Les débats du Tour : Où Lidl-Trek a-t-elle perdu la course ? Cette 9e étape sera-t-elle la plus belle du Tour ? A-t-on aimé la première semaine ?

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Forte de deux hommes dans l'échappée et de Pedersen dans le peloton, la Lidl-Trek a pourtant réussi à se rater dans le final de la 9e étape, laissant la victoire lui échapper. Où a-t-elle perdu la course ? Cette 9e étape sera t-elle la plus belle de cette 113e édition ? A-t-on aimé la première semaine ? Voici nos débats du Tour après la 9e étape.

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Cette 9e étape sera-t-elle la plus belle du Tour ?

Par Jean-Baptiste Duluc
Pour moi, c’est incontestable. Déjà car c’était l’étape la plus propice à proposer du grand spectacle et du suspense. Son tracé était difficile, mais suffisamment ouvert pour attirer tous les types de coureurs et assez facile pour qu’une chasse puisse s’organiser derrière une échappée. Résultat : la course aura été folle, ça n’a jamais débranché et on s’est régalé jusqu’au dernier kilomètre, avec une victoire d’un grand champion. Qu’espérer de mieux ?
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Et je ne vois guère d’autres étapes tracées dans les deux semaines à venir pour avoir un spectacle pareil. Il n’y a que le week-end final qui puisse, peut-être, rivaliser, et encore. Il faudra pour cela que les favoris se lancent à l’attaque dès le Galibier ou la Croix-de-Fer le samedi vers l’Alpe d’Huez et que l’on assiste à une grande passe d’armes entre Pogacar, van der Poel, Pedersen et Evenepoel sur les pentes de Montmartre le lendemain. Mais je n’y crois pas. Ce 9e opus restera le millésime absolu de cette 113e édition.
Par Simon Farvacque 
Qu'espérer de mieux ce dimanche ? Rien, effectivement. 20/20 pour le spectacle proposé en cette neuvième journée de course, par rapport à ce que j'aspirais à voir. En revanche, je me garde d'être péremptoire concernant la suite des événements. Surtout qu'il a manqué à cette étape corrézienne un enjeu plus prégnant que la pseudo-lutte pour le Top 10 du classement général qui lui a servi de terne toile de fond.
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Si la pénultième joute de ce Tour, en direction de l'Alpe d'Huez, mêle une bataille de choix pour le bouquet à un retournement de situation dans la course au maillot jaune, elle entrera dans la légende. J'y crois peu, mais je ne croyais pas en une once de suspense, au matin du chrono de la Planche des Belles Filles, il y a six ans. Alors, peut-être… Toujours est-il que la barre a été placée haut, sur la route d'Ussel. Tant mieux.  

Où Lidl-Trek a-t-elle perdu la course ?

Par Vincent Brégevin
Le scénario était idéal : Mads Pedersen dans le groupe maillot jaune malgré les efforts consentis pour remporter le sprint intermédiaire, des équipiers à ses côtés, deux gros clients à l’avant avec Derek Gee-West et Quinn Simmons. Le plan était parfait pour que la Lidl-Trek remporte l’étape. Pour moi, tout change à 25 kilomètres de l’arrivée, quand Mathieu van der Poel attaque au pied du Mont Bessou, la dernière difficulté du jour. C’est là que l’équipe allemande a laissé passer sa chance.
Pour moi, son problème, ce n’était pas tant l’incapacité du Simmons et Gee-West à tenir la roue du Néerlandais. C’est plutôt le moment de tergiversation qui a suivi, le temps perdu avant de prendre la décision de se relever pour attendre le peloton et rouler pour Pedersen. Je pense aussi que Juan Ayuso et Mattias Skjelmose auraient pu rouler davantage. Lidl-Trek n’a pas su s’adapter à cette nouvelle situation. Il lui manquait un plan B après l’attaque de van der Poel. Je crois que ça lui a coûté la victoire.
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Par Jean-Baptiste Duluc
Vincent a raison : la Lidl-Trek perd la course en ne sachant pas s’adapter. Mais, pour moi, cette erreur ne date pas de l’attaque de van der Poel. Elle prend sa source bien plus tôt dans la course, à 40 kilomètres de l’arrivée, lorsque Netcompany INEOS a commencé à rouler dans le peloton. Lidl-Trek a alors compris qu’elle pouvait jouer l’étape en ayant un allié, mais n’a absolument pas su comment jouer ses multiples cartes. Elle s’est perdue entre les possibilités et n’a jamais su réagir.
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Dès cet instant-là, avec la présence de van der Poel ou Pidcock à l’avant, il aurait fallu mettre un homme à rouler dans le peloton, pour contrôler l’écart qui montait, déjà, mais aussi pour donner une chance à Simmons et Gee-West de ne plus rouler à l’avant. Et ainsi de garder des forces qui auraient servi dans le Mont Bessou… Quand Simmons et Gee-West y ont explosé, les dés étaient déjà jetés. Lidl-Trek avait perdu du temps et trop de forces inutilement. Ne pas se relever n’était que le point d’honneur des 25 kilomètres d’atermoiement tactique de la formation allemande.

A-t-on aimé cette première semaine ?

Par Vincent Brégevin
Oui. Mais pas autant que je l’espérais. Bon, je ne me berçais pas d’illusions concernant un éventuel suspense au classement général. J’avais l’espoir de voir un Jonas Vingegaard un peu plus résistant sur l’étape-reine des Pyrénées et j’avais manifestement tort. Au bout du compte, l’incertitude sera, je pense, là où je l’envisageais, c’est-à-dire dans la lutte pour la troisième place. Donc pas de surprise à ce niveau-là. Ni bonne, ni mauvaise.
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C’est à l’image de ce que je reproche à cette première semaine du Tour. Elle est un peu trop prévisible, au-delà du cas Pogacar. Même sur les sprints, la hiérarchie est respectée avec deux victoires de Tim Merlier sur les étapes de plat. Je suis un peu déçu aussi par l’absence de victoire française. Et même si je retiens une bonne note pour conclure cette première semaine, une course assez fabuleuse sur la 9e étape, je constate que le vainqueur était attendu avec Mathieu van der Poel. Alors j’aime bien ce début de Tour. Mais j’espère que la suite me réservera plus de surprises.
Par Simon Farvacque
J'ai beaucoup de considération pour Mathieu van der Poel et son succès a plutôt tendance à me ravir. En revanche, le qualifier d'"attendu" me semble excessif, étant donné que "MVDP" n'avait jamais réussi à se dépêtrer d'une telle situation sur le Tour de France, pour gagner au sein d'une échappée. La voici, la petite surprise qui fait office de cerise sur le gâteau d'une première semaine à mes yeux satisfaisante.
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Cet enthousiasme est grandement dû à ce que Vincent expose, à savoir le deuil de tout espoir de suspense dans la course au sacre. Mais il repose aussi sur la qualité du palmarès provisoire de ce Tour. Qui est le "moins bon" coureur à avoir levé les bras ? Olav Kooij, sans doute. C'est dire si le niveau est élevé, et mon absence de fibre cocardière fait que je constate sans amertume qu'aucun Français n'y contribue victorieusement.
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