Chapron voit rouge

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Lors de Toulouse-Lille (1-1, 7-6 tab), mardi, Tony Chapron s'est illustré en expulsant trois joueurs lors d'une rencontre plutôt correcte. Une avalanche de cartons (9 jaunes et 3 rouges) qui fait débat côté lillois et toulousain. D'autant que l'homme en noir n'en est pas à son premier fait d'armes.

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Crédit: Eurosport

Comme si le football français avait besoin de ça. Alors que l'élimination de Lyon en Ligue des Champions a mis en lumière les lacunes des clubs de l'Hexagone, l'arbitrage français, déjà pointé du doigt par son absence de représentants lors de l'Euro 2008, fait à nouveau de parler de lui. Terminé à 10 contre 9, le quart de finale de Coupe de France entre Toulouse et Lille n'est en effet pas passé inaperçu. Dans un climat pourtant relativement serein, Tony Chapron a dégainé à tout va et distribué neuf cartons jaunes mais surtout trois rouges. Notamment deux pour les Lillois Ludovic Obraniak (32e) et Yohan Cabaye (86e) en raison de propos injurieux à l'encontre de l'homme en noir.
Une version vivement contestée par Rudi Garcia. "Je connais mes garçons, je sais qu'ils n'ont pas tenu de propos injurieux envers l'arbitre, ça c'est clair. Pour moi, il s'agit d'un excès d'autorité de sa part, d'un manque de psychologie, regrette l'entraîneur sur le site du LOSC. Je connais de très bons arbitres qui se basent sur la prévention, la communication, et avec lesquels tout se passe très bien. Ce n'était pas le cas ce soir. Le match se termine à 9 contre 10, alors que sur le terrain, les joueurs ont toujours été très fair-play les uns envers les autres…" . "L'arbitre dit que Obraniak l'a insulté, ce que confirme Ludo. Sur mon expulsion, je viens lui demander pourquoi il siffle un truc pareil. Mais moi, je ne l'ai pas insulté. J'ai juste contesté" , raconte de son côté Cabaye.
"Un excès d'autorité"
A 10 contre 10 après une demi-heure de jeu, le match n'était plus le même. Difficile de dire que l'identité du qualifié en demi-finale aurait été différente. Mais il est également difficile de contester le fait que l'arbitre a changé le scénario de la rencontre. Preuve du malaise entourant de ces décisions, les critiques fusent également du côté du TFC. "Je n'ai pas envie de parler de l'arbitrage, mais peut être que les cartons ont été distribués rapidement. Le match aurait été sûrement plus plaisant à onze contre onze", déplore ainsi Alain Casanova, privé d'Alexandre Bonnet dès la 36e minute pour un tacle par derrière plus maladroit que dangereux. Drôle de compensation serait-on tenté de dire.
L'erreur est humaine. Le hic, c'est que Tony Chapron n'en est pas à son coup d'essai. L'arbitre international s'était déjà illustré en sifflant deux penalties désormais célèbres à l'encontre du Parisien Mario Yepes pour tirage de maillot face à Sochaux en 2006-2007 (3-2). La saison dernière, lors de Lorient-Caen, le Merlu Rafik Saïfi s'était plaint que M. Chapron lui avait demandé de "fermer (sa) gueule". Dans le même registre, son attitude lors de Nice-Monaco (0-0) avait surpris les joueurs. "C'est la première fois en douze ans de carrière que je vois ça. Il y a des mots qui m'ont choqué, agressé, gêné. L'arbitre nous a envoyés bouler plusieurs fois. Nous, on se fait taper sur les doigts quand on a des mots. Mais il faudrait du respect des deux côtés" , accusait François Modesto. Son arbitrage lors de Marseille-Lorient (2-3) avait également fait couler de l'encre. "Je suis abattu. Comment ne pas l'être après une prestation comme celle là" , s'était-il d'ailleurs excusé.
Un lourd passif
Récemment, Marc Batta, le patron des arbitres, avait pourtant délivré un message pour gérer des rencontres forcément "tendues" : "faire la différence entre contestation et frustration". Dans une interview accordée en 2008 au Dauphiné, où il soulignait le fait que "l'arbitre fait moins d'1 % d'erreur par match", Tony Chapron avait une vision différente des choses. "Les discussions tendues, ça a toujours existé. Le souci, c'est qu'aujourd'hui chaque arbitre a un micro, ce qui permet de critiquer tout ce qui se passe sur le terrain. On ne peut donc plus se permettre de parler et je peux vous dire qu'autrefois, les arbitres étaient bien plus sévères" , semblait-il regretter. Et aussi meilleurs ? Une chose est sûre, ce nouvel épisode ne réconciliera pas les arbitres avec le monde du football.
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