Tour de France 2026 | "Je n'ai pas de mots, je ne comprends plus rien" : Paul Seixas, la sidération permanente
Par Laurent Vergne
Mis à jour 19/07/2026 à 11:18 GMT+2
Quiconque aurait suivi la 14e étape du Tour de France, si dure et si intense, sans connaître l'âge de Paul Seixas, aurait été bluffé d'apprendre que ce garçon n'a que 19 ans. Le Français a joué d'égal à égal avec plus grands samedi dans les Vosges. Mais n'en fait-il pas déjà partie ? Jacky Durand et Steve Chainel, les deux consultants d'Eurosport, oscillent eux entre admiration et sidération.
Seixas : "Je me suis accroché, c'est tout dans la tête ce Tour"
Video credit: Eurosport
Paul Seixas fait penser à ces enfants beaucoup plus grands que la normale et dont on finit par oublier l'âge. Prenez un petit garçon de trois ans qui s'habille déjà avec du six ans. Il est grand, il fait grand, mais a encore certains comportements de grand… bébé. C'est un peu ça, Paul Seixas. Or, s'il joue avec des grands, il fait des choses de grand et l'apparence qu'il donne est tellement celle de la normalité qu'il nous fait zapper qu'il n'a encore que 19 ans. Rien n'est normal dans cette situation. Sa seule présence sur le Tour si jeune relève de l'inédit depuis neuf décennies. Mais se retrouver au pied du podium aux deux tiers de l'épreuve… Pourtant, il a tellement l'air d'être à sa place.
- Et de quatre pour Pogacar, Seixas se pare de blanc
- Dates, profils, horaires : toutes les étapes du Tour de France
- Ne ratez rien du Tour de France sur Eurosport et HBO Max
"Il faut se rendre compte de ce qu'il fait", témoignait Jacky Durand samedi dans Les Rois de la Pédale après l'étape. Avant ce Tour de France, le consultant vedette d'Eurosport refusait de croire possible la présence du jeune prodige tricolore sur le podium final. "Sinon, je ne comprends plus rien", avait-il dit. Après ce 14e jour de course, qui a vu le jeune leader de l'équipe Decathlon CMA CGM sidérer une fois de plus son monde, il demeure tout aussi incrédule. "J'en perds mon latin", avoue l'ancien vainqueur du Tour des Flandres.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/18/image-4ddaa723-bd9b-44e7-a678-344b92f40320-85-2560-1440.jpeg)
Prohomme : "Il fallait bien communiquer avec Paul, et on a fait ce qu'on voulait "
Video credit: Eurosport
À ses yeux, ce 14e acte a marqué un nouveau cap important. Dans son schéma de réflexion, Paul Seixas ne pouvait et ne devait pas s'affranchir aussi aisément du contexte de cette étape du Markstein au bout de deux semaines de course. "Tenir une semaine, honnêtement, je n'avais pas de doutes, confie le Mayennais. Le voir capable de suivre les meilleurs sur la grosse étape pyrénéenne, compte tenu de ses qualités, je n'avais pas trop de doutes. Il l'avait montré, notamment au Pays basque, donc il pouvait tenir une semaine. Après, si vous m'aviez demandé il y a deux semaines 'Qu'est-ce qu'il fera dans le Markstein ?' j'aurais dit 'S'il limite la casse, qu'il est dans les quinze premiers, pour moi ce sera déjà énorme.'" C'est peu dire qu'il a excédé ces raisonnables attentes.
Pogacar : "Protégez-le et il brillera un jour"
Samedi, il a tenté d'attaquer dans le col du Haag, et s'il n'a pu suivre Tadej Pogacar (personne ne le peut) il a lutté pied à pied avec Jonas Vingegaard avait de finir troisième de l'étape. Il regarde le Tour en face et les plus hauts gradés dans les yeux. "Je ne m'en remets pas, soupire Durand. Il y a deux ans, il faisait des courses de 100 bornes. Je n'ai pas de mots, je ne comprends plus rien". "Moi, j'ai des frissons, salue son acolyte Steve Chainel. Le Tour est loin d'être fini bien sûr, mais être aussi bien classé au soir de la 14e étape, être maillot blanc, rouler avec Vingegaard qui a déjà gagné le Tour… C'est incroyable, il est bluffant."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/18/image-3dd5eb63-99d8-4d31-8ae7-f95b2c93d510-85-2560-1440.jpeg)
Seixas en blanc et 4e au général : "À partir de maintenant, c'est du bonus"
Video credit: Eurosport
Tout le monde est scotché... sans l'être totalement. La normalité de l'anormalité. Depuis son passage chez les pros, et particulièrement au cours des douze derniers mois, il a répondu à tant d'attentes et relevé tant de défis. Mais le Tour, c'est encore autre chose. Dans l'intensité, l'exigence, les sollicitations. Il y a la course, 21 fois, et tout le reste à gérer. "On savait qu'on avait une pépite, ce n'est pas la question, relève encore Chainel. On savait qu'il est bon en montagne, bon dans le contre-la-montre. Mais tenir aussi longtemps, tenir notamment sous la pression médiatique alors que, tous les jours, tous les jours, c'est 'Paul Seixas, Paul Seixas', c'est fort."
C'est simple, on n'a jamais vu un coureur de moins de 20 ans aussi fort et aussi mature. Ni même un coureur aussi jeune porter un maillot distinctif sur la Grande Boucle. Il reste une semaine pour déterminer l'ampleur et la portée de ce que Paul Seixas peut accomplir dans ce Tour de France, mais il y a d'ores et déjà une portée historique dans la dimension du phénomène.
Au point que Jacky Durand se dit que, s'il n'était pas d'ici, le poids du soupçon serait sans doute colossal, vu de France : "J'ai envie de dire 'Heureusement qu'il est Français'. Si c'était un Slovène, un Costaricain ou un Russe, il y aurait beaucoup de doutes sur le fait qu'un coureur de 19 ans joue avec les grands." "Pour être tout à fait honnête, enchaîne Steve Chainel, j'attends le jour où il sera moins bien. Pour enfin dire 'On a quelqu'un de normal'. Là, il est effectivement ce qu'on appelle quelqu'un de très grand."
Il y en a un qui ne s'étonne pas plus que ça. Peut-être parce qu'il était déjà sur le podium final de la Vuelta avant de souffler ses 21 bougies et qu'un un an plus tard, il devenait le roi du Tour de France. "Paul Seixas est un prétendant, c'est sûr, et un très grand champion, tranche ainsi Tadej Pogacar, puisqu'il s'agit de lui. Il est déjà un très bon leader dans son équipe, qui est très forte et travaille très bien pour lui. Le public l'adore." Et "Pogi" de finir par une incantation à notre endroit à tous : "C'est le prochain grand espoir français, donc protégez-le et il brillera un jour." Ce jour ne semble déjà plus si loin et c'est bien ça le plus fou.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/18/image-1ed96cf6-6ab2-4390-8d01-25a543157a1b-85-2560-1440.jpeg)
Bardet : "Seixas avec le maillot blanc, c'est un super signe"
Video credit: Eurosport
Sur le même sujet
Publicité
Publicité