Qui pour le premier maillot jaune ?

En 2022, il fallait s’y connaître en effort solitaire pour viser le premier maillot jaune du Tour. En 2023, ce sont les puncheurs qui salivent, devant le départ de la Grande Boucle, au Pays basque. Jeudi lors de la présentation de l’épreuve, Christian Prudhomme a même parlé d’"offrande" à leur égard. Le directeur du Tour a évoqué "un double tremplin en toute fin d’étape" dont une dernière côte "aux pentes maximales à plus de 15%, et dont le sommet est situé à moins de deux kilomètres de l’arrivée", de la 1re étape à Bilbao.
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30/10/2022 À 10:20
Alors, qui sera le premier leader de la 110e édition de la plus prestigieuse course au monde ? Julian Alaphilippe pour refaire le coup de 2021 ? Tadej Pogacar, Wout van Aert, Mathieu van der Poel peuvent aussi y penser… un symbole de la polyvalence des stars du peloton. Les purs sprinters, en revanche, risquent de grincer des dents.

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Combien d’occasions pour les sprinters ?

Les grosses cuisses, justement. Cette année, ils peuvent espérer l’emporter à huit reprises - soit le nombre d’étapes cataloguées "de plaine" jeudi au Palais des Congrès, à Paris -, à condition d’être capables de résister à quelques reliefs. Les étapes jugées "plates" sur le site du Tour ne sont qu’au nombre de six… dont aucune entre la 11e et la 19e. La mise à l’épreuve des purs bolides, très marquée en 2022, pourrait être un poil moins drastique en 2023, mais elle reste du même acabit : le sprint (massif) n’a plus la cote.

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Qu’attendre de l’ultime étape dans les Vosges ?

Bouder les Alpes et les Pyrénées en guise d’ultime joute en altitude est un pari. Il avait été fait (et gagnant) en 2020, version contre-la-montre, avec une ascension de la Planche des Belles Filles passée à la postérité. Cette fois, c’est lors d’une étape en ligne que le Tour va probablement livrer son verdict, à la veille du dénouement parisien, dans les Vosges.
La station du Markstein sera le lieu de cette bataille finale. En 2022, Annemiek van Vleuten y a fait la différence, pour s'adjuger le Tour de France Femmes. L'étape s'achèvera à 1 192 mètres d'altitude mais pas par une montée. Elle sera plutôt intéressante par la répétition des efforts qu'elle imposera, avec cinq ascensions réparties sur 133 km, dont le Ballon d'Alsace et le Petit Ballon. Pour renverser le Tour ce jour-là, il faudra faire preuve d'audace.

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Un chrono… quel chrono ?

Non seulement, l'unique contre-la-montre du grand rendez-vous de juillet (16e étape) ne compte que 22 bornes, mais en plus, il va se dérouler dans un cadre alpestre. La côte de Domancy (2,5 km à 9,4%) viendra casser les pattes des as de cet effort particulier qui n'aiment pas quand la route s'élève. On peut ainsi se demander à quel point les chronos sont mis de côté par le Tour. Cela tend à la caricature.

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Pour qui ce parcours est-il taillé ?

Du fait de l'absence de contre-la-montre pour spécialiste, le nom du champion du monde Remco Evenepoel ne vient pas en tête. Ou plutôt pour se demander s'il n'a pas intérêt à patienter avant de découvrir l'épreuve hexagonale, (re)faisant d'abord un tour par le Giro. Le tenant du titre, Jonas Vingegaard, peut trouver son compte dans cette carte 2023. Tout comme Tadej Pogacar, de toute façon difficile à mettre en position de faiblesse face au programme d'un Grand Tour et le mieux loti des favoris, selon notre consultant Nicolas Fritsch.
Le peu de qualités dans les chronos que ce Tour va demander pourrait aussi donner des idées à Enric Mas, 2e de la Vuelta et du Tour de Lombardie en cette fin de saison. L'homme des places d'honneur sur le Tour d'Espagne pourrait regarder d'un air intéressé ce Tour de France. David Gaudu (4e du TDF 2022), quant à lui, s'est montré enthousiaste : le parcours lui "convient" particulièrement.

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A quel point ce Tour est-il montagneux ?

Avec 30 cols de 2e catégorie ou plus, du 1er au 23 juillet, ce Tour va battre un record. Ou plutôt, il "devrait" le faire. En 2019, le record en question était censé tomber mais la météo en avait décidé autrement. Cette Grande Boucle est-elle ainsi monstrueusement montagneuse ? Pas vraiment. Elle est taillée pour un grimpeur, certes, mais dans des proportions auxquelles nous sommes habitués. Il n'y a que quatre arrivées au sommet de prévues.
C'est surtout dans le contraste avec l'exercice chronométré que cet attrait pour les ascensions s'exprime. Il témoigne aussi, voire surtout, de la volonté d'explorer les cinq massifs français (Pyrénées, Alpes, Massif central, Jura, Vosges) et de répartir les difficultés sur les trois semaines.

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Quelle sera l’étape décisive de ce Tour ?

On pourrait parler d'étape reine. Mais le terme peut être confus, tant le prestige d'un lieu et l'intérêt d'un tracé ne sont pas toujours proportionnels. Penchons-nous donc plutôt sur l'étape qui semble être la plus à même d'influer sur le résultat de ce Tour 2023. Le Puy de Dôme (9e étape) risque de souffrir du menu copieux des Alpes, qui pourrait pousser les coureurs à la patience. Les Pyrénées arrivent encore plus tôt et pâtissent du même constat. L'étape des Vosges ? Elle ressemble plus à une ultime chance d'inverser la tendance. La (longue) joute alpestre tient donc la corde.
La 17e étape, notamment, avec le Col de la Loze (28,4 km à 6% - pinacle à 2 304 mètres, toit du TDF), proche de l'arrivée à Courchevel, et ses 5 100 mètres de dénivelé au total, fait figure d'épouvantail. En 2020, c'est dans ce fameux col que Primoz Roglic avait - croyait-on alors - infligé un sérieux coup aux ambitions de sacre de Tadej Pogacar. Sera-ce le théâtre de la reconquête, pour le Slovène d'UAE Emirates, battu cette année par Vingegaard ?
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