Tour de France | Roglic, Evenepoel, Pogacar et Vingegaard : Quatre hommes et une tonne de mystère

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A trois semaines du départ du Tour de France (29 juin-21 juillet) à Florence, Primoz Roglic et Remco Evenepoel ont disputé leur dernière course de préparation pendant que Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard la peaufinent en stage de leur côté. Aucun des quatre favoris de la Grande Boucle ne peut se targuer d'une candidature sans aucun doute.

Roglic et Evenepoel décevants ? "On est pollué par Pogacar qui a ridiculisé ses adversaires du Giro"

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En sait-on plus ? Répondre non à cette question nous aiderait beaucoup à vendre un insoutenable suspense en vue d'un Tour de France excitant comme rarement ces dernières années. La vérité se situe, comme bien souvent, un peu au milieu. Oui, le Critérium du Dauphiné a délivré quelques informations supplémentaires, la forme de Primoz Roglic et de son équipe, le retard de Remco Evenepoel notamment. Mais le scénario de cette saison ainsi que les absences de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard forcent à reconnaître qu'on ne sait pas tout. Et c'est tant mieux.
En deux ans, le statut de Primoz Roglic a beaucoup changé. En 2022, il remportait le premier de ses désormais deux Critériums du Dauphiné mais devait déjà faire avec l'ombre encombrante et franchement menaçante d'un Jonas Vingegaard qui avait dû freiner pour l'attendre façon Froome-Wiggins sur le Tour 2012. Le Danois n'avait pas eu à tuer le père, les chutes évinçant le Slovène du Tour suivant. La suite, on la connaît avec la prise de pouvoir du frêle Jonas chez Visma et le départ du souriant Primoz vers la BORA.

Roglic en a-t-il fait assez ?

Celui-ci devait se rassurer et montrer à sa nouvelle maison qu'il avait bien ce qu'il fallait pour avoir les clés du camion. Aleksandr Vlasov mis au pas, Roglic a fait du Roglic toute la semaine, n'attaquant jamais avant d'apercevoir la ligne d'arrivée, tout en étant impressionnant de puissance comme à ses plus belles heures dans cette configuration. Son bon contre-la-montre, à seulement une quarantaine de secondes de Remco Evenepoel, avait aussi dit beaucoup de sa forme du moment, mais sa dernière étape plus compliquée jette un voile trouble sur l'ensemble.
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Roglic dans un fauteuil : l'arrivée de la 7e étape

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Voilà quelques saisons désormais qu'il n'a plus affronté Tadej Pogacar et évidemment Jonas Vingegaard, son ancien coéquipier. Il n'en a pas fait assez sur le Dauphiné et encore moins cette saison, pour que l'on pense sans douter qu'il puisse se hisser au niveau des deux meilleurs grimpeurs du monde… mais sa victoire facile le replace inévitablement dans le jeu. A l'inverse, la semaine de Remco Evenepoel a semé plus de questions que de réponses.

Evenepoel, le plus en retard

Evidemment, le Belge a remporté le contre-la-montre de la semaine en battant Joshua Tarling, la nouvelle bombe de l'effort solitaire, mais en montagne, le Belge a montré des limites attendues, et peut-être plus encore. Lui ne s'en fait pas trop, arguant qu'il a perdu beaucoup de temps avec la chute au Pays basque et que le Tour ne débute pas demain. On lui accordera qu'il n'est pas encore le plus affûté du peloton et que les deux kilos qu'il va perdre d'ici le 29 juin et le grand départ du Tour à Florence l'aideront dans les pentes.
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Evenepoel perd le contact à 7 km du sommet

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Reste les deux affreux qui doivent se frotter les mains devant les performances de leurs rivaux, incapables de se balader face à une concurrence bien faible, sur le papier. A 100% de ses exceptionnelles capacités, Jonas Vingegaard serait le favori numéro un pour un triplé qui l'emmènerait vers Louison Bobet, Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Miguel Indurain et Chris Froome, les seuls à avoir triomphé trois années de suite sur la Grande Boucle. Problème, personne ne sait quel Vingegaard sera au départ à Florence.

Vingegaard et Pogacar se cachent

On sait que sa chute au Pays basque fut une vraie horreur, qu'il a mis du temps à sortir de l'hôpital mais aussi qu'il a repris l'entraînement relativement tôt et qu'il se trouve actuellement en stage à Tignes où la Visma prend ses quartiers chaque année avant le Tour de France. On a aussi constaté que Matteo Jorgenson avait tout fait pour se tester au plus haut niveau sur le Critérium du Dauphiné. Vous avez dit plan B ?
Pour Tadej Pogacar, les questions ne concernent pas son niveau que l'on a vu stratosphérique sur le dernier Tour d'Italie. "Pogi" a passé trois semaines avec le sourire et fini la plupart des étapes frais comme un gardon. Alors pourquoi doute-t-on de sa récupération en vue du Tour de France ? Parce qu'il n'est pas le premier au XXIe siècle à tenter le doublé Giro-Tour et que les autres, pourtant pas des perdreaux de l'année (Contador, Froome…), s'y sont cassé les dents.
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Le doublé Giro-Tour, du petit-lait pour Pogacar ? "S'il se met à faire 35 ou 40 degrés…"

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La chute de Vingegaard en avril a propulsé Pogacar favori d'une Grande Boucle où il sera donc l'homme à battre. Nous sommes à trois semaines de son grand départ et rien, ou presque, ne nous apportera plus d'éléments d'ici-là. Il faut accepter ce saut dans l'inconnu qui se trouve donc devant nous. Au bout il y aura l'été et un parfum d'Italie sur un Tour de France tant attendu.
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