Mathieu van der Poel évidemment, Wout Van Aert et Julian Alaphilippe bien sûr, pourquoi pas Peter Sagan, Jasper Stuyven ou Greg Van Avermaet. S'il avait fallu établir une liste d'une dizaine de prétendants pour ce 105e Ronde, Kasper Asgreen aurait figuré bien plus près de la fin que du début. Au vu de son statut, de la physionomie de la course et peut-être surtout de son adversaire final, son succès ne peut qu'être qualifié de surprise. Pour autant, le Danois ne sort pas de nulle part. Loin de là. Tant et si bien que si surprise il y a, difficile de ne pas avoir de la logique dans la consécration du Danois.
Et pourtant… Le dimanche de Kasper Asgreen aurait pu connaître un tout autre dénouement. Il n'y a sans doute pensé que bien après avoir franchi la ligne mais le champion du Danemark a dû se revoir tomber quand plusieurs coureurs ont chuté juste devant lui à 66 kilomètres du but. Un peloton tendu approchait alors du second passage au Vieux Quaremont, chacun savait que la course entrait dans une autre phase. Asgreen n'est pas tombé mais il s'en est fallu de peu, ce dernier ne devant son salut qu'à un coureur qui l'a retenu bien malgré lui à sa droite.

Un braquet énorme et Asgreen a écoeuré Van der Poel au sprint : Sa victoire en vidéo

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Une chute et un scénario cauchemardesque évités de peu

Un grain de sable peut tout foutre en l'air dans le cyclisme, encore plus sur le Tour des Flandres où les pièges sont nombreux. Asgreen les connaît. Non pas que son expérience sur le "Ronde" soit exceptionnelle, il n'y participait que pour la troisième fois cette année. C'est l'alliance entre la connaissance de son équipe et son assiduité sur les Flandriennes qui pèse pour lui.
Depuis 2019, le Danois a pris part à 15 classiques ou semi-classiques dans les Flandres. C'est plus que van der Poel (11), Van Avermaet (12) ou Wout Van Aert (10). Voilà comment Asgreen a appris à lever les bras sur ces courses. C'était le cas sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne en 2020 et aussi et surtout sur l'E3 Saxo Bank Classic, répétition du Ronde, il y a une dizaine de jours. On l'avait même vu dauphin d'Alberto Bettiol en 2019 pour sa découverte du Ronde. Une promesse, à 24 ans seulement.
Petit à petit, le statut du champion de Danemark a donc changé. Non seulement dans le peloton mais aussi dans son équipe. La toute puissante Deceuninck-Quick Step la joue souvent collectif mais encore faut-il avoir droit au chapitre et ne pas être parmi les quelques hommes sacrifiés sur l'autel des leaders. Après son succès héroïque sur l'E3, Asgreen avait définitivement acquis le droit de jouer sa carte. Il pouvait alors bénéficier de toute l'aide que pouvaient lui apporter les hommes en bleu.

"C'est juste incroyable de faire partie de cette équipe"

"Notre plan c'était de partir et d'essayer de sauter dans tous les contres à partir du second passage dans le Vieux Quaremont, d'être présent, on l'a fait. On a parfaitement couru. Vous l'avez vu, les gars ont fait un travail incroyable", salue-t-il justement. Avoir dans l'oreillette deux directeurs sportifs, Tom Steels et Wilfried Peeters, qui connaissent le terrain comme leur poche n'est pas du luxe non plus. "C'est juste incroyable de faire partie de cette équipe." Quand Julian Alaphilippe a longtemps pris toute la lumière, lui a pu faire sa course. Jusqu'à cette attaque décisive à 26 kilomètres d'Audenarde.

Le tournant du Ronde : L'attaque décisive d'Asgreen et Alaphilippe trop juste physiquement

Mais faire partie de la Deceuninck-Quick Step ne suffit pas. Après les démonstrations de Gilbert et Terpstra, les deux dernières éditions avaient échappé à la bande de Patrick Lefévère. Quand on a vu dans le final Kasper Asgreen flanqué d'un Mathieu van der Poel surpuissant à l'occasion de l'ultime franchissement du Vieux Quaremont, on se disait que l'affaire était entendue. Que le Danois avait fait une belle course mais qu'il allait connaître le même sort que Wout Van Aert, réglé au sprint par le Néerlandais l'an dernier. Il n'en a rien été. Non, Kasper Asgreen n'a pas la moitié du talent de Mathieu van der Poel pour le sprint. Et pourtant il l'a fait.
On pourra toujours épiloguer sur le braquet de MVDP mais ce sont les jambes et la tête de son adversaire qui ont fait la différence dans la dernière ligne droite. "Je me sentais très bien dans les derniers kilomètres, j'ai décidé d'essayer et de me faire confiance au sprint, relate-t-il Dans le dernier kilomètre, je gardais Van der Poel devant moi, je voulais rester dans la roue. Ainsi, c'était à moi de décider quand on allait accélérer." A 50 mètres de la ligne, son adversaire s'est rassis. Battu par plus fort que lui. Il fallait être extrêmement costaud pour cela d'ailleurs. Le Tour des Flandres ne trompe jamais. Seul l'ultime gladiateur est toujours debout au moment de passer la ligne. Ce dimanche, il était Danois.
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