Cyclo-cross - Tout pour briller, un avenir en pointillé : Amandine Fouquenet, fragile héritière de Pauline Ferrand-Prévot

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Pauline Ferrand-Prévot a trouvé sa successeuse. Etoile montante du cyclo-cross français, Amandine Fouquenet a mis fin à huit ans de disette sur le circuit international en remportant le Superprestige de Heusden-Zolder mardi. Une victoire acquise devant certains gros noms qui pourrait débloquer son avenir proche, incertain depuis l'annonce de l'arrêt de la formation Arkéa – B&B Hotels.

Fouquenet s'offre un succès de prestige à Zolder : le résumé de l'épreuve

Video credit: Eurosport

Une éternité. Huit ans, pour être tout à fait précis, que la France attendait ça. Depuis Pauline Ferrand-Prévot en 2017, aucune Tricolore n'avait triomphé sur un cyclo-cross d'envergure internationale. L'attente a pris fin mardi avec la victoire d'Amandine Fouquenet sur le Superprestige de Heusden-Zolder (Belgique). Maillot tricolore sur le dos, la championne de France a dominé quelques gros noms sur le parcours tournicotant – Blanka Vas, Aniek van Alphen -, signe que l'avenir promet d'être brillant pour la Bretonne. Mais avant de partir à la conquête de ses rêves, il lui faudra régler l'imminence d'un présent incertain, précipité par l'arrêt de sa formation Arkéa – B&B Hotels.
Amandine Fouquenet et le cyclo-cross, c'est une romance qui ne date pas d'hier. Née à Vitré, la Bretonne a fait ses classes un peu partout. Polyvalente, elle décroche son premier succès marquant sur un vélodrome avec un titre de championne de France cadette du tempo. Mais c'est bien le cyclo-cross et ses labours qui ont sa préférence. La pépite charge sa penderie d'une flanquée de tuniques bleu-blanc-rouge, accrochées en juniors, espoirs et évidemment chez les élites (2021 et 2025). Référence dans la boue et sur les sentiers ensablés, Fouquenet l'est un peu moins sur la route.

Surdouée dans les sous-bois, équipière dévouée sur la route

Cantonnée à un rôle d'équipière, la coureuse au gros moteur l'a endossé avec sérieux et dévouement, mais n'a pas encore eu la possibilité de se montrer, et donc d'engranger des résultats probants sur le macadam. Un manque de visibilité que la Bretonne paye sans doute en cette intersaison, où son avenir reste en suspens. Poussée vers la sortie après l'annonce de l'arrêt de la formation Arkéa – B&B Hotels, Fouquenet (24 ans) n'a toujours pas trouvé d'équipe pour 2026. Une situation instable source d'angoisse que la championne de France espère vite mettre derrière elle avec ce succès vibrant en Belgique. 
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Amandine Fouquenet (Arkéa - B&B Hotels) sur les pavés de Paris-Roubaix en 2025

Crédit: Getty Images

"J'espère que cette victoire me permettra de décrocher un nouveau contrat, de préférence avec une équipe où je pourrai continuer à combiner la route et le cyclo-cross", confiait la lauréate à la chaîne belge Telenet. Un appel lancé aux écuries plus si nombreuses dans le giron féminin (Ceratizit, Roland s'ajoutent à Arkéa chez les formations déserteuses). Dans un tel contexte, il reste à la Bretonne de préparer l'hiver avec son clan et les moyens du bord. Organiser un stage, à Tignes, avant d'écumer les labourés du plat pays, où elle peut mesurer à chaque sortie sa popularité grandissante.

Peu de moyens et un avenir incertain

Avec des moyens d'amateur et un matériel cédé par sa formation jusqu'à la fin de l'hiver, la double championne de France a débuté son exercice avec un podium en Superprestige, avant deux autres passages sur la boite en Coupe du monde et, enfin, cette première victoire sur la scène internationale. "C'est la plus grande victoire de ma carrière, s'est émue la Bretonne après son exploit. J'avais déjà été deux fois championne de France de cyclo-cross, bien sûr, mais gagner en Belgique, c'est tout autre chose."
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Amandine Fouquenet.

Crédit: Getty Images

Plus tranchante sur les relances, Fouquenet a évité les pièges et profité de la mésentente entre ses rivales. Gonflée de confiance, la native de Vitré se projette sur la suite – la manche de Coupe du monde à Gavere ce vendredi (13h40) en premier lieu, avant les Mondiaux - avec appétit, mais non sans un point d'interrogation. "Je me suis enlevé cette pression. Je fais une bonne saison, je fais ce que je peux au maximum, mais je ne peux pas gérer le fait que quelqu'un m'appelle ou pas, concède la coureuse à L'Equipe, lucide. Je vis comme ça, en espérant que le téléphone sonne et que la situation se débloque." Fouquenet, elle, fait tout pour sortir de ce brouillard. Il y avait forcément, au milieu de la foule d'observateurs greffés autour du parcours à Heusden-Zolder, des yeux avertis qui l'ont vu aussi. Et ont été conquis.
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