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Le combat des chefs

Le combat des chefs
Par Eurosport

Le 31/03/2012 à 19:43Mis à jour Le 01/04/2012 à 17:13

Fabian Cancellara et Tom Boonen font office de grandissimes favoris du Tour des Flandres, dimanche. La course s'articulera sans nul doute autour de ces deux stars. Nous avons passé au crible le Suisse et le Belge avant le grand rendez-vous flandrien.

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L'enjeu: Frustré depuis un an sur les grandes classiques, il a toujours été placé (quatre podiums cumulés sur les deux derniers Milan-Sanremo, le Ronde 2011 et Paris-Roubaix 2011) mais jamais vainqueur. Il veut reprendre son tour et prouver qu'il est toujours aussi fort que lors de sa fantastique année 2010. Il aborde la semaine la plus importante de sa saison, ce qu'il appelle la "Semaine sainte". Physiquement, le Bernois a démontré ces dernières semaines qu'il était toujours au top.

Forces: Intrinsèquement, il reste probablement le plus fort de tous. Le nouveau parcours, plus dur dans les 50 derniers kilomètres que le précédent, n'est pas pour le desservir. Au contraire. Vu le numéro qu'il a réalisé dans le final de Milan-Sanremo, nul doute qu'il a les moyens, plus que tout autre, de faire exploser la course. Une seule accélération peut lui suffire. Il va falloir s'accrocher pour le suivre. Le retour au top de Boonen lui évite, comme l'an dernier, de voir tout le monde fixer sa course sur la sienne.

Faiblesses: Une équipe toujours faiblarde autour de lui, surtout comparée à l'armada dont dispose Boonen. Sur une course de ce genre, c'est toujours un handicap. Pour gagner, Cancellara devra vraisemblablement se débrouiller seul. Une gestion tactique parfois limite, aussi. L'an dernier, il avait attaqué trop loin de l'arrivée et l'avait payé physiquement. Il devra avoir retenu la leçon. Puis, pour gagner, il devra arriver seul. S'il est flanqué d'un ou deux coureurs dans les derniers kilomètres, personne ne relaiera et il sera piégé.

La question: S'il se retrouve rapidement isolé, ne sera-t-il pas tenté d'attaquer très tôt et, du coup, peut-être trop tôt?

La décla: "Je suis prêt pour la bataille. J'ai tout fait pour cela. Je viens de recharger mes batteries en Suisse, en famille. C'était nécessaire car ces quatre derniers mois, je n'avais fait qu'une chose: rouler."

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L'enjeu? Six ans après son dernier sacre, il brigue une troisième couronne qui aurait une portée historique puisqu'elle l'installerait parmi les co-recordmen des victoires. Ce serait aussi une manière de confirmer définitivement que le grand Boonen est de retour. Depuis son succès sur Paris-Roubaix en 2009, il a certes cumulé quelques jolis succès qui feraient le bonheur de 95% des coureurs. Mais selon ses propres standards, Tom, pour diverses raisons, est resté en retrait ces trois dernières années.

Forces: Boonen, c'est l'homme du début de saison. Personne n'a gagné plus que lui en 2012. Avec déjà six victoires en poche en trois mois, l'Anversois a fait le plein. Et sa double victoire du week-end dernier (Grand Prix E3 et Gand-Wevelgem) a fini de convaincre de sa forme et de ses intentions. Il est en pleine bourre et en pleine confiance. Il dispose d'un groupe ultra-solide autour de lui, avec Chavanel, Terpstra ou Steegmans, pour ne citer qu'eux. Puis il y a sa pointe de vitesse. Il peut se "contenter" de suivre Cancellara. L'inverse n'est pas vrai. Bref, Boonen peut tout faire: franchir les monts, attaquer, sprinter, courir avec sa tête et avec ses jambes.

Faiblesses: Il le reconnait lui-même, en termes de cylindrées, il ne peut lutter avec Cancellara. Si le Suisse sort un numéro comme celui d'il y a deux ans, même le Boonen de ce printemps 2012 aura beaucoup de mal à accrocher sa roue. Le Vieux Quarémont, très long, convient ainsi mieux au Suisse. S'il met le paquet ici dans les 20 derniers kilomètres... L'autre menace, paradoxalement, pourrait venir de son propre camp. Chez Omega, il y a d'autres coureurs capables de jouer les premiers rôles et même de gagner ce Ronde. Au départ, Boonen est clairement le leader, mais, selon les circonstances de course, il pourrait se retrouver pris au piège de la stratégie d'équipe.

La question: Sa victoire sur Gand-Wevelgem est-elle de mauvais augure sachant qu'aucun coureur n'a remporté cette épreuve et le Tour des Flandres la même année depuis 1985 ?

La décla: "C'est la presse qui nous oppose. Moi, j'apprécie beaucoup Fabian. Et je ne roule jamais pour faire perdre quelqu'un mais simplement pour m'imposer".

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