Les deux clichés ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Un homme en jaune et noir sur une vélo de chrono, de la pluie et deux parcours qui pourraient bien être décisifs sur le prochain Tour de France. Ce coureur aurait pu prendre, au moins, 24 heures pour célébrer son premier succès sur le général d'une course à étapes en 2021, le 13e de sa carrière. Primoz Roglic a préféré se remettre au travail en reconnaissant les deux chronos de la Grande Boucle 2021 plus tôt que de s'arrêter pour apprécier le travail (bien) fait sur les routes ô combien piégeuses du Pays basque. Il y avait pourtant, si ce n'est mille, au moins une bonne poignée de raisons de s'accorder un peu de répit.

Déjà au niveau de Nibali, Quintana et Froome dans le viseur

Déjà les chiffres. Au Pays basque, Roglic a déjà, en quelque sorte, boucler une boucle. C'est là en 2018 qu'il avait décroché son premier général en World Tour. Il affiche désormais 13 succès sur des courses à étapes, c'est énorme eu égard au fait que le premier date de 2015 et qu'il ne domine "que" depuis 2018 donc. Pour agrandir l'image, voici le nombre de succès au général de quelques-uns de ses contemporains :
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  • Alejandro Valverde : 24
  • Chris Froome : 17
  • Nairo Quintana : 16
  • Vincenzo Nibali : 13
  • Jakob Fuglsang : 10
  • Egan Bernal : 7
  • Tadej Pogacar : 6
Si l'on écarte l'exceptionnel, à plus d'un titre, Alejandro Valverde, on se rend compte que Roglic n'est pas loin des tous meilleurs de son époque. Il a même déjà rejoint Vincenzo Nibali. On ne le dira jamais assez : la domination qu'exerce Primoz Roglic sur les courses à étapes est historique. C'est pourquoi chacun de ces échecs est un événement. Depuis le Pays basque 2018, cinq fois seulement il a été battu. Et les deux dernières, sur le Tour de France 2020 et Paris-Nice 2021, ont été suivies de commentaires acerbes, sur lui, son mental, son équipe, sa stratégie… Autant de critiques peut-être justes, quoiqu'un peu sévères, auxquelles Roglic et Jumbo-Visma ont répondu de la plus belle des manières la semaine dernière.

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Le Slovène, déjà. Il a frappé fort d'entrée en repoussant Pogacar à 28 secondes sur les 14 kilomètres du chrono inaugural. Une bien pâle revanche de La Planche des Belles Filles mais une revanche quand même puisque le duo s'affrontait pour la première fois sur l'effort solitaire depuis ce jour funeste pour l'un, heureux pour l'autre. La suite ? Une maîtrise de tous les instants. Oui Tadej Pogacar a été remuant, oui il a remporté la troisième étape au nez et à la barbe de son aîné mais il ne lui a pris, hors bonifications, aucune seconde sur la route. "Ma condition était bonne, a apprécié Roglic. Chuter à Paris-Nice n'était pas la meilleure préparation mais [...] avec l'équipe nous avons pris beaucoup de plaisir."

Jumbo-Visma a été parfaite et c'est à souligner

C'est l'autre fait important de la semaine. Sans doute le plus important puisqu'autant la force de Roglic ne l'a jamais quitté ces derniers mois, à une exception d'importance près, autant la stratégie des Jumbo-Visma a parfois été pointée du doigt et souvent considérée comme la cause des échecs de son leader. Le résultat final, Roglic vainqueur devant son coéquipier Jonas Vingegaard, dit beaucoup de la force des jaunes et noirs mais pas tout. Primoz Roglic s'est dit "très fier" de la jeune équipe (un seul de ses équipiers avait plus de 26 ans) alors que Grischa Niermann, directeur sportif, est allé plus loin.
"Le plan s'est déroulé comme nous l'avions prévu. Les félicitations ne doivent pas seulement aller à Primoz ou à Jonas mais à toute l'équipe. Tout le monde n'a pas compris notre tactique cette semaine mais au final, c'était la bonne. Aujourd'hui (samedi), nous avons prouvé une fois encore que nous pouvions faire plus que simplement contrôler la course". C'est très vrai et Jumbo a joué à la perfection. Laisser le maillot jeudi à Brandon McNulty, et aux UAE-Team Emirates de Tadej Pogacar, tout en plaçant Jonas Vingegaard, était un coup de génie tant ceux-ci se sont trompés tactiquement samedi en devant assumer le poids de la course.
"Je suis très honoré d'avoir remporté le classement général. Heureusement, nous avons évité la malchance cette fois", a déclaré Roglic samedi soir. On pourrait penser qu'il s'agit là d'une boutade mais dans le cas du Slovène, on peut croire qu'il s'agit plutôt d'un réel soulagement de voir que rien n'est venu gâcher sa belle forme du moment. Sur le Tour puis sur Paris-Nice, il avait souffert le dernier weekend. On pensait qu'une sorte de sinistrose le suivait puisque sur la Vuelta, qu'il avait emportée bien sûr, l'ultime étape de montagne avait encore été difficile pour lui. Cette fois son succès ne souffre, qu'on se le dise, d'aucune contestation.

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