Tour de France - David Gaudu (Groupama-FDJ), reconnaissant vis-à-vis de ses coéquipiers : "S’ils ne sont pas là..."

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TOUR DE FRANCE - David Gaudu est à moins d’une minute de la deuxième place du classement général, au soir de la 11e étape, fort de sa cinquième place au sommet du Granon, après avoir doublé Tadej Pogacar dans l’ascension finale. Qui aurait misé là-dessus, quelques minutes plus tôt, lorsque Gaudu était distancé dans le Galibier ? Lui, peut-être… voire ses coéquipiers, dont il salue le dévouement.

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Une remontée fantastique au cœur d’une étape épique. Mercredi en direction du Granon, David Gaudu n’a certes pas boxé dans la catégorie du vainqueur, Jonas Vingegaard. Mais alors qu’il aurait pu couler, lâché à plus de 50 kilomètres de l’arrivée, le leader de la Groupama-FDJ a fait bien mieux que limiter la casse. Il a pris la cinquième place, à des années-lumière de la journée galère qui lui semblait promise, sur les pentes du Galibier, quand il était l’un des favoris les moins en vue.
"J’ai su garder mon calme et j’ai pu m’appuyer sur une équipe incroyable", a salué le grimpeur français de 25 ans, un temps pointé à deux minutes de Tadej Pogacar, dans le pénultième col de cette première étape de très haute montagne. Entouré de Michael Storer et Valentin Madouas, il a conservé un rythme régulier, pendant que la Jumbo-Visma s’évertuait (avec succès) à fatiguer le double tenant du titre, dépossédé de son maillot jaune à l’issue de cette 11e étape que Gaudu qualifie "de fous furieux".
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"Sans eux, aujourd’hui, je ne suis rien"

La quiétude dont a fait preuve le chef de file de Groupama-FDJ est d’autant plus remarquable qu’il avait vu ses desseins de podium se volatiliser, l’an passé, lors d’un "jour sans". Le refrain de son incapacité à tenir trois semaines sans baisse d’intensité aurait pu être fredonné, par les médias ou autres observateurs. Il aurait pu déjà résonner, dans un coin de la tête de Gaudu. Mais celui-ci n’a donc pas flanché, et il insiste sur le rôle tenu par ses coéquipiers.
"Sans eux, aujourd’hui, je ne suis rien. S’ils ne sont pas là, je suis peut-être à vingt minutes au général ce (mercredi) soir", estime le Breton, 7e de la course à la tunique dorée, relativement loin de Vingegaard (à 3’13") mais proche de la deuxième place, occupée par Romain Bardet, 57 secondes devant lui. Paradoxalement, Gaudu a tout de même reculé de deux rangs, mais il peut sortir de cette joute alpestre réconforté quant à ses chances de finir sur la boîte.
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"J’ai repris Tadej Pogacar, j’ai repris Adam Yates…"

Du naufrage craint à l’ambition préservée, le retournement de situation est magistral. Un coup de pouce de Wout van Aert (venu prêter main forte à Primoz Roglic, dans le même groupe que David Gaudu) y a contribué. Mais ce sont surtout les jambes qui ont parlé dans les pentes escarpées du Granon (11,3 km à 9,2%). "Dans la dernière montée, on a vraiment bien géré. Au final, je me sentais assez bien et je savais que c’était très dur", se satisfait le 11e de la dernière Grande Boucle.
Sa stratégie : ramasser les morts, dans le jargon de la petite reine : "Il fallait gérer et essayer de reprendre les gars un par un, et c’est ce qu’il s’est passé." Parmi "les gars" en question, un certain Tadej, qui volait donc deux minutes avant lui, sur les hauteurs du Galibier : "J’ai repris Tadej Pogacar, j’ai repris Adam Yates, j’ai repris tous ceux que je pouvais reprendre." Gaudu a su ne pas se mettre dans le rouge, au contraire de l’éminent adversaire qu’il a ainsi doublé.
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"Hâte" de se frotter à l’Alpe d’Huez

"On se doutait que Jonas Vingegaard allait être le plus fort et le but n’était pas de s’accrocher à tout prix, si c’était pour exploser à cinq bornes du sommet (peu ou prou là où Pogacar a cédé, NDLR)", considère le récent lauréat d’une étape lors du Critérium du Dauphiné. Pour couronner le tout, il "n’(a) pas fini trop cramé." Cela tombe bien, parce que la violence de cette première explication en altitude ne doit pas occulter la difficulté des suivantes. Dès jeudi, c’est l’Alpe d’Huez qui toisera les coureurs.
"Je suis content de ma journée, j’ai hâte d’être à demain (jeudi), pour voir comment ça va se passer", conclut un Gaudu résolument optimiste. On comprend qu’il le soit, tant il a semblé inverser le cours de son destin, ce mercredi. Mais il est bien placé pour savoir à quel point le cyclisme est taquin avec les conclusions hâtives. Dire que le Tour vient seulement de basculer dans sa deuxième moitié.
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L'Alpe d'Huez, lieu de revanche de Pogacar ? La carte de la 12e étape en images

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