A défaut d'avoir la part du nombre, les chefs de file français répondent présent lundi. Manon Brunet puis Enzo Lefort se sont qualifiés pour les quarts de finale du sabre féminin et du fleuret masculin. Si Brunet réalise jusque-là un bon début de compétition, Enzo Lefort, s'est, lui, sérieusement repris en huitièmes de finale du fleuret après une entrée en lice très poussive. Les quatre autres Tricolores engagés ont été éliminés dès leur premier assaut.
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Manon Brunet s'est sans doute sentie inspirée du titre dimanche de Romain Cannone à l'épée. Premier (et rare) motif de satisfaction ce lundi, Brunet a confirmé en huitièmes de finale. Après avoir fait respecter la logique face à la modeste Indienne Bhanavi Chadalavada Anandha Sundh (15/7) pour ses débuts, l'Orléannaise d'adoption a été bien plus bousculée au tour suivant par la Japonaise Misaki Emura. Chez elle, la Niponne s'est sentie pousser des ailes en première période, bonifiant toutes ses intentions offensives. Piquée au vif, Brunet a alors fait preuve de caractère pour repousser la menace.
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Aux commandes de l'assaut après avoir conclu le premier acte d'un 5/0, la sabreuse de 25 ans a dû repousser le nouveau soubresaut de son adversaire, revenu à une touche dans le money time. Solide, appliquée dans son plan de jeu et fidèle à son style volontaire, Manon Brunet a pu pousser un cri rageur. Ce premier vrai test est passé avec une certaine maîtrise. Une nouvelle performance du genre contre Olga Nikitina (Comité Olympique Russe) à 8h25 lui ouvrirait les portes des demi-finales et la rapprocherait de la médaille. Un bon moyen de faire oublier les Jeux de Rio, durant lesquels elle avait échoué au pied du podium.

Manon Brunet durant les 16es de finale du tournoi de sabres femmes des JO de Tokyo, le 26 juillet 2021

Crédit: Getty Images

Ses comparses Charlotte Lembach et Cécilia Berder n'ont pas connu pareilles réussites. Lembach a été surprise par l'Italienne Irène Vecchi, membre de l'équipe transalpine championne du monde en 2017. Dans le coup la majorité de l'assaut, l'ancienne pensionnaire de l'INSEP a concédé les cinq dernières touches pour s'incliner 15/11. Même score en la défaveur de Berder, outsider dans la course à la médaille, mais surprise d'entrée par la Coréenne Sooyeon Choi. La Bretonne a perdu le fil contre son adversaire, tête de série N.22, qui avait misé sur une stratégie bien plus agressive. Frustrant pour Berder, qui misera désormais sur l'épreuve par équipes samedi prochain. Les sabreuses françaises sont vice-championnes du monde en titre en 2019, et avaient décroché l'or en 2018.

Lefort s'est mis à l'endroit

Le fleuret bleu-blanc-rouge ne compte lui aussi plus qu'un représentant puisque seul Enzo Lefort reste désormais en course. Sérieuse chance de médaille, le Guyanais est monté en puissance avec brio pour se qualifier en quarts de finale après sa victoire en patron sur le Japonais Toshiya Saito (15/4). Piqué à l'orgueil par son entrée en lice très poussive face au Mexicain Diego Cervantes, seulement 137e mondial (15/11 après avoir été mené 8/11), la tête de série N.4 de la compétition - la même que Brunet par ailleurs – n'a cette fois connu aucun retard à l'allumage.
Agressif au souhait, au point de mettre involontairement Saito au sol, le champion du monde 2019 n'a pas laissé son vis-à-vis reprendre son souffle un instant. En à peine plus de 11 minutes, le tour était joué. Enzo Lefort a désormais le droit à un choc dès les quarts de finale, face à l'Italien Daniele Garozzo, champion olympique en titre. Le Transalpin a lui aussi connu son lot de frisson depuis le début de la compétition après s'être qualifié sur un thriller (15/14 contre le Japonais Matsuyama) en huitièmes de finale.
Le fleuret hommes avait auparavant suivi la tendance d'un début de JO contrasté pour l'escrime tricolore. Favori contre le jeune Japonais Kyosuke Matsuyama (24 ans), Maxime Pauty a cédé d'entrée, et dans les grandes largeurs. Très vite pris à la gorge, le Francilien a concédé sept touches de rang dès la première période et n'a jamais été en mesure de remonter ce débours (7/15 score final). Dans un duel plus équilibré tant sur le papier que sur la piste, Julien Mertine a fini par céder contre le Hong-Kongais Ka Long Cheung. Lui aussi en mauvaise posture – mené 3/8 puis 7/10 – le vétéran de 33 ans est revenu à hauteur dans la dernière période, avant de craquer dans les derniers instants (12/15).
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