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Tour de France 2023 | Les débats : Combien de victoires pour Philipsen ? Van Aert ou Van der Poel ?
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Publié 07/07/2023 à 20:13 GMT+2
Vainqueur des trois premiers sprints massifs, Jasper Philipsen a un boulevard devant lui pour faire une sacrée razzia sur ce Tour de France, mais où s'arrêtera-t-il ? Son poisson-pilote, Mathieu Van der Poel a la tête du "super-équipier" numéro un de ce début de Tour, l'est-il vraiment ? Et enfin, quel scénario pour la huitième étape qui arrive à Limoges samedi ? Ce sont nos débats du Tour.
3e sprint, 3e victoire pour Philipsen : l'arrivée de la 7e étape en vidéo
Video credit: Eurosport
Sprint massif ou échappée à Limoges ?
Christophe Gaudot
Je suis très indécis quant à l'étape de ce samedi entre Libourne et Limoges mais il y a un argument qui me fait pencher d'un côté. Voilà seulement sept jours que le Tour de France s'est élancé de Bilbao mais cette semaine a semblé durer une éternité. Non pas que ce Tour soit ennuyant, bien au contraire, mais Thibaut Pinot le disait lui-même dans les Pyrénées, certains ont l'impression d'être déjà en deuxième semaine. Et la fatigue accumulée va décider du sort de cette 8e étape.
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Tour de France - Map of stage 8 - Libourne - Limoges (08/01)
Video credit: Eurosport
S'il n'y avait que peu de candidats à l'échappée du jour vendredi vers Bordeaux, j'ose espérer que c'est parce que les équipes conservaient leurs cartouches pour l'étape de samedi. A moins que Mathieu Burgaudeau, qui s'est relevé après être sorti du peloton vendredi, vise l'étape du Puy de Dôme dimanche...
Si un groupe conséquent, disons une petite dizaine de coureurs, sort en début d'étape, ce sera très difficile à contrôler pour un peloton fatigué. Il y aura peut-être une grosse bagarre mais je vois bien l'échappée l'emporter. A condition donc d'être suffisamment nombreux devant et surtout de croire en ses chances.
Julien Chesnais
Oui, le final s'annonce bien plus vallonné qu'à Bordeaux - ce qui n'est pas bien dur, soyons honnête. Mais pas de quoi en faire une montagne pour autant. Les deux côtes qui jalonnent les vingt derniers kilomètres ne sont qu'en 4e catégorie. On parle ici de 1,3km à 5,5% puis de 1,2km à 5,6%. Pas de quoi effrayer les sprinteurs, à moins de s'appeler Mark Cavendish ou Fabio Jakobsen. Il y a certes, aussi, les 700 derniers mètres à une pente comprise entre 4 et 5%. Mais c'est paradoxalement un finish qui élargit la palette des sprinteurs capables de s'imposer. Et donc des équipes motivées à contrôler.
Philipsen est le seul sprinteur à s'être imposé pour l'instant. Tous les autres restent donc sur les crocs et peuvent voir dans ce sprint à la configuration nouvelle l'opportunité de battre enfin le Belge. Surtout qu'il n'en restera plus beaucoup d'ici Paris… Mads Pedersen, Bryan Coquard et Biniam Girmay ont une bonne gueule de vainqueur potentiel sur une arrivée pareille. Sans oublier Wout van Aert et … Mathieu van der Poel. Le Néerlandais a forcément coché cette 8e étape.
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Mathieu van der Poel, le poisson-pilote phare de ce Tour de France 2023
Crédit: Getty Images
Au-delà du profil à sa convenance, la perspective de pouvoir s'imposer en Haute-Vienne, sur les terres de son grand-père, doit le motiver au plus haut point. Imaginez un peu la fête le lendemain dans le fief du regretté Raymond Poulidor, à Saint-Léonard-Noblat, qui accueillera le départ de la 9e étape. Van der Poel sera ici l'enfant du pays. Il a déjà fait gagner trois fois Philipsen et Alpecin-Deceuninck. Je les vois donc vouloir renvoyer l'ascenseur dès samedi pour permettre au Néerlandais de décrocher son premier succès sur ce Tour. Au sprint.
Qui est le meilleur super-équipier depuis le départ ?
Julien Chesnais
Beaucoup de coureurs peuvent entrer dans cette case. Et il est d'autant plus difficile de les comparer qu'ils ne remplissent pas forcément les mêmes fonctions. Qui du rouleau-compresseur Wout van Aert ou du meilleur grimpeur du Tour Sepp Kuss (hors "Pogi" et "Vigo", dont on sait bien qu'ils ne disputent pas la même course que les autres) est vraiment le plus utile à Jonas Vingegaard ? Emanuel Buchmann est-t-il plus précieux à Jai Hindley que ne l'est Valentin Madouas à David Gaudu ?
