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"Un avion incontrôlable"
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Publié 18/06/2012 à 14:36 GMT+2
Anthony Davidson (Toyota N.8) a raconté son crash avec l'obscur pilote amateur italien d'une Ferrari GT, samedi à 20h00, au Mans.
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Crédit: Eurosport
Pétris de douleur, Anthony Davidson sait qu'il devra rester tranquille pendant plusieurs semaines avant de pouvoir remonter dans un baquet de compétition. Le choc qu'il a subi dans le tonneau de sa Toyota N.8, samedi dans le virage de Mulsanne, à 20h00, aurait pu lui occasionner des blessures invalidantes mais par chance il n'en est rien. "J'ai deux vertèbres casées, la T11 et la T12", a indiqué le Britannique de 33 ans, dimanche soir dans un communiqué de l'équipe nippone. "Les médecins me disent que le temps normal de guérison est de trois mois, mais c'est pour le commun des mortel, pas un sportif ou un athlète. Cette estimation est pour une guérison complète de l'os ; qui sera plus solide qu'avant. Il est probable que je doive attendre plus de trois semaines pour que la douleur disparaisse et retrouver la mobilité de mon dos."
Puis, il a narré les circonstances de la terrible incompréhension avec le pilote amateur de la Ferrari N.80, Pierguiseppe Perazzini. Stéphane Sarrazin, son coéquipier chez Toyota, a parlé d'un "pilote amateur qui a déjà du mal à piloter sa voiture", et jugé "limite d'avoir des pilotes comme ça sur des courses de 24 heures."
"J'avais presque passé la voiture à la corde", a raconté Anthony Davidson, alors troisième de la course. "Je venais de doubler une Corvette et une Ferrari avec l'autocollant 'pilote pro'. Elles se battaient et j'ai pensé que la Ferrari devant faisait partie du groupe, et donc que son pilote était pro. La voiture a gardé sa gauche, comme on peut l'attendre de la part d'un pro. Ce n'est que lorsque que je suis arrivé à hauteur de l'arrière que j'ai vu l'autocollant "pilote amateur". Mais je n'étais pas paniqué, persuadé que c'était une manœuvre complètement conforme et qu'il resterait sur la gauche ; ce qu'il paraissait faire. J'ai pris la corde, commencé à freiner, et j'étais presque ressorti du virage quand il y a eu le contact avec à l'arrière gauche (de sa Toyota)."
"Complètement paniqué et pris de claustrophobie"
Puis, ce fut l'effrayant engrenage. "Instantanément, la voiture est partie en tête-à-queue, puis elle a pivoté vers la gauche, décollé avant de se mettre à l'envers", a décrit le passager de la TS30 Hybrid. "A cet instant, je me suis vu comme dans un avion incontrôlable. Je savais que les rails n'étaient pas loin, et que voyager à cette vitesse allait m'y menait sans tarder. Cette partie du crash a été pétrifiante. Elle a atterri sur le sol, puis j'ai senti un énorme coup de poing dans la colonne vertébrale quand elle s'est remise sur ses quatre roues. J'avais toujours les yeux fermés et les mains retirées du volant, en position de survie. Une demi-seconde après, il y a eu l'impact suivant dans le rail."
"J'ai rouvert les yeux et réalisé que j'étais toujours en vie, malgré la douleur", s'est-il remémoré. "Je sentais mes pieds et je pouvais les remuer ; tout fonctionnait. Je savais que je devais rester dans la voiture, surtout avec ma douleur au dos, mais d'emblée j'ai été complètement paniqué et pris de claustrophobie. Je voulais sortir de l'auto. C'était vraiment étrange. J'ai tapé dans la porte ouverte et je me suis extirpé avec précaution, à cause de la douleur. Il fallait que je m'étende et l'endroit le plus proche était le côté de la voiture. Puis les médecins sont arrivés."
Transféré en ambulance au pc médical de la course, il a pu voir la solidarité de la profession. "Tous les pilotes sont passés", s'est-il réjoui. "Ce fut sympa de voir Sébastien Bourdais, mon équipier de l'année dernière, à ce moment. C'était pour moi un visage familier, amical."
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