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Nassim Akrour (48 ans) se confie à Eurosport avant Chambéry-OL et évoque sa longévité dans le football
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Publié 20/01/2023 à 19:02 GMT+1
COUPE DE FRANCE - A 48 ans, Nassim Akrour continue de parcourir les terrains de N3 chaque week-end avec Chambéry. Ce samedi, ce sera un événement particulier puisque le club savoyard affronte l'OL au Groupama Stadium en 16es de finale de la Coupe de France. Avant ce match, l'ex-attaquant grenoblois (international algérien de 2001 à 2006), a expliqué, pour Eurosport, les raisons de sa longévité.
Nassim Akrour jouera contre l'OL en 16es de finale de Coupe de France. (Photo Chambéry Savoie Football).
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Nassim Akrour, est-ce que vous préparez le match Chambéry-Lyon (16e de finale de Coupe de France) comme le dernier frisson de votre carrière ou comme du bonus ?
Nassim Akrour. : C'est du bonus. Moi, quand je parle de carrière, c'est la carrière professionnelle. Je l'ai arrêtée en 2013 à Istres. Là, le fait de jouer l'Olympique Lyonnais, ça donne des frissons pour les jeunes. Pour moi, c'est que du bonheur et la cerise sur le gâteau.
Comment vous sentez-vous à l'idée de rejouer dans un très grand stade ?
N.A. : A l'époque où j'étais professionnel, Lyon jouait à Gerland. Je ne connais pas le Groupama Stadium. Ça va me faire plaisir de jouer devant de très nombreux spectateurs et avec des joueurs professionnels en face. Ça va me faire drôle aussi, mais je n'aurai aucune pression.
Vitorino Hilton et Benjamin Nivet ont respectivement arrêté en 2021 et 2019. Avez-vous l'impression d'être le dernier survivant d'un football d'un autre temps ?
N.A. : (Rires). Dernier survivant, je ne dirais pas ça. En continuant de jouer, ça permet de faire parler positivement des anciens joueurs et c'est flatteur.
Avez-vous déjà ressenti une lassitude physique ou morale ?
N.A. : Non, aujourd'hui je suis en amateur et ça n'a rien à voir avec le monde professionnel. Ce n'est que de l'amusement. J'ai eu la chance de tomber dans un club très familial avec de bonnes personnes au sein de la direction et dans le vestiaire. Il n'y a pas de lassitude physique, sinon j'aurais arrêté depuis longtemps. Si tu te sens encore bien, il faut continuer de prendre du plaisir sur le terrain. Et c'est ce qui se passe en ce moment pour moi. Sur le plan mental, il n'y a pas non plus de lassitude. L'an dernier, on a fini deuxième du championnat de N3 (ndlr : cette année, Chambéry est 5e).
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Est-ce que vous vous fixez une limite d'âge ?
N.A. : Non pas du tout, sinon ça ferait longtemps que j'aurais arrêté. C'est normal que les journalistes et les gens en parlent parce que c'est rare. Si je donne envie à des joueurs de continuer longtemps, tant mieux. Pour moi, ce n'est pas l'âge qui compte. Ce qui compte, c'est de savoir comment tu te sens dans ton corps et dans tes jambes, que tu aies 22 ans ou 30 ans. Certains joueurs arrêtent aux environs de 28 ans parce qu'ils n'en peuvent plus. Tant que tu prends du plaisir, il faut continuer. Moi, mon plaisir est encore total. Le football, c'est un jeu. A Chambéry, l'entraîneur (ndlr : Cédric Rullier) est mon ami et il avait besoin d'un coup de main. Je continue de m'amuser, je ne joue pas tous les matches. J'entre en jeu quand le coach a besoin de moi (ndlr : trois buts et une passe décisive en dix matchs cette saison, dont trois titularisations). J'aide les jeunes en transmettant mon expérience.
A la fin de sa carrière, Benjamin Nivet disait qu'il ne mangeait pas de sucre et qu'il multipliait les soins pour durer. Et vous, quel est votre secret ?
N.A. : Mon Benji, il a dit ça (rires). Quelle régalade avec lui... Il a raison en tout cas. Les gens pensent que les joueurs professionnels ont des restrictions. Mais l'essentiel est de connaître son corps et de savoir ce qui est bon pour lui. Manger beaucoup trop de sucre, c'est compliqué. Les coaches et les staffs médicaux te le disent aussi. C'est comme si on prend une Ferrari et qu'on met de l'huile de colza dans le moteur... Comme je le dis toujours, il faut manger avec modération. Mais ça m'arrive aussi parfois de faire des petits écarts. A un moment donné, les bonbons, je peux en manger un peu plus qu'avant (rires). Mais ça reste dans un cadre quand même, sinon je vais me blesser tous les jours. Après l'hygiène de vie, c'est aussi le sommeil et ton état d'esprit. C'est sûr qu'à mon âge, j'ai besoin de massages pour mieux récupérer. C'est primordial.
