Tour de France 2026 | Exil incompris et ombre de Paul Seixas : Lenny Martinez, l'autre pépite
Eurosport sur GooglePour la première fois depuis 12 ans, la France est en position de mettre trois coureurs dans le Top 10 du classement général final. Aux côtés de Jordan Jegat, déjà 10e l'année dernière, ce sont deux petits nouveaux et non des moindres qui se sont glissés dans les hauteurs de la hiérarchie du Tour de France. Paul Seixas évidemment mais aussi Lenny Martinez (23 ans) dont on parle moins, à tort.
Un temps "à la limite" dans le Haag, Martinez a ensuite "roulé à fond jusqu'à la fin"
Video credit: Eurosport
Avant le Tour de France, Lenny Martinez savait aussi bien ce qu'il voulait que ce qu'il ne voulait pas. Le grimpeur de poche de la Bahrain-Victorious visait une victoire d'étape et la bataille pour le maillot à pois et écartait d'un revers de la main de se battre pour le classement général. Le voilà, à quatre jours de l'arrivée et avant les dernières étapes de montagne, 7e du Tour de France. Martinez s'est pris au jeu et réussi, lui aussi, une grande performance. De celles qui créent des belles promesses pour la suite.
Quand nous avions rencontré le Français avant le Tour de France, quelque part sur les hauteurs de Barcelone, c'est sa maturité nouvelle, bien plus que ce rejet du général, qui nous avait marqué. Le coureur un brin timide est toujours là mais avec l'âge, et probablement quelques sessions de media training, Martinez devient de plus en plus à l'aise, sa transformation physique (il a pris des épaules notamment) s'accompagnant donc d'une évolution de ce côté-là.
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La montagne de retour (avant du très lourd) : le profil de la 18e étape
Video credit: Eurosport
Pour justifier son envie de viser les pois, le Cannois invoquait l'héritage familial, son grand-père Mariano, meilleur grimpeur du Tour de France 1978, le premier remporté par Bernard Hinault. Qu'importe qu'il ait terminé dans le Top 5 de Paris-Nice (5e) et sur le podium en Catalogne (2e) puis en Romandie (3e), Martinez ne se disait pas prêt pour viser le Top 10 ou le Top 5 du Tour. Peut-être avait-il peur de ne pas être à la hauteur, lui dont on sait qu'il supporte mal l'échec.
6e parmi les meilleurs au Marsktein
Peut-être avait-il aussi besoin d'une Grande Boucle parfaitement réussie après une première expérience ratée, la faute à une équipe Groupama-FDJ qui l'avait envoyé au charbon après une première partie de saison prometteuse et alors que des rumeurs de départ fleurissaient déjà fin 2024. La deuxième, en 2025, l'avait laissé sur sa faim et mis sous le feu des critiques pour un bidon un peu trop collé. Définitivement, Martinez avait besoin de maîtriser et de réussir surtout. Le destin a choisi pour lui mais difficile de dire que le leader de Bahrain-Victorious ne doit pas être satisfait jusque-là.
Après qu'Antonio Tiberi a montré des signes de faiblesse, il a été demandé à Lenny Martinez de s'accrocher le plus longtemps possible, ce que le Français a fait tout en gardant en tête que si les choses devaient mal se passer, il basculerait avec plaisir vers son objectif initial. Mais s'il doutait d'en être capable, Martinez a surpris et s'est surpris, terminant 9e à Gavarnie, 10e au Lioran, 11e au Markstein et même 6e au Plateau de Solaison. Si son chrono fut un peu plus difficile (20e à 2'49'' de Remco Evenepoel), ce qui n'a rien d'illogique au vu de son gabarit de poche, le voilà donc 7e au général avec le seul Tom Pidcock comme réel adversaire (8e huit secondes derrière lui).
Si Seixas n'était pas là...
Pourtant, Lenny Martinez semble évoluer dans l'ombre dans ce Tour de France. Dans l'ombre des leaders du classement général évidemment mais aussi, et surtout, dans celle de Paul Seixas. Dans un monde où ce dernier aurait choisi d'éviter le Tour pour sa deuxième année professionnelle, Martinez serait le premier Français au général et inévitablement un peu plus dans les discussions. Pour s'en convaincre, il suffit de se souvenir de l'attention autour de Kevin Vauquelin en 2025. Mais Seixas est là, et bien là, et surtout le choix de Martinez à l'été 2024 lui offre un plus de tranquillité.
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Paul Seixas sur le contre-la-montre du Tour de France 2026
Crédit: Getty Images
Couvé chez Groupama-FDJ, le grimpeur de poche avait fait ses premières armes, et remporté ses premières victoires auprès de Thibaut Pinot et les autres. Contrairement à Romain Grégoire, passé en même temps que lui chez les pros, Martinez a choisi d'aller voir ailleurs dès la fin de son premier contrat. Si l'on sait que les motivations furent autant financières que sportives, deux ans plus tard, le choix de Martinez ressemble à un bon choix. Chez Bahrain-Victorious, il grandit à son rythme et un peu plus loin des regards venus de l'Hexagone.
A 23 ans, il réussit une saison exceptionnelle de régularité tout en parvenant à lever les bras face à Jonas Vingegaard sur la dernière étape de Paris-Nice. Ses performances sont celles d'un talent qui ne demande qu'à grandir. Si Paul Seixas a probablement le talent pour remporter le Tour de France, est-ce totalement illusoire de croire que Lenny Martinez en a un qui pourrait lui permettre de triompher de la Vuelta ? Grimpeur solide, rouleur correct, Martinez pourrait bien, s'il confirme sa progression, avoir la carrure d'un vainqueur de grand tour. A ses jambes, il faut aussi ajouter sa tête bien dure et son caractère bien fait, ce qui ne gâche rien quand on a ce genre d'ambitions.
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