Le jeu : Le PSG, pas meilleur que les Verts

On s'attendait à une démonstration. Ce fut une vraie bataille et Paris, même à 11 contre 10 durant la grande majorité de la rencontre, a souffert comme personne ne l'imaginait sans doute. Pourquoi ? D'abord parce que les Verts sont entrés dans cette finale comme il le fallait : en remportant les duels, en gênant Paris au milieu de terrain. Parce que le PSG ne fut que l'ombre de la machine qui a écrasé le championnat jusqu'en mars.

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Les hommes de Tuchel, sans intensité et sans doute un peu courts physiquement, n'étaient clairement pas dans leur assiette. Même en supériorité, ils n'ont jamais trouvé d'espace et les Verts ont eu, le plus souvent, l'initiative du jeu. Les Stéphanois nourriront sans doute de grands regrets.

Paris a souffert, Neymar l'a libéré et Mbappé l'a inquiété: revivez le succès amer du PSG

Les joueurs : Un Neymar efficace, un Moulin omniprésent

Collectivement en difficulté, Paris n'a absolument pas brillé par ses individualités. Neymar n'a pas su créer de différences mais il a eu le geste juste sur sa seule réelle occasion. Le PSG s'est exposé parce qu'il n'a pas dégagé la sérénité que réclame sa marge de manœuvre sur la concurrence. Sans doute parce qu'Idrissa Gueye a raté son match tout comme un Marquinhos étonnamment fébrile. Heureusement pour Paris, Thiago Silva, rayonnant dans les duels, et Kaylor Navas, très sûr dans ses interventions, se sont montrés beaucoup plus inspirés.

A Saint-Etienne, les ailes de la défense ont souvent manqué de vivacité mais Jessy Moulin a assuré les arrières en multipliant les parades. Tranchant dans ses interventions, Wesley Fofana prouve match après match qu'il a tout d'un grand. Son compère dans l'axe, Loïc Perrin, a vécu un cauchemar pour, sans doute, son dernier match. Pris de vitesse par Kylian Mbappé, il a violemment séché l'attaquant parisien et laissé on équipe à 10. Il a aussi manqué, comme trop souvent aux Verts, un avant-centre digne de ce nom, capable de concrétiser leurs temps forts malgré un Denis Bouanga remuant mais en manque d'adresse.

Le débordement de Mbappé, l'opportunisme de Neymar : L'ouverture du score du PSG

Le facteur x : Et pourtant, les poteaux n'étaient pas carrés

5e minute de jeu, Saint-Etienne domine les débats. Denis Bouanga a une balle de but au bout du pied. Sa frappe heurte la base du poteau parisien et ressort. Les Verts ont laissé passer leur chance de concrétiser leur domination. Dix minutes plus tard, Neymar ouvrira la marque contre le cours du jeu. Cruel.

Avant d'être punie par Neymar, l'ASSE avait touché du bois par Bouanga

La stat : 13

En remportant sa 13e Coupe de France, le PSG relègue très loin la concurrence et possède trois trophées d'avance sur son plus proche concurrent, l'OM. Paris est plus que jamais tout seul dans sa galaxie.

La décla : Thiago Silva

C'était un match très difficile. On n'a pas très bien joué. C'est un sentiment de tristesse par rapport à Kylian, et de bonheur pour le titre. J'espère qu'il va se rétablir le plus vite possible parce que c'est un joueur indispensable pour nous

La question : Paris a-t-il fait le plein de confiance ?

Ce n'est pas insulter la Coupe de France de constater que cette finale était avant tout une préparation à la Ligue des champions pour Paris. Le constat découle simplement de l'écart réel ou supposé entre le PSG et son adversaire du soir. Dans cette optique, Paris n'a pas vécu une bonne soirée. D'abord d'un strict point de vue du jeu. A 11 contre 11, l'ASSE s'est montrée plus emballante que le champion de France. Et même en supériorité numérique, les stars parisiennes n'ont jamais eu d'emprise sur le match et ont tremblé jusqu'aux dernières secondes.

Mbappé séché et blessé, Perrin expulsé : le moment fort de la finale

L'étonnante fébrilité défensive et le nombre trop élevé d'occasions concédées n'ont pas dû rassurer Thomas Tuchel à moins de trois semaines du quart de finale de Ligue des champions face à l'impressionnante escouade offensive de l'Atalanta Bergame. Plus inquiétant encore, les blessés. D'abord, bien sûr, Kylian Mbappé. Grimaçant après la violente charge de Loïc Perrin, boitillant à la sortie du terrain et en béquilles sur le banc de touche, le champion du monde souffre de la cheville et il est désormais entré dans une course contre-la-montre.

Le format très ramassé du Final 8 ne lui donnera pas de seconde chance en cas de qualification pour le dernier carré. Angel Di Maria suspendu, Paris pourrait perdre la moitié de ses quatre Fantastiques pour le rendez-vous le plus important de sa saison. La blessure de Thilo Kehrer est tout aussi enquiquinante. En l'absence de Thomas Meunier, parti à Dortmund, Thomas Tuchel n'a plus qu'une option : le jeune Colin Dagba. Autant dire que si Paris a ajouté un trophée à sa collection, ce vendredi lui laissera un goût amer en bouche.

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