Avez-vous la sensation d'être vu comme un joueur particulier chaque week-end en National 3 ?
N.A. : Je ne pourrais pas dire oui ou non, mais je pense que les entraîneurs doivent en parler. Certains d'entre eux m'ont côtoyé quand ils étaient joueurs. Forcément, on retient plus facilement le nom d'un joueur qui a évolué au plus haut niveau. Après, il y a du respect sur le terrain, comme moi je respecte tous les joueurs qui évoluent avec et contre moi.
On dit souvent que les joueurs redescendent sur le terrain avec les années. Comment expliquez-vous votre longévité au poste d'attaquant ?
N.A. : Parce que, comme on dit dans le jargon, j'ai encore la caisse pour courir longtemps. Puis il y a l'attirance pour le but adverse. Ça ne changera pas. J'ai toujours adoré le poste d'attaquant et je l'aime toujours.
Comment ça se passe pour se fondre dans un vestiaire composé de joueurs qui ont 20 ans de moins que vous ?
N.A. : Cela dépend du caractère de la personne. Moi, je m'adapte à tout le monde. Je prends du plaisir avec les jeunes et les moins jeunes, je rigole. Franchement, tout se passe bien. Au début, les jeunes me posaient des questions comme : 'ça fait quoi de jouer dans tel stade ?'. Certains étaient venus me voir quand j'évoluais à Grenoble ou Istres.
Quels types de discussions avez-vous avec les jeunes joueurs du vestiaire ?
N.A. : Je trouve que les jeunes sont très ouverts, on peut même discuter de politique quelques minutes. On parle beaucoup des moments clés d'un match, de tel ou tel joueur, du haut niveau. Dans le vestiaire de Chambéry, on parle de tout. On rigole, on se chambre. C'est ça la vie d'un vestiaire en fait.
Comment le jeu a-t-il évolué lors des vingt dernières années en France ?
N.A. : Le football va plus vite aujourd'hui. Mais je trouve qu'il y avait plus de qualités techniques et d'intelligence de jeu à l'époque. Attention, les joueurs allaient vite aussi, mais je pense que le niveau était plus élevé avant que maintenant. C'est mon ressenti et sans dénigrer qui que ce soit. Cela s'explique car les joueurs partent plus vite et plus jeunes à l'étranger. La formation française est l'une des meilleures d'Europe. Quand on regarde les joueurs de l'équipe de France, ils sont pratiquement tous à l'étranger. Si Paris n'avait pas QSI, Kylian Mbappé ne jouerait plus en Ligue 1 aujourd'hui. Les prix aussi ont explosé et les clubs veulent faire des profits. Pour un joueur qui valait à peine un million d'euros il y a vingt ans, les clubs anglais sont capables de faire des offres à 20 millions aujourd'hui.
Quels sont vos meilleurs souvenirs de votre passage chez les professionnels (2001-2013) ?
N.A. : Il y en a plein : la montée avec Grenoble en L1 en 2008, mes buts à Paris, mes années avec Istres marquées par la montée en L2 en 2001. Ces moments chez les professionnels ont été magnifiques, même s'il y a eu des hauts et des bas. A Grenoble, on avait un groupe exceptionnel. Chez les coaches, j'ai été marqué par Mecha Bazdarevic, José Pasqualetti, Yvon Pouliquen, Philippe Hinschberger ou Arnaud Dos Santos. Du côté des joueurs, j'ai passé de très bons moments avec Benjamin Nivet, Grégory Wimbée, Milivoje Vitakic, Walid Regragui, Gaël Sanz, Gharib Amzine. Après, c'est compliqué de tous les citer.
A Grenoble, vous avez aussi évolué avec Olivier Giroud...
N.A. : Oui, il avait 18 ans à l'époque. C'était un jeune garçon ambitieux. Il s'entraînait avec nous quand on était en Ligue 2. Il faisait des bouts de matches. C'était un gentil garçon avec un bon état d'esprit qui avait envie de travailler et de progresser. Il est tombé dans un groupe excellent à Grenoble. Lui-même le dira. Après, il y avait quatre attaquants devant lui à l'époque. Depuis, il a fait son petit bout de chemin.
Quand vous raccrocherez les crampons, avez-vous une idée de ce que vous souhaiteriez faire ?
N.A. : Franchement, je n'ai pas d'idée. J'espère que je travaillerai dans le football. En ce moment, je suis avec l'entraîneur et un éducateur de Chambéry, on travaille avec les U17 et U18. Tout se passe bien. Mais voilà, je continue car je prends du plaisir jour après jour.
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