Tour de France 2026 - "Plus de 200 bidons dans les 30 premiers kilomètres" : Coup de chaud sur la Grande Boucle lors de la 4e étape

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Avec quasi 40 degrés à l'ombre et encore davantage au soleil, les coureurs du Tour de France ont passé une journée en enfer, mardi entre Carcassonne et Foix. Tous les moyens étaient bons pour éviter le coup de chaud.

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Le réchauffement climatique touche tout le monde, tout le temps, tout l'été. Alors, forcément, le Tour de France, épreuve juillettiste, est frappé de plein fouet par les températures caniculaires qui frappent l'Hexagone en ce début d'été. "C'est vrai que là, c'est quand même des conditions extrêmes, ça fait plusieurs jours qu'on ramasse", a résumé le Français Ewen Costiou, parti à l'avant en début d'étape.
"Je n'avais pas de très bonnes sensations, surtout hier (lundi) avec la chaleur, alors aujourd'hui je me suis dit 'Si tu es devant, au moins tu as accès à de l'eau constamment', donc c'est pas si mal que ça", a de son côté souri le Luxembourgeois de Cofidis Alex Kirsch, lui aussi membre de l'échappée. Un constat partagé par le vainqueur d'étape Mads Pedersen.
un stress mental qui dure
"Honnêtement, être dans une échappée avec la voiture qui est à portée de main tout le temps, ça facilite les choses pour se refroidir, avoue le Danois. Et quand on parle de travail d'équipe, ce n'est pas seulement sur le vélo : il y a tellement de personnes sur la route avec de l'eau et de la glace aussi pour nous rafraîchir". Car il faut se rafraichir, tout le temps, et boire, beaucoup. "Dans les 30 premiers kilomètres, on a donné plus de 200 bidons", avouait ainsi Matxin Fernandez, le directeur sportif d'UAE et de Tadej Pogacar. Un chiffre qui donne le vertige et une idée de la fournaise vécue par le peloton tout au long des plus de 180 kilomètres parcourus. D'autant que la chaleur, accentuée par le bitume, génère de la fatigue mentale.
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Costiou : "Les conditions sont extrêmes, on ramasse depuis des jours"

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"On arrive à récupérer avec les glaçons et tout, décrit Alex Kirsch. Mais c'est beaucoup de travail de faire des bains de glace encore avant de se coucher, manger des glaces... C'est un stress mental qui dure. Même avant l'étape, mettre les vestes, c'est presque 24h de travail pour refroidir". Mardi, l'UCI avait autorisé l'élargissement des zones de distribution de ravitaillement, une mesure que le peloton appelle à reconduire, alors que le directeur de l'épreuve Christian Prudhomme a déclaré avant le départ à Barcelone que "l'adaptation" serait "le maître-mot" face à la canicule.

Une préparation spécifique à la canicule

Les staffs mettent en oeuvre des protocoles pour limiter le risque de coup de chaud en course, et axent également une partie de leur préparation sur ce risque, devenu quasi-inéluctable en juillet, avec le "heat training", ou entraînement à la chaleur. "Maintenant, c'est indispensable, il n'y a pas un coureur du Tour qui n'est pas passé par là", estimait Romain Grégoire avant le Grand Départ, évoquant "un gros bloc (d'entraînement) au mois de février et un gros bloc en juin".
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Reste d'une part quelques images rappelant un été classique jusqu'alors, avec des spectateurs à l'ombre et les pieds dans l'eau en attendant le passage de la course, ou Kévin Vauquelin, hilare, arrosant un caméraman. Et d'autre part, le risque sanitaire pour les athlètes, qui devrait se durcir dans les années à venir. "C'est vraiment un cauchemar logistique, déplorait Pogacar qu'on a vu mardi se laisser décrocher jusqu'à sa voiture pour s'abreuver et se rafraîchir. Parfois, quand la vallée est longue d'environ 15 kilomètres, on a trois mecs qui descendent à la voiture pour prendre des bouteilles et de la glace pour nous refroidir, ça fait une grosse différence".
On doit se mettre autour de la table
Son ancien coéquipier Matteo Trentin (Tudor), a pu constater l'évolution de la discipline du haut de ses 36 ans : "Il a toujours fait chaud, mais les dernières vagues de chaleur sont vraiment différentes, ça ne se rafraîchit plus la nuit, explique l'Italien. Le changement climatique est là, ça n'arrivera pas l'année prochaine, c'est maintenant. On doit se mettre autour de la table et penser que, peut-être, partir à midi en plein soleil n'est pas une super idée". D'autant que la canicule devrait continuer de sévir sur la route du Tour.
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