C'est inquantifiable, donc incomparable, mais puisqu'il s'agit ici d'être subjectif, je dirais … Mathieu Van der Poel. Jasper Philipsen aurait-il déjà remporté trois étapes sans le vainqueur de Paris-Roubaix et du Tour des Flandres à ses côtés ? Peut-être. Mais il est indéniable que le Néerlandais a été parfait dans son rôle de poisson-pilote lors de chacun des trois sprints. Ce furent trois passes décisives. Pour trois buts. L'apport de VDP me semble ici particulièrement concret et palpable au niveau des résultats. Digne d'un super-équipier.
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La palette : Sans un Van Der Poel déménageur, pas de Philipsen vainqueur
Video credit: Eurosport
Christophe Gaudot
Effectivement, Mathieu Van der Poel a une bonne gueule de "super-équipier" du Tour. D'autant plus qu'on ne l'attendait pas dans ce rôle et qu'il y brille de mille feux. J'ai pensé à lui et puis une performance m'est revenue en tête : celle de Wout van Aert sur la sixième étape vers Cauterets-Cambasque. Bien sûr, contrairement à "VDP", son leader, Jonas Vingegaard, n'en a pas profité pour s'imposer. Et pourtant, quelle journée ! Qui d'autre que lui est capable d'une telle performance sur le Tour de France ?
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Van Aert accélère devant... et la Jumbo-Visma derrière : "Alors là, il faut m'éclairer !"
Video credit: Eurosport
Alors que l'on doutait un peu de sa forme depuis le départ, Van Aert a retrouvé les jambes de son édition 2022. Il a tracté l'échappée pour maintenir l'écart au niveau souhaité par son équipe qui roulait derrière lui puis il a emmené Vingegaard jusque très loin dans la dernière ascension. Sans un Pogacar des grands jours, son entreprise aurait été un immense succès. Sur la durée, Van der Poel est plus décisif, c'est vrai, mais si je ne devais retenir qu'une performance pour un équipier, ce serait celle-ci.
Combien de victoires pour Philipsen dans ce Tour de France ?
Christophe Gaudot
Trois sur trois et même cinq sur cinq en incluant la fin du Tour de France 2022, Jasper Philipsen est intouchable sur les sprints massifs. A mes yeux, il n'y aura pas plus de trois scénarios de ce type jusqu'à la fin du Tour de France. L'étape de Limoges samedi me paraît propice à une échappée comme celle de Poligny. Reste Moulins, Bourg-en-Bresse et Paris. Le Belge fera-t-il carton plein sur cette Grande Boucle ?
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La palette des #RP : comment Philipsen a réalisé le hat-trick à Bordeaux
Video credit: Eurosport
L'impression laissée depuis quelques jours ferait pencher vers le oui mais je vais tout de même dire non. Bien sûr, le lévrier d'Alpecin-Deceuninck est au-dessus de la concurrence mais il reste mortel à mes yeux.
Sur un sprint mal amené, avec des jambes un peu lourdes même s'il grimpe sans doute mieux que les autres sprinteurs, il peut être battu. C'est pourquoi j'estime que Jasper Philipsen s'arrêtera à cinq victoires dans ce Tour de France, score qui approcherait les six de Mark Cavendish en 2009. Et si, ironie de l'histoire, c'était le Britannique qui le dominait pour le priver de la sixième et s'offrir sa 35e personnelle ?
Julien Chesnais
Bien sûr, cela implique d'avoir le degré de réussite adéquat, mais je l'imagine doubler son total d'ici la fin du Tour. Contrairement à Christophe, je vois bien un nouveau sprint se disputer à Limoges (nous y reviendrons). Cela fait donc déjà une chance de plus de s'exprimer pour Philipsen - à condition que l'option Van der Poel ne soit pas privilégiée.
Ensuite, même si Poligny venait à s'offrir à une échappée, rien n'empêcherait Philipsen de pouvoir s'y glisser et de régler ses compagnons ... au sprint. N'oublions pas qu'il fut d'abord, et surtout, un puncheur en début de carrière. Son profil de "classicman" colle parfaitement à des étapes transitionnelles de ce type.
Ses chances de s'imposer dans ce registre sont évidemment plus aléatoires que lors d'une arrivée massive. Mais d'humeur généreuse, je vais élargir son éventail d'opportunités à cinq. Trois étapes sur cinq à gagner, c'est ambitieux. Mais Philipsen est sur un ratio parfait de 100% depuis le début du Tour. Alors, six victoires, j'y crois !
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