Audi comme prévu

Le Français Benôit Tréluyer, le Suisse Marcel Fässler et l'Allemand André Lotterer (e-tron N.1) ont signé dimanche la onzième victoire d'Audi au Mans. Un court moment contesté par Toyota, la firme aux anneaux a signé un triplé.

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Audi a remporté dimanche la 80e édition des 24 Heures du Mans en monopolisant les trois premières places de la plus grande course d'Endurance. Sans surprise : la firme aux anneaux était la grandissime favorite de l'épreuve face à des Toyota tout juste de retour dans la catégorie. Le Français Benôit Tréluyer, le Suisse Marcel Fässler et l'Allemand André Lotterer, sur la R18 e-tron N.1, ont donc permis au constructeur allemand d'imposer sa nouvelle machine à récupération d'énergie pour signer sa onzième victoire en treize ans. Pour le natif d'Alençon, il s'agit de la seconde victoire consécutive, avec les mêmes partenaires.
Depuis 2000, les hommes de Wolfgang Ullrich n'ont donc manqué la première place qu'en 2003 et en 2009. En 2003, Audi avait décidé de transférer ses ressources sur Bentley, pour faire gagner la marque sœur du groupe VAG à l'occasion de son centenaire. En 2009, Peugeot avait infligé à Audi sa seule véritable défaite dans la Sarthe.
Dimanche, à 15h00, l'Audi N.1 a eu la primeur du drapeau à damier après 378 tours, avec dans ses roues l'e-tron N.2 d'Allan McNish, Rinaldo Capello et Tom Kristensen à un tour, et la R18 ultra N.4 d'Oliver Jarvis, Marco Bonanomi et Mike Rockenfeller, à trois boucles. "C'est sûr que ça fait plaisir", s'est exclamé Tréluyer. "On a encore fait un énorme travail cet hiver. On est arrivé encore mieux préparé que l'année précédente. On savait qu'on était capable de gagner, et renouveler est juste magique. On est vraiment super content. On a une équipe de mécanos et d'ingénieurs avec qui on est resté soudé. Quoiqu'il arrive, ils sont toujours là à fond, à bosser comme des fous. On ne peut donner que tout ce qu'on a quand on est dans la voiture. C'est ça qui nous mène à la victoire. On écrit une page d'histoire. L'année dernière, on a fait une bataille incroyable qui restera dans les annales (ndlr : contre Peugeot).Encore une fois, on remporte quelque chose qui restera aussi. J'espère qu'il y aura quelque chose de nouveau à remporter l'année prochaine."
La N.3 et la N.2 à la faute à moins de trois heures de l'arrivée
Partie de la pole, la N.1 aura passé très peu de temps au stand pour des réparations, une condition toujours primordiale au Mans pour viser un résultat. Un moment chahutée en tête par la Toyota N.7 du Français Nicolas Lapierre (20h00), alors que la Toyota N.8 du Britannique Anthony Davidson partait dans un spectaculaire tonneau, "Electra" - comme l'ont surnommée ses pilotes - n'aura connu qu'une alerte au cœur de la nuit, lors d'un contact avec un mur au virage du Karting (04h20), dont la N.2 profita pour la relayer en tête une première fois ; puis une seconde lors d'une neutralisation une demi-heure plus tard. Mais, fort d'une vélocité déjà vue en qualification, André Lotterer est vite parvenu à rétablir la hiérarchie qui lui semblait juste.
Malgré ce chassé-croisé un peu angoissant pour le "Dr Ullrich" comme aiment à l'appeler les Allemands, la nuit aura consacré Audi dans le rôle de vainqueur certain, la seconde Toyota, frappée du N.7, ayant renoncé sur casse moteur à 01h37. Le quadruplé en vue en fin de matinée avec la N.1 solide au poste malgré une excursion à Mulsanne à 08h05 et une petite réparation, deux contrariétés attendaient encore néanmoins la marque star du Circuit de la Sarthe. Peu après midi, la N.3 de Marc Gené tapait un rail à la première chicane des Hunaudières, et la N.2 d'Allan McNish en faisant de même, aux virages du Karting, s'écartant définitivement de la course à la victoire. La course neutralisée, la reprise faisait apparaître la Lola privée du Français Nicolas Prost - fils du quadruple champion du monde de Formule 1 - de l'Allemand Nick Heidfeld et du Suisse Neel Jani au quatrième rang.
"Nous avons connu pas mal de soucis, notamment pour trouver la bonne fenêtre d'utilisation des pneus", a confié Wolfgang Ullrich. "Je suis très content que nous soyons les premiers à gagner en hybride au Mans, comme nous avions été les premiers à faire gagner le TFSI et le TDI. Nous avons engagé deux hybrides et deux diesels car nous ne savions pas si les hybrides seraient prêtes à temps, nous ne pouvions pas venir seulement avec deux voitures équipées d'une technologie complètement neuve. Toyota a vraiment démontré qu'on pouvait faire du très bon travail (ndlr : sur l'hybride) en un temps très limité. Je suis sûr qu'ils nous mèneront la vie dure l'an prochain et j'espère qu'ils se battront avec nous pendant un moment. Je leur dis un grand bravo. Bien sûr on a essayé de se battre entre nous, puis il y a eu l'accident de la N.2 et la stratégie s'est décidée d'elle-même."
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