me semble taillé pour ses qualités.

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Julien Chesnais
Un nouveau Tour commence pour Alaphilippe, qui va désormais chasser les étapes (et pourquoi pas les pois ?) d’ici Paris. Sur les 13 restantes, huit peuvent lui convenir, et il tentera sans doute sa chance dès demain sur la route de Tignes. Mais si je devais miser sur une étape, ce serait celle d’Andorre. Cette première grande étape pyrénéenne est taillée pour une échappée et le col de Beixalis, court et raide en montée, très technique dans sa descente, sied à merveille aux qualités du champion du monde.
Surtout, il connaît parfaitement ces routes puisque le coureur de la Deceuninck-Quick Step vit en Andorre depuis quelques années, près d'Anyos, non loin de la descente de Beixalis où passera le Tour. Sa motivation sera décuplée, plus qu'ailleurs, quelques semaines seulement après la venue au monde de son fils, Nino.

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