Tour de France 2026 | "Une nouvelle dynamique" : Adieu, les étapes chiantes ?
Eurosport sur GoogleSi Tim Merlier (Soudal Quick-Step) a remporté la 12e étape du Tour de France à l'issue d'un sprint massif très classique, le scénario de la journée fut un peu plus original. Seul à l'avant, Baptiste Veistroffer a été rejoint par trois coureurs un peu plus tard puis la Lidl-Trek a déclenché de nombreuses d'attaques dans le final. De quoi avoir de l'espoir pour ces étapes souvent très ennuyeuses.
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Si vous redoutiez les deux étapes promises aux sprinteurs consécutives mercredi et jeudi, on aurait pu vous inviter à vous replonger dans le début du Tour de France 1999. Au programme, un prologue, un contre-la-montre et entre les deux sept, oui sept, étapes plates comme la main et autant de scénarios classiques, d'échappée matinale à trois, quatre cinq ou six pour finalement se faire reprendre à quelques kilomètres de l'arrivée. Bref, le cauchemar des suiveurs. Faut-il d'ores et déjà dire adieu à ce cauchemar ? Peut-être pas mais les temps changent.
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A bien y regarder, le script de la 11e étape du Tour ce jeudi aurait pu entrer dans la catégorie des mauvais scénarios avec le seul Baptiste Veistroffer à l'avant alors même que l'entame de course avait été prometteuse avec une belle bagarre pour se porter à l'avant. "Ils ne laissent que 40 secondes toute la journée. On n'avait même pas les voitures, même pas de quoi se ravitailler. On essaye, on essaye…", se plaignait plus tard l'intéressé auprès de Romain Bardet, consultant sur la moto Eurosport. Symbole d'un peloton résigné ?
Nouvelle politique façon tolérance zéro
Pas si vite. "Veistroffer va pouvoir continuer à faire ce qu'il fait, estime notre Roi de la Pédale, Jacky Durand. Est-ce qu'il va gagner ? C'est de plus en plus compliqué. Le peloton ne laisse pratiquement aucune chance aux coureurs échappés. À partir du moment où on a trois ou quatre coureurs devant, on laisse 1' ou 1'30''. Finie l'époque où l'avance des fuyards pouvait grimper au-dessus des cinq minutes et même parfois au-dessus des dix. En 2026, le peloton ne prend plus aucun risque et préfère contenir l'écart toute la journée plutôt qu'avoir à rouler fort dans les 100 derniers kilomètres tout en prenant le risque de tomber sur des gros rouleurs à l'avant.
La nouvelle politique façon tolérance zéro du peloton, si elle lui permet d'être plus en contrôle, ouvre paradoxalement la porte à d'autres types de courses, plus débridées. Pendant la 11e étape, Steve Chainel a développé une option envisageable pour Baptiste Veistroffer, avant que celui-ci ne soit rejoint par trois coureurs. Notre consultant imaginait ainsi la Lotto-Intermarché se porter à l'avant du peloton pour demander aux équipiers des sprinteurs de lever le pied, sans quoi l'échappée se relèverait, relançant ainsi une nouvelle course.
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Le Français n'a pas opté pour cette stratégie mais ça n'a pas empêché Damiano Caruso, Ewen Costiou et Mattéo Vercher de revenir. Le quatuor n'a pas eu beaucoup plus de libertés mais au moins, ont-ils eu le mérite de relancer un peu l'intérêt de la journée. Le mouvement des Lidl-Trek dans le final a lui mis une jolie dose de sel supplémentaire quand Mads Pedersen, Mattias Vacek, Quinn Simmons, Tom Skujins et même Mattias Skjelmose, 8e du général, ont attaqué. "C'était une étape parfaitement calme, tout allait bien et Lidl-Trek a décidé d'attaquer", a noté Tadej Pogacar. Rôdé, le plan était prévu depuis mercredi soir.
On sort un petit peu des carcans qu'on a connus dans le cyclisme classique
"Dès hier, pendant le dîner, nous étions déjà en train de préparer notre stratégie pour le final, a confié Juan Ayuso. Toute l'équipe s'est investie dans le plan et ça n'a pas porté ses fruits, mais on a tout de même fourni un très bel effort collectif". Un très bel effort qui aura fait transpirer le peloton et forcé certaines équipes à gâcher des forces qui auraient été bien utiles dans le final. Le coup n'a pas marché, ni pour Mads Pedersen ni pour les autres mais on ne pourra pas leur reprocher de ne pas avoir essayé.
"Il y a une nouvelle dynamique de course qui s'installe sur ces étapes de plaines qui étaient ennuyeuses à mourir jusqu'ici, a analysé Romain Bardet. On a l'impression maintenant qu'il y a toute une caste de coureurs qui sentent et qui peuvent vraiment faire la course sur ces étapes-là. Et pourquoi pas finalement obtenir les lauriers. On sort un petit peu des carcans qu'on a connus dans le cyclisme classique." C'est tant mieux pour les coureurs, pour le spectacle mais aussi, et surtout peut-être, pour le Tour de France qui sait de moins en moins quoi faire de ces étapes plates.
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