Bundesliga, 1re journée : Pourquoi le Bayern s'attend à des lendemains difficiles

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Un nouveau système de jeu à assimiler, des retards dans la préparation et des joueurs importants blessés ou bien partis pour l'être, l’avant-saison du club munichois interpelle les suiveurs. Pas grave. Après avoir définitivement installé son pouvoir, Pep Guardiola construit "son" Bayern. Il a tout prévu mais réclame quand même du temps.

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La Bundesliga 2014-2015 va ouvrir ses portes, ce vendredi, avec le champion d’Allemagne en titre. Tradition oblige. Et le calendrier nous offre une belle affiche avec l’un des outsiders de l’exercice, les Loups de Wolfsburg et son actionnaire, le groupe Volkswagen. Que le Rekordmeister soit le favori pour l’édition qui se prépare est une évidence communément acceptée par l’ensemble des observateurs. Pourtant, personne n’envisage un solo comme lors des deux dernières saisons. Les raisons en sont multiples.

Oublier les records de 2013-2014

27 journées seulement pour décrocher le Meisterschale avec un parcours quasi parfait de 25 victoires et deux matches nuls ! L’an dernier, l'équipe de Pep Guardiola enterrait le record de sa devancière, celle de Jupp Heynckes, pourtant déjà stratosphérique, et ne datant que de l’année précédente. En début d’exercice, seul le surprenant Fribourg arrachait un point à la quatrième journée alors que le futur champion se cherchait encore. Quant à ceux perdus sur la pelouse du Bayer Leverkusen, début octobre, ce fut surtout le fait du gardien du Werksclub, Bernd Leno, en transe dans ses cages ce soir-là.
C’est indéniable, le Rekordmeister a ouvert une nouvelle ère depuis deux ans où le seul accroc, difficilement explicable tant l’ampleur de la déroute fut grande (0-4), fut le loupé en demi-finale retour de la Ligue des Champions contre le Real Madrid à l’Allianz Arena. Si l’on ajoute les rencontres de 2012-2013 et celles de 2013-2014 pour devenir le vainqueur de la Bundesliga, soit 28 journées puis 27, donc 55 matches, le FC Bayern l’a tout simplement remporté à 49 reprises, concédé seulement 5 fois le match nul et n’a subi qu’une défaite contre Neverkusen, en octobre  également -décidément !- une période durant laquelle tout le monde se rappelle que l’emprise bavaroise fut plus que conséquente. Ce qui fit dire laconiquement au capitaine Philipp Lahm : "Il y a des rencontres comme ça." Cette domination nationale n’a pas d’égal en Allemagne et représente juste une performance d’extraterrestre.
La statistique peut faire sourire mais jamais le Bayern Munich n’a gagné le Meisterschale après un titre mondial de la Nationalmannschaft et depuis les années 1970 le club est traditionnellement le plus gros pourvoyeur de vedettes. En 1955, alors que la Bundesliga n’existait pas encore, ce fut l'avènement du SC Rot-Weiss Essen. Vingt ans plus tard, les Fohlen du Bökelbergstadion martyrisèrent les Munichois. En 1991, et malgré une gentillesse de Stefan Effenberg, "ils sont trop idiots pour devenir des champions", le FC Kaiserslautern signa l’une des plus grandes surprises de l’histoire du football allemand en s’adjugeant le trophée.
Evidemment, l’équipe bavaroise est redoutable. Rien qu’en attaque le transfuge du Borussia Dortmund, Robert Lewandowski, a un répertoire beaucoup plus étendu qu’un Mario Mandzukic aujourd’hui en Liga espagnole. Au poste de gardien, Manuel Neuer dispose humblement d'un certain Pepe Reina comme doublure. Deux des espoirs du football espagnol et allemand, Juan Bernat et Sebastian Rode, sont venus se mesurer à l’effectif actuel et acquérir de la maturité, tandis qu’une nouvelle génération issue du centre de formation local, emmenée par Pierre-Emile Höjbjerg, pointe son nez. Mentionnons aussi le retour après une longue absence d’Holger Badstuber qui se sent la fraîcheur d'une nouvelle recrue. Qui peut d’ailleurs dire ou écrire, aujourd’hui, quel sera le onze-type de l’année du coach catalan ? Personne ! Ou plutôt tout le monde tellement les possibilités sont nombreuses. La flexibilité et la recherche de la perfection sont au programme. Mais ça, c’est de la théorie, le coach catalan a d’autres soucis et l’a bien fait comprendre, hier, en conférence de presse.
La priorité est bien entendu de remettre d’équerre des joueurs dont la condition physique est laborieuse et éparse. Il y a six Weltmeister dans le groupe bavarois sans oublier qu’un Arjen Robben ou un Dante, tous les deux demi-finalistes de la compétition au Brésil, sont aussi dans le même cas. On comprend facilement que la défaite le 13 août en DFL-Supercup (0-2) contre le Borussia Dortmund, n’a apporté aucune information tangible dans le jeu, sauf à faire remarquer que le FC Bayern est en retard au niveau de la préparation par rapport à son adversaire du jour. Quatre jours après, la victoire en coupe d’Allemagne 4-1 contre le Preussen Münster a déjà montré que les joueurs sur le terrain avaient un peu plus de jus.
L’entraîneur espagnol s’attend donc à un premier trimestre compliqué d’autant plus qu’il a confirmé souhaiter évoluer avec trois défenseurs. Un nouveau système de jeu particulièrement exigeant, revenu à la mode en Italie ces derniers temps dans certains clubs, ou bien dans certaines sélections nationales comme le Chili depuis quelques années ou encore les Oranje de Van Gaal lors du Mondial. Pep Guardiola l’avait d’ailleurs expérimenté avec succès lors de la dernière finale de coupe d’Allemagne victorieuse 2-0 contre les Bubis de Jürgen Klopp.
Mais le plus grand problème actuel de la maison bavaroise concerne le nombre de blessés. Javi Martinez bien entendu, la pierre angulaire du Dreierkette, du chaînon de trois, sera absent jusqu’à la mi-février 2015. Les suggestions de noms fusent dans la presse pour le remplacer mais le président du Bayern Munich, Karl-Heinz Rummenigge, a déjà fait comprendre qu'il n'y avait aucune obligation d'acheter un nouvel axial. Surtout s’il n’y a pas d’adéquation entre l’offre et la demande. Or Martinez, du fait de sa polyvalence, était un libero moderne. Qui plus est en grande forme.
Ce n’est pas tout. Rafinha, dont on peut toujours se poser la question de la qualité intrinsèque, ne sera pas de retour avant une petite quinzaine de jours. Bastian Schweinsteiger a rechuté et on l’attend pour la fin septembre tout comme on espère le retour à la même date de Thiago Alcantara. Franck Ribery, lui, est déjà forfait pour le match contre le VfL Wolfsburg.
Le Rekordmeister est entré dans une zone de turbulences. Pep Guardiola l’a reconnu et en est bien conscient. Son équipe est en phase de transition, de mutation, et n’est pas encore opérationnelle. On salive à l’idée de ce que veut construire idéalement le coach catalan et on en imagine facilement les contours. Reste la cruelle réalité, celle du terrain. La concurrence, elle, s’est aussi renforcée.
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