Coupe du monde des clubs – Avec l'émergence de Gonzalo et la nouvelle politique de Xabi Alonso au Real Madrid, Kylian Mbappé devra s'adapter

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Il n'y a pas encore le feu, mais Kylian Mbappé est prévenu. Il aura un concurrent de choix pour le poste de numéro neuf la saison prochaine au Real en la personne de Gonzalo. Le jeune attaquant (21 ans), éblouissant depuis le début de la Coupe du monde des clubs, oblige le Français à impérativement s'adapter aux consignes de Xabi Alonso, sous peine de voir son statut menacé à moyen terme.

"Je suis plus optimiste pour l'avenir de l'OL que pour celui de Textor"

Video credit: Eurosport

Dans le football, échantillon rare de la vie qu'il exprime sous une forme condensée, tout va très vite, parfois trop. Kylian Mbappé le sait bien, lui la comète propulsée en deux temps, trois mouvements aux confins d'une galaxie où peu d'étoiles se côtoient. À l'échelle d'un été, le Français est passé d'être le dernier rai de lumière au milieu d'une saison ratée (Pichichi de Liga et soulier d'or européen avec 31 buts en championnat) à spectateur involontaire de la refonte excitante d'un effectif usé par les méthodes de Carlo Ancelotti.
Celles du nouvel entraîneur en place, Xabi Alonso, doivent bouger les lignes d'un groupe régi depuis quelques années par un immobilisme et une gestion des statuts devenus litanies d'un club sans titre majeur cette saison (en attendant le résultat en Coupe du monde des clubs). Avec l'ex-milieu de la Roja, les courses devront cimenter un collectif plus flexible, plus versatile. L'ancien technicien de Leverkusen est également attaché à disposer certains profils à des postes clés.
C'est en ce sens qu'Arda Güler a hérité de la confiance du nouvel héraut madrilène, et enchaîne les titularisations. Pour Kylian Mbappé, durement touché par un virus, le discours a commencé à infuser mais sans doute avec moins de profondeur que chez ses coéquipiers. Notamment celui qui est en train de devenir son remplaçant naturel. Pas vraiment attendu, le transfuge de la Castilla (l'équipe réserve du Real Madrid) Gonzalo Garcia a croqué avec appétit la moindre minute accordée.

L'avertissement : Xabi Alonso a trouvé son "Raul"

Avec trois buts et une passe décisive en quatre rencontres de la Coupe du monde des clubs, l'international espagnol U19 a tapé dans l'œil de tous les observateurs, y compris le plus avisé d'entre eux. "Il me rappelle Raul", s'était enthousiasmé Xabi Alonso après le dernier match de poules contre le Red Bull Salzbourg. La comparaison est osée mais elle fait sens dans la symétrie des qualités qui ont permis à l'emblématique numéro 7 des Merengue d'empiler 16 saisons de rang dans l'attaque de la Casa Blanca.
"Il est toujours au bon endroit, toujours prêt à saisir sa chance, avec une grande éthique de travail pour l'équipe. Jusqu'à présent il s'en sort très bien et je suis très content pour lui." Les notes d'emphase semées par Xabi Alonso ne sont pas là pour enluminer de simples compliments. Au contraire, l'Espagnol sait qu'il tient en Gonzalo le profil idoine en pointe pour le style qu'il souhaite implanter durablement dans "son" Real.

Des efforts et une fâcheuse habitude

Mbappé l'a bien compris, enfin en partie. De retour sur les terrains après une gastro-entérite aiguë, le capitaine des Bleus a écumé pour la première fois le pré lors de cette Coupe du monde des clubs. Une entrée en jeu saluée vindicativement par les supporters madrilènes, excités dès le prélude de l'échauffement du numéro neuf madrilène. Dès les premiers instants, Mbappé a affiché une envie intéressante, accumulant les courses horizontales pour couvrir les lignes de passes et densifier le bloc en phase sans ballon.
Le cuir dans les pieds, le Bondynois a souvent privilégié l'option collective, cherchant à l'envi un coéquipier dans la surface lorsque le Français se retrouvait excentré. Un mal pour un bien pourrait penser Xabi Alonso. Car le Français n'a pas corrigé cette inlassable manie de vouloir le ballon dans les pieds, quitte à redescendre à hauteur des milieux. Une entreprise qui laisse l'axe vide et peu de solutions pour les pourvoyeurs d'offrandes, dans l'attente d'un appel dans la profondeur de leur attaquant. Mbappé a également semblé en délicatesse dans le jeu en petits espaces, perdant plusieurs fois le ballon au milieu des Bianconeri.
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Mbappé

Crédit: Getty Images

Une tare technique qui s'estompera peut-être une fois trouvé le rythme mais, là où le bât blesse - la question de son positionnement et de ses déplacements -, l'accumulation des matches ne suffira pas à livrer la panacée. Mbappé en est conscient, Xabi Alonso a trouvé le profil idéal avec Gonzalo, dont il ne cesse de chanter les louanges, comme un message implicite envoyé à sa star.
Le meilleur buteur du club cette saison devra s'adapter, corriger ces habitudes d'un joueur avant tout guidé par ses envies, ses sensations. Il n'est pas trop tard pour opérer la mue, alors qu'un quart de finale contre Dortmund l'attend samedi (22h). Mais attention, si la marge sur son remplaçant reste conséquente, la fièvre de Gonzalo et la logique anti-statut de Xabi Alonso pourraient convoquer à un moment le danger pour le Français. Cette fois, Mbappé n'a plus le choix.
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