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Mollema au nez et à la barbe des ténors

Mollema au nez et à la barbe des ténors

Le 12/10/2019 à 16:34Mis à jour Le 12/10/2019 à 19:24

TOUR DE LOMBARDIE - Parti en solitaire à dix-huit kilomètres de l'arrivée, Bauke Mollema s'est imposé ce samedi sur les routes de Lombardie. Le coureur de Trek-Segafredo remporte son premier Monument aux dépens des ténors du circuit qui n'ont pas su réagir. Alejandro Valverde et Egan Bernal complètent le podium.

On attendait Primoz Roglic, on a eu Bauke Mollema. Parti en solitaire à 18km de l'arrivée, le Néerlandais de la Trek-Segafredo a profité de l'attentisme de la plupart des favoris pour leur résister jusqu'à Côme et s'offrir le Tour de Lombardie. C'est le premier Monument remporté par le natif de Groningen et la première édition gagnée par un Néerlandais depuis Hennie Kuiper, en 1981. Offensif mais piégé lui aussi, Alejandro Valverde (Movistar) prend la 2e place en devançant au sprint Egan Bernal (Team INEOS). Grand favori annoncé, Roglic a déçu.

Madonna escamotée, Sormano pas décisif

On a connu des Monuments plus animés. Si le final a réservé une belle lutte pour la victoire, il a fallu attendre un long moment pour voir les premiers mouvements de course. Derrière une échappée de huit coureurs comprenant notamment Rémi Cavagna (Deceuninck-Quick Step) et Toms Skujins (Tre-Segafredo), dernier coureur à être repris, le peloton a géré, ne laissant jamais l'écart passer au-delà des cinq minutes. Et c'est le team INEOS qui a pris les choses en main dans la Madonna del Ghisallo, laissant penser à une course durcie de loin. Il n'en a rien été.

Les choses ont été à peine différentes dans le Muro di Sormano. Sur l'impulsion des Bora-Hansgrohe et d'un David Gaudu (Groupama-FDJ) remuant, un groupe de dix coureurs a pris quelques longueurs, avec notamment en son sein Michael Woods (EF Education-First), Rafal Majka (Bora-Hansgrohe), Sosa (INEOS) et Fuglsang (Astana). Mais le groupe n'a jamais creusé et, sur le sommet, Alejandro Valverde (Movistar) a fait le jump avec facilité tandis que Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) et Primoz Roglic (Jumbo-Visma) on eux profiter de la descente pour cela. Au final, c'est une grosse vingtaine de coureurs qui se sont présentés au pied de la montée de Civiglio, à 20km de l'arrivée.

Civiglio a (encore) fait la décision

Parti dans la transition le long du lac de Côme, Buchmann (Bora-Hansgrohe) et Wellens (Lotto-Soudal) n'ont pas fait long feu sur les 4km à 10% de l'ascension, lorsque la Movistar a mis Alejandro Valverde sur orbite. L'attaque violente du champion d'Espagne a notamment causé la perte de Nibali, pas suffisamment en forme, et a vite creusé un petit écart. Mais Roglic ne pouvait laisser partir un tel adversaire et a ramené le groupe sur l'Espagnol. Profitant du marquage qui a suivi, Bauke Mollema est sorti à son tour à 18km de l'arrivée. Et personne n'est allé le chercher. Personne n'y parviendra plus.

Grand favori au départ, Roglic a longtemps pu compter sur ses équipiers pour faire le travail mais, lorsqu'il s'est retrouvé seul, le Slovène de la Jumbo-Visma n'a jamais assumé son statut, refusant de travailler dans le groupe des favoris pour mieux attaquer (inefficacement) sur le plat précédent la montée de San Fermo della Battaglia. L'écart avec Mollema est ainsi vite monté au-delà des 30''. Suffisant pour résister aux diverses attaques des favoris. Sans doute le plus fort ce samedi, Valverde a tenté de faire l'effort en solitaire dans le final mais il est déjà bien trop tard. L'Espagnol, plus rapide au sprint que Bernal et Fuglsang, devra encore se contenter de la 2e place, pour la troisième fois après 2013 et 2014. Et laisser Mollema s'offrir la 4e classique de sa carrière. Clairement la plus prestigieuse.

Bauke Mollema, victorieux lors du Tour de Lombardie 2019

Bauke Mollema, victorieux lors du Tour de Lombardie 2019Getty Images

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