La scène se passe à la fin de l’année 2000. Les Messi, leurs agents et le Barça discutent déjà depuis quelques mois de la venue du lutin de Rosario en Catalogne. Jorge, le père de Leo, commence sérieusement à s’impatienter. Car les négociations n’avancent pas. Trois hommes vont alors tenter de forcer la main aux dirigeants du FC Barcelone, et surtout rassurer Jorge. Ils se réunissent au bar du Tennis Club Pompeya. Sont présents, autour de la table : Josep Maria Minguella, alors l’agent star de Barcelone, l’homme qui a fait venir Maradona et tant d’autres en Catalogne, Charly Rexach, le patron technique du Barça, Horacio Gaggioli, qui représente aussi Leo Messi, et Jorge, la paternel. Après de longues minutes de palabres, ils décident d’écrire une lettre d’engagement symbolique. Ils n’ont pas de papier. Ils décident alors de noircir une serviette : "Le 14 décembre 2000 à Barcelone, en présence de monsieur Minguella, Horacio et Carles Rexach, secrétaire technique du FCB. Ce dernier s’engage sous sa responsabilité et malgré certaines opinions divergentes à recruter le joueur Lionel Messi si tant est qu’un accord financier soit trouvé." Le document est signé par Rexach, Minguella et Jorge Messi.
Aujourd’hui encore, les protagonistes de cette affaire se vantent d’avoir impulsé le mouvement. Pour eux, il n’y a pas de doute : cette serviette a changé l’histoire du football. Pourtant, selon un ex-haut dirigeant du FC Barcelone :"Cette serviette n’avait aucune valeur juridique car elle avait été signée par Minguella. Un homme qui n’était tout simplement pas autorisé à signer au nom du Barça." Horacio Gaggioli, présent ce jour-là, lui, n’en démord pas : "J’ai tout de suite déposé ce document à mon cabinet qui m’a confirmé qu’il était juridiquement valide." Qui croire ? On peut raisonnablement se demander si signer un mot écrit sur une serviette en papier peut remplacer un contrat en bonne et due forme ? A priori, non.
"Signer un contrat sur un vulgaire bout de papier ? Une honte"
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Le premier à s’offusquer de pareilles méthodes n’est autre que Jorge Messi. A peine sorti du bar du Tennis Club Pompeya, il se précipite au club pour voir Juan Lacueva, le responsable exécutif du football de base du Barça. Il lui vole dans les plumes et lui demande s’il trouve "sérieux qu’un club de la dimension du Barça signe un contrat sur un vulgaire bout de papier".  "C’est une honte", enchaîne-t-il. Lacueva ne perd pas son calme et lui annonce qu’il fait son possible pour que les dirigeants donnent leur feu vert à la signature. Mais encore faut-il trouver un accord financier. En attendant que les choses se décantent, c’est Minguella qui met la main à la poche et propose un contrat à la famille Messi : une maison et 4.000 dollars par mois. En attendant que le club et le joueur se mettent d’accord.
Les négociations ont été longues et laborieuses. Mais finalement, au mois de mars 2001, Leo devient enfin officiellement un joueur du Barça. Puis il signera son tout premier contrat professionnel en 2004. Entre 2001 et 2004, Messi aura eu un contrat de jeune joueur, régulièrement prolongé. Pour Messi comme pour le club, la situation était au départ très précaire, mais elle a finalement tenu jusqu’au bout. Et dans cette histoire, la serviette a peut-être permis aux uns et autres d’aller plus vite. Mais certainement pas de sceller le destin de Messi au Barça, même si la légende se bonifie avec les années.
Pour en savoir plus : "Le Mystère Messi" d’Alexandre Juillard et Sebastian Fest (aux éditions JC Gawsewitch)
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