Mark Cavendish, recordman du nombre d'étapes gagnées sur le TDF (35), plus fort que la fatalité

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Il est la référence absolue. Mark Cavendish (Astana) ne partage plus avec Eddy Merckx le record d'étapes gagnées sur le Tour de France, depuis qu'il en a décroché une trente-cinquième, mercredi à Saint-Vulbas. Entre son premier succès en 2008 et cet accomplissement monumental, le sprinteur britannique de 39 ans a plusieurs fois frôlé la fin de parcours anticipée. Sa quête n'en est que plus épique.

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Les légendes ne meurent jamais, mais parfois elles ressuscitent. Mark Cavendish est l'incarnation de ce paradoxe. Le Manx Missile a accompli sa glorieuse destinée, mercredi à Saint-Vulbas, en glanant un trente-cinquième bouquet sur la Grande Boucle. Ce record absolu – qui relègue Eddy Merckx à un second rang que ces champions honnissent –, il y croyait dur comme fer. Pourtant, au sein des suiveurs de la petite reine, y croire avec lui ressemblait de plus en plus à un candide élan de nostalgie.
Cavendish, 39 ans, a certes gagné deux courses cette saison (sur le Tour de Colombie et celui de Hongrie), avant son triomphe monumental de mercredi. Mais il a donné l'impression de traîner sa peine sur toutes les autres épreuves, y compris en ce début de TDF, où terminer dans les délais était un dessein bien plus prégnant que son ambition de croquer le Cannibale. Puis il a bondi du pathétique au fantasmagorique en un éclair dont les sprinteurs ont le secret. Profondément ancré en eux. Eternellement gravé en lui.
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D'abord un rythme endiablé

Cette propension à se métamorphoser dans les 200 derniers mètres, le Cav' l'avait déjà en 2007, quand il était une attraction de la Grande Boucle, à 22 ans, fort de sept succès en pro, Erik Zabel ou autre Robbie McEwen épinglés à son tableau de chasse. Les deux "Top 10" qu'il avait alors décrochés semblent dérisoires, dix-sept ans plus tard. Il les avait déjà rendus anecdotiques en 2008, avec quatre bouquets. Une valeur qui a d'abord fait office de plancher, puis de moyenne, pour lui sur le Tour.
Entre 2008 et 2013, Cavendish a ainsi été la référence du sprint sur les routes juilletistes – statut qui s'est certes érodé face à André Greipel puis Marcel Kittel –, avec 25 victoires en six participations. Puis sa chute à Harrogate, dès la première étape de l'édition 2014, a marqué un virage dans la relation entre le Tour et le teigneux bolide britannique. Elle est passée de continue à éparse, faite de résurgences violentes.
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Les pleurs de 2020

Avec Dimension Data, il y a huit ans, ses quatre succès auraient pu être synonymes de nouveau départ, certes. Mais avec le recul, ils auraient surtout pu représenter un ultime accès de grandeur, tant la star de l'Île de Man a été fantomatique à partir de son gadin dans les barrières, au contact de Peter Sagan en 2017. Son déclin paraissait irrémédiable. Brutal, comme moult chutes susceptibles d'avoir raison de sa hargne. Voire triste, comme ses pleurs après Gent-Wevelgem 2020.
Alors chez Bahrain-McLaren, Cavendish était une petite chose qui s'inquiétait de devoir mettre un terme à sa carrière dans l'anonymat, contraint par une fin de contrat et une absence d'opportunités de prouver au monde, une ultime fois, que la flamme vivotait encore en lui. La Quick Step de Patrick Lefevere a tenté le pari. Il s'est avéré gagnant dans des proportions grandioses.
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La chute de 2023

Cette fois-ci, pas besoin de réécrire l'histoire avec l'avantage d'en connaître la suite pour y voir un parfum de chant du cygne : le Tour de France 2021 de Mark Cavendish respirait la sortie resplendissante, avec quatre succès pour porter son total à 34 et regarder Merckx dans les yeux. L'opportunité manquée de le mettre dans le rétro sur les Champs (3e) résonnait comme une sorte de fatalité : égaler l'immense Belge dans le livre d'or du cyclisme relevait, déjà, de la prodigieuse finalité.
Mais ce n'était pas assez, pour l'homme qui a donné à la peu trépidante 5e étape du Tour de France 2024 une dimension historique. Après la fin conflictuelle de l'épisode Quick Step – il n'a pas été sélectionné pour le Tour 2022 –, Astana a contribué à son exploit, en l'entourant de Michael Morkov, en équipier, et de Mark Renshaw, en directeur sportif. Deux poissons pilotes qui ont tant compté pour lui, surtout l'Australien. Beaucoup de choses étaient réunies, finalement, pour qu'il parvienne à nouveau à renaître, revanchard. Pour que l'histoire soit belle, enivrante à raconter.
Et encore, il convient d'ajouter la chute de l'an passé à ce récit homérique. Celle qui devait clore sa relation avec la plus grande course du monde, au lendemain d'une 2e place qui avait ranimé l'espoir. Le Cav' et Astana ont pris le risque de rempiler, de mettre en scène un ex-héros fini. Mais Mark Cavendish n'était pas fait pour dire adieu au Tour de France la mort dans l'âme. Il l'a prouvé mercredi, la résurrection chevillée au corps.
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