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Cavani, du coupable idéal à l'équipier indispensable

Cavani, du coupable idéal à l'équipier indispensable

Le 28/06/2019 à 23:09

COPA AMERICA - Edinson Cavani est en grande forme au Brésil et l'Uruguay devrait encore pouvoir compter sur lui lors de son quart de finale face au Pérou, samedi soir (21 heures). Une actualité radieuse pour "El Matador", qui n'a jamais autant semblé en position de force dans son rapport avec le PSG.

Le football va vite, très vite, parfois beaucoup trop, et Edinson Cavani pourrait certainement en parler des heures. Il y a un mois, lorsque le PSG clôturait sa saison décevante par une défaite à Reims (3-1), l'avenir du buteur uruguayen semblait s'écrire loin de Paris. C'était, en filigrane, le souhait que l'on pouvait percevoir de la part des dirigeants qatariens et de nombreux observateurs pour la saison prochaine : clôturer le cycle Cavani, récupérer une indemnité de transfert avant qu'il ne soit trop tard et, surtout, dérouler le tapis rouge au duo de stars Mbappé - Neymar.

La réalité des mouvements de joueurs en football, business oblige, pousse à la discrétion, à l'intox et aux rumeurs. Malgré cette opacité tolérée et devenue presque banale, il ne fait guère de doutes que tout a basculé au sein de l'organigramme parisien. Un mois après la fin de la Ligue 1, le duo tant rêvé n'a plus rien d'une priorité et Cavani ressemble moins à un fusible et que son partenaire brésilien.

Vidéo - Cavani : "Neymar vit un moment difficile"

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Pendant ce temps, Cavani sort le grand jeu

Les insultes de Neymar envers les arbitres de Ligue des champions, ses trois matches de suspension pour le début de la prochaine édition ou encore son coup donné à un supporter rennais ont précédé une actualité bien plus grave encore pour Paris et son joueur brésilien : des accusations de viol - face auxquelles le PSG se mure toujours dans le silence -, et une troisième blessure au pied en deux ans qui l'a privé de Copa America et confirmé les sérieux doutes entourant son hygiène de vie.

Alors qu'il ne se passe pas un jour sans que la presse mondiale, et principalement espagnole, n'alimente le feuilleton du retour de Neymar au Barça, Edinson Cavani a, lui, la chance de pouvoir disputer la Copa América. Et l'Uruguayen en profite particulièrement, en affichant une séduisante fraicheur.

Au four et au moulin d'entrée contre l'Equateur (4-0), avec, entre autres, une passe et un très joli ciseau, "El Matador" a été un véritable poison contre le Japon (2-2). S'il n'a pas marqué, le Parisien a provoqué un penalty et a constamment créé du danger, à l'image de cette frappe sur l'équerre venue d'ailleurs. Lors du choc contre le Chili, enfin, c'est en buteur providentiel qu'il a "sauvé" la Celeste d'une magnifique tête (1-0). Un but spectaculaire qui a notamment permis aux siens d'éviter la Colombie en quarts, pour hériter d'une équipe péruvienne a priori moins redoutable.

Le libérer en 2020, un si mauvais choix ?

Cavani, comme son binôme idéal Luis Suarez et plusieurs cadres uruguayens, n'a pas manqué une miette de la compétition au Brésil pour l'instant. "L'obligation" de battre le Chili n'a pas permis les rotations et le Parisien aurait probablement rongé son frein en étant ménagé, eu égard à l'esprit revanchard qui l'anime avec Paris mais aussi avec la Celeste. Blessé dès le deuxième match de la Copa 2011, "El Matador" avait vécu de loin l'aventure victorieuse de ses partenaires. L'an passé, c'est une autre blessure qu'il l'avait privé du rendez-vous avec la France, en quarts de finale de la Coupe du monde, après avoir été si décisif pour éliminer le Portugal de Cristiano Ronaldo.

"Si on nous dit que nous sommes favoris, ce n'est pas pour rien, il faut savoir l'assumer, affirmait d'ailleurs Cavani, non sans un certain appétit, après le carton contre l'Equateur. Nous devons garder les pieds sur terre, nous savons parfaitement où nous allons." Deux matches plus tard, l'Uruguay va en quarts de finale et a confirmé son statut de prétendant crédible au titre. L'ancien Napolitain y a grandement participé, avec ce fameux sens du sacrifice, loué notamment par le sélectionneur du Chili Reinaldo Rueda.

Edinson Cavani épanoui avec l'Uruguay, lors de la phase de poules de la Copa America 2019.

Edinson Cavani épanoui avec l'Uruguay, lors de la phase de poules de la Copa America 2019.Getty Images

Cette étiquette d'équipier modèle prêt à se sacrifier a accompagné toute la carrière du "Matador". Adulé par le bouillant public de San Paolo à Naples, il est véritablement devenu l'idole du Parc quand Zlatan Ibrahimovic, parti, lui a laissé l'axe de l'attaque. Même s'il a parfois souffert d'être "sacrifié", justement, au profit du Suédois puis du duo Neymar - Mbappé, Edinson Cavani est le plus souvent resté un joueur fiable sur le terrain. Et il s’est contenté d'affirmer, pour sa part avec une certaine transparence, qu'il voulait "aller au bout de [s]on contrat". Comprendre : passer une dernière année dans la capitale pour partir, libre, à l'été 2020. Reste à savoir si PSG peut vraiment aller contre cette volonté. Et s'il le doit.

Edinson Cavani, buteur et capitaine lors de PSG-Dijon (4-0), à l'occasion de l'avant-dernière journée de Ligue 1 2017-2018.

Edinson Cavani, buteur et capitaine lors de PSG-Dijon (4-0), à l'occasion de l'avant-dernière journée de Ligue 1 2017-2018.Getty Images

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