Leclercq et tout s'éclaire

Leclercq et tout s'éclaire
Par Eurosport

Le 28/02/2008 à 15:00Mis à jour

Des profondeurs du classement au Stade de France, Lens a de nouveau le sourire. Et il le doit en partie à l'arrivée de Daniel Leclercq. Associé à Jean-Pierre Papin, le Druide a apporté sa potion magique : un discours fort et une philosophie de jeu offensi

Les Ch'tis sont de nouveau à la mode. Après avoir envahi les écrans de cinéma, ils débarqueront nombreux au Stade de France le 29 mars prochain pour assister à la finale de la Coupe de la Ligue. Un rayon de soleil quasi-inespéré pour un Racing Club de Lens moribond en championnat (17e). Mais un match épique au Mans (5-4, a.p.) lui a permis de retrouver un parfum auquel il n'avait plus goûté depuis 1999. Cette année là, les Artésiens avaient soulevé le trophée après s'être défaits de Metz (1-0). Cette année là, Daniel Leclercq était déjà sur le banc. Un simple clin d'oeil ? Pas vraiment. Si l'épisode manceau a une nouvelle fois souligné la réussite du mercato hivernal (Belhadj et Rémy en tête), personne ne cache que l'arrivée du "Druide", le 9 janvier, et son tandem avec Jean-Pierre Papin ont changé la donne dans le Nord.

En sept semaines, son bilan, à défaut d'être exceptionnel, a redonné des couleurs aux Sang et Or : trois victoires, deux nuls et edeux défaites (dont une invincibilité préservée durant cinq matches) en championnat auxquels il faut désormais ajouter une qualification en finale de la Coupe de la Ligue. Au passage, Lens a égratigné quelques têtes d'affiche, comme Lyon (3-0) ou Nancy (3-0). Alors quelle est la potion magique du Druide ? C'est d'abord un discours neuf et positif qu'il est parvenu à transmettre aux joueurs. "Je suis quelqu'un de loyal et d'honnête. Je peux comprendre que, parfois, tout n'est pas facile pour les joueurs. Mais la passion, c'est primordial. Sans ça, on n'est plus heureux" , expliquait-il lui-même il y a quelques temps.

"La passion, c'est primordial"

Le poids des mots. Ce serait ça le secret pour regonfler le moral et redonner confiance à un groupe qui flirte avec la zone de relégation depuis le début de saison. Depuis son retour, Leclercq parle beaucoup aux joueurs. Et il n'hésite pas à faire passer des messages, comme le jour où il assiste à l'entraînement vêtu d'un t-shirt sur lequel on pouvait lire : "Le succès n'est pas le résultat de la chance". Et ça marche. "Notre duo, avec Daniel, marche bien. Tout est bien huilé. Le discours de Daniel est probablement plus fort car il se nourrit d'une plus grande expérience. Mais tout le monde s'y retrouve", reconnaît d'ailleurs JPP, qui a su s'entourer d'un homme d'expérience comme a pu le faire Laurent Blanc avec Jean-Louis Gasset. Car une grande carrière ne suffit pas toujours.

Un titre de champion de France 1998 et une Coupe de la Ligue en 1999 confèrent visiblement une autre autorité. "Daniel Leclercq n'hésite pas à taper du poing sur la table si cela est nécessaire. Ses messages passent bien auprès du groupe. C'est un personnage du football français. Tout le monde le vouvoie. Quand on voit son palmarès...", raconte Fabien Laurenti. Rigoureux et singulier, le nouveau directeur technique a donc su mieux faire passer son message. "Il porte un autre regard sur le football que celui que l'on connaît. Je trouve que cela se rapproche d'ailleurs des idées de Roland Courbis que j'ai côtoyé à Ajaccio" , explique encore le capitaine Yohan Demont.

Un philosophie offensive

Mais ses valeurs se traduisent également sur le terrain. Demont résume : "Avec lui, il faut posséder cette mentalité de se bouger pour aider ses partenaires sans calculer ses efforts. De ce fait, nous formons de nouveau un bloc et dans ces conditions, nous pouvons de nouveau exploiter toutes nos qualités". Car, pour Daniel Leclercq, il n'y aura de salut que par le jeu. Comme il l'avait fait en 1998 ou pour faire remonter Valenciennes du National en Ligue 2 en 2005, il a demandé aux Lensois de retrouver le plaisir de jouer et d'aller de l'avant. Résultat de cette philosophie résolument offensive : trois buts face à Lyon, deux buts à Valenciennes, quatre à Caen, un à Nancy et cinq au Mans. En panne, l'attaque carbure désormais à plein régime, même à l'extérieur.

Pourtant, pas question de prendre un jour le fauteuil de Jean-Pierre Papin. Daniel Leclercq préfère travailler dans l'ombre. "Je viens ici sans ambition démesurée, sans ambition cachée. Gervais Martel m'a nommé directeur technique. Ça veut dire quoi ? Que je dirige. Que je suis responsable du bon fonctionnement, du recrutement, de la mise en place technique… Mais dans mon esprit c'est clair : Jean-Pierre doit être le prochain entraîneur du Racing Club de Lens", aime-t-il répéter. En attendant, et si le RCL n'est toujours pas sauvé en championnat, on ne l'empêchera pas de rêver soulever un deuxième trophée au Stade de France : "Il n'y a pas de limite. Il faut rêver. Quand on ne rêve pas, on n'a pas d'objectifs. Et manquer d'ambitions ne m'intéresse pas".

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