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L'aigle à tout faire
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Publié 28/04/2006 à 17:00 GMT+2
Si le PSG remporte la Coupe de France samedi face à l'Olympique de Marseille, il pourra, quoi qu'il se passe au Stade de France, ériger une statue à Pedro Pauleta. Véritable perle perdue dans un collier de plomb, le Portugais est indispensable. Sans son a
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Crédit: Eurosport
Si Pauleta n'existait pas, le PSG aurait vraiment tout intérêt à l'inventer. S'il n'existait pas, l'équipe parisienne serait surtout une équipe tellement ordinaire. Non qu'elle soit exceptionnelle avec son buteur portugais, loin s'en faut, mais sans lui, comment aurait tourné la saison du club de la capitale? On n'ose l'imaginer. Pauleta est un (très) grand joueur dans une équipe (très) moyenne. Si Paris peut encore espérer sauver les meubles samedi soir au Stade de France, il le doit à l'évidence en tout premier lieu à l'ancien Bordelais.
En ce sens, la demi-finale victorieuse à Nantes fut particulièrement révélatrice. Jusqu'à une heure du coup d'envoi, Pauleta, victime d'une contracture à la cuisse, n'était pas supposé disputer la rencontre. Finalement aligné, le Lusitanien s'en est tiré avec une passe décisive et surtout un but d'anthologie à quelques minutes de la fin. On ne saura jamais si le PSG aurait obtenu son billet pour Saint-Denis sans l'Aigle des Açores en pointe. Mais l'affaire aurait été beaucoup, beaucoup plus compliquée...
Un titre en trois ans
En Ligue 1, il a marqué quasiment autant de buts à lui seul que tous les autres membres de l'équipe réunis, 20 sur 41... "C'est vrai que je sens que je suis un joueur important pour l'équipe, mais le plus important, c'est que tous les joueurs marchent", dit-il simplement, refusant de tirer la couverture à lui. Pourtant, ce qu'il faut bien appeler une "Pauleta-dépendance", est plus criante encore en Coupe de France qu'en championnat. Le natif des Açores tourne à plus d'un but par match dans la compétition cette année (6 en 5 rencontres), dans la lignée de ce qu'il a accompli lors des précédentes éditions.
Depuis son arrivée dans la capitale, en 2003, Pauleta a inscrit 14 buts en 12 matches de Coupe de France. A Bordeaux, il était, déjà, d'une efficacité ahurissante, avec 12 buts en huit matches. Pas étonnant finalement, que ce soit le seul titre qu'il ait remporté avec le PSG... Lors de la finale 2004, face à Châteauroux, il avait signé l'unique but de la rencontre. Un bon souvenir, au milieu d'un océan de regrets. Si Pauleta a apporté à Paris tout ce dont le club attendait de lui, la réciproque est loin d'être évidente.
Il peut se permettre de parler
Forcément déçu, il a commencé à lâcher publiquement son sentiment profond cette saison. D'habitude si mesuré dans ses propos, il n'a pas hésité à confier que pour lui, "Paris n'était pas un grand club". Signe qu'il est devenu intouchable aux yeux du public parisien, pas un sifflet des supporteurs ne suivit cette peu respectueuse sortie, que personne d'autre n'aurait pu prononcer impunément. Mais Pauleta, irréprochable sur le terrain, contrairement à tant d'autres, peut tout se permettre, y compris d'énoncer certaines vérités.
Reprenant une dialectique plus consensuelle, le meilleur attaquant du championnat de France en appelle maintenant à la révolte collective. "Bien sûr, je sens que l'équipe a besoin de moi, mais moi aussi j'ai besoin d'eux, qu'ils me donnent de bons ballons, c'est pour ça que je marque des buts aussi", assure-t-il. Une lapalissade qui ne cache pas une autre vérité, plus évidente encore: Paris ne battra pas Marseille sans un grand Pauleta. En cas d'échec face au rival phocéen samedi soir, le seul titre parisien de la saison serait donc celui de... meilleur buteur de Ligue 1, promis à l'international portugais. Une forme de logique serait alors respectée. Un sacre individuel, reconnaissance de son seul talent, au milieu d'une désillusion collective. Mais Pauleta veut, et peut encore éviter un tel scenario.
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