Wout Van Aert. Mathieu Van der Poel. Julian Alaphilippe. C'était il y a un peu plus d'un mois. Avant Milan-Sanremo, premier Monument printanier. Le destin de cette campagne de classiques semblait devoir se résumer à cet infernal triptyque belgo-néerlandais-français. Trois hommes au-dessus du lot, prêts, allaient même jusqu'à, soufflaient certains, révolutionner les courses d'un jour. Ce trio-là est fort, aucun doute, mais il a aussi ses faiblesses. A la veille du Tour des Flandres, il est enveloppé de questions qui donnent tout son sel à cette édition 2021 du "Ronde".
L'incontournable rendez-vous flandrien, plus important que jamais après le report à l'automne de Paris-Roubaix, sa cousine du nord de la France, s'annonce donc plus ouvert que prévu. Sur les monts des Flandres, qui ne tolèrent aucune faiblesse, tout semble possible dimanche. Y compris un triomphe d'un des trois "monstres". Autant il était réducteur de tout ramener à eux mi-mars, autant il serait absurde de tomber dans l'excès inverse aujourd'hui en les rayant de la carte. Ils comptent, toujours, parmi les très grands favoris.

Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix)

Crédit: Getty Images

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Van der Poel et Alaphilippe ont-ils déjà trop donné ?

Lors du dernier Tour des Flandres, nous n'avions vu qu'eux, ou presque. A 5 kilomètres de l'arrivée, Alaphilippe, Van der Poel et Van Aert s'étaient isolés en tête de la course à l'initiative du Français, pourtant novice sur l'épreuve. Après la chute malheureuse et spectaculaire du champion du monde, WVA et VDP avaient réglé leurs comptes en tête-à-tête au sprint. Peut-on revoir les trois hommes dominer les débats de la même manière dimanche ? On peut, oui, mais c'est tout sauf garanti.
Mercredi, dans A Travers la Flandre, Alaphilippe et Van der Poel sont apparus hors du coup. Bluffaient-ils, à quatre jours du "vrai" combat ? Peut-être. Peut-être pas. Bluffent-ils dans leurs propos ? Même réponse. Alaf' a suggéré qu'il avait peut-être laissé beaucoup de gomme en Italie au mois de mars, des Strade à Sanremo en passant par Tirreno-Adriatico. Le Néerlandais a dit à peu près la même chose, laissant entendre que son gros pic de forme du début de saison était derrière lui, avec l'enchainement des Mondiaux de cyclo-cross et des premiers défis sur la route.

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Le printemps des "seconds couteaux" ?

Reste Wout Van Aert. Peut-être l'homme fort de ces hommes forts. Absent mercredi, il reste sur une impressionnante victoire dans Gand-Wevelgem, dimanche dernier. Mais deux jours avant ce coup d'éclat, le cador à tout (bien) faire de la Jumbo-Visma avait connu un coup de buis dans le final de l'E3 Saxo Bank Classic. Bref, chacune de ces trois fines lames, même bien aiguisées, peut se montrer moins tranchante à l'occasion. Un jour irrésistibles, le lendemain curieusement (un peu) plus friables.
Pour être tout à fait juste, de ces trois-là, l'un semble un ton en-dessous des deux autres. Julian Alaphilippe a moins gagné et moins impressionné que ses rivaux belges et néerlandais cette saison. Mais il reste Alaphilippe et, quel que soit son état dimanche, intouchable ou en-dedans, on pourra compter sur lui pour, a minima, essayer de peser sur les débats.
Reste que les imperfections, même relatives, du trio majeur visité ci-dessus, ouvre un champ des possibles à toute une ribambelle d'outsiders qui, depuis Milan-Sanremo, commence à se dire que, finalement, ce printemps pourrait bien être celui de seconds couteaux qui n'en ont peut-être que le nom. Le contexte était certes différent, mais la victoire de Jasper Stuyven dans Milan-Sanremo peut aiguiser des appétits et ouvrir des perspectives.

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Beaucoup de questions, pour des réponses aux contours bien flous

Le Belge de la Trek-Segafredo, dont la campagne est d'ores et déjà réussie, compte d'ailleurs parmi les prétendants dimanche. Et il n'est pas le seul. Le revenant Peter Sagan, enterré trop vite, le vieux lion Greg Van Avermaet, si souvent placé mais jamais vainqueur, Dylan Van Baarle, en fusion mercredi dans A Travers la Flandre, ou encore Matteo Trentin, Michael Matthews et, pourquoi pas, Anthony Turgis, dont on n'est pas loin de penser qu'il incarne la meilleure chance française dimanche.
Au-delà du rapport de force entre les favoris, quel sera celui entre les principales écuries ? La Deceuninck – Quick Step d'Alaphilippe (mais aussi de Kasper Asgreen, Yves Lampaert ou Florian Sénéchal), peut-elle cadenasser la course, même si elle a perdu vendredi un élément non négligeable en Zdenek Stybar ? Qui des Trek ? De l'UAE Emirates ? Ou des Ineos-Grenadiers qui, grâce à Van Baarle, ont décroché mercredi leur première "classique" depuis 2017 ? Beaucoup de questions, pour des réponses aux contours bien flous. Tant mieux. Ce Ronde n'en est que plus appétissant.

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