C’est une finale mal placée. C’est une finale décriée, la dernière d’une compétition si critiquée. C’est une finale au rabais, avec un PSG déjà tourné vers son obsession C1. Mais c’est une finale quand même. Et l’OL aurait tort de ne pas la considérer comme telle. Il ne faut jamais faire la fine bouche quand on a été mis à la diète.

  • 2001 - 2012 : 17 trophées amassés (oui, on a même compté les Trophées des champions).
  • 2012 - 2020 : 0 titre
Coupe de la Ligue
PSG, vivre ou mourir sans Mbappé : Que feriez-vous à la place de Tuchel ?
30/07/2020 À 08:11

Voilà comment résumer assez sommairement le régime de l’OL depuis le début du siècle. Une orgie nationale pour commencer le siècle, une grève de la faim imposée par plus fort que soi depuis. Pour le roi de la savane, ça la fout mal. De son dernier titre majeur, cette Coupe de France remportée contre Quevilly, il ne reste plus grand-chose, évidemment. Seul Gérard Baticle, l’éternel adjoint, est encore là.

En 2012, l'OL remportait son dernier trophée avec un certain Bruno Genesio en adjoint de Rémi Garde

Crédit: AFP

L’Europe comme priorité, les trophées pour se sauver

En huit ans, il s’en est passé des choses. Paris, son adversaire du jour, s’est amusé à martyriser l'Hexagone dans toutes les compétitions possibles. Les miettes restantes, l’OL n’a jamais su les récupérer, à la différence de Bordeaux, Guingamp, Rennes, Saint-Etienne ou Strasbourg. La "Formule 1" lyonnaise, pour reprendre un terme de Jean-Michel Aulas au cours de sa décennie gagnante, est devenue un break de famille. Trajectoire rassurante, puissance nécessaire, objectif atteint mais le panache en moins.

Car, à cette absence de trophées, le boss lyonnais aurait beau jeu de ne pas ressortir sa symphonie habituelle : depuis 1996-1997, l’OL a toujours participé à une Coupe d’Europe. Si l’on regarde les comptes du club, un podium en fin de saison rapporte beaucoup plus qu’une victoire en coupe nationale. Si l'on regarde l’armoire à trophées, en revanche, cela reste désespérément vide.

L’avantage de cette finale est que les Gones n’auront pas à choisir : une victoire et c’est tout l’horizon lyonnais qui s’éclaircirait. Un palmarès dépoussiéré, une nouvelle qualification européenne et l’impression que Lyon renoue avec une forme de tradition et d’habitude oubliée. Une nouvelle attractivité surtout, quand on sait de nombreux joueurs ont conditionné leur mercato personnel en fonction du résultat de vendredi.

Finale - L'Olympique Lyonnais vise plus qu'un simple titre

Pour Rudi Garcia, la priorité se situe d’ailleurs presque là : "C'est une formidable opportunité de remporter un trophée, ça fait trop longtemps que l'OL n'a pas remporté de trophée, a exposé l’entraîneur lyonnais. Il faut croquer à pleines dents dans cette opportunité et ramener le trophée à Lyon. Il n'y a que ça qui nous anime. On n'a pas toujours l'occasion de remporter un trophée, c'est magnifique, même si on sait que nous sommes les outsiders face au Paris SG, une équipe supérieure à la nôtre".

Gagner, c’est aussi redémarrer

Mais sur le moyen-terme, c’est aussi redémarrer quelque chose de nouveau. Déjà. Un an après l’arrivée de Juninho, neuf mois après celle de Garcia, l’OL peut sortir avec mention d’une saison chaotique, avec un trophée sous le bras et un ticket européen qui viendrait sauver quelque peu la face.

Mais il ne faut jamais sous-estimer l’importance d’un titre. Demandez aux Gones de 2001 comment cette Coupe de la Ligue avait lancé l’une des dynasties les plus puissantes de l’histoire du foot français. Autour d’un Bruno Guimaraes amené à devenir le pion central d’un nouvel OL, les hommes de Rudi Garcia jouent deux saisons sur un match. Celle qui s'achève et celle qui débute. C’est une finale mal-aimée. Mais c’est une finale quand même. Et ça change tout pour Lyon.

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