Coupe du monde des clubs I Lautaro Martinez, Hakan Calhanoglu, Marcus Thuram... À l'Inter, le chaos continue
Eurosport sur GoogleRien ne va plus à l'Inter Milan. Plus d'un mois après sa finale de Ligue des champions perdue face au PSG (5-0), et éliminé du Mondial des Clubs en huitième de finale par Fluminense (2-0), le club lombard doit désormais composer avec de vives tensions au sein de son vestiaire. Tout est parti des déclarations de Lautaro Martinez, qui s'en est vivement pris à son coéquipier Hakan Calhanoglu.
"Je suis plus optimiste pour l'avenir de l'OL que pour celui de Textor"
Video credit: Eurosport
Il y a des défaites qui font plus mal que d'autres. Que ce soit pour l'enjeu, le score ou le simple orgueil. Mais aussi pour tout ce qu'elles engendrent, parfois, sans que personne ne le soupçonne alors. Si tout le monde se doutait que l'humiliation subie en finale de la Ligue des champions par le PSG (5-0) ne ferait pas vraiment du bien à l'Inter Milan, personne n'aurait pu imaginer tout ce qu'elle allait provoquer. Du départ de l'entraîneur Simone Inzaghi, prenant de court sa direction. Puis avec une piteuse élimination en huitième de finale du Mondial des clubs face au club brésilien de Fluminense (2-0) un mois après la déconvenue de Munich. Et comme si cela ne suffisait pas, le vestiaire milanais a fini par officiellement imploser après les propos du capitaine Lautaro Martinez, mécontent de la manière de se comporter de certains joueurs.
"Il faut vouloir être ici, nous nous battons pour certains objectifs. Ceux qui veulent rester, restent, ceux qui ne le veulent pas peuvent partir, au revoir. J'ai vu des choses qui ne m'ont pas plu", déclarait l'Argentin à l'issue de l'élimination des siens. "À qui fais-je référence ? À tout le monde en général. On ne fait pas les choses tout seul, je suis le premier responsable en tant que capitaine. Je demande pardon à nos supporters, parce que c'est une autre défaite qui fait très mal", regrettait le champion du monde 2022, bien conscient que l'Inter a terminé sa saison 2024-25 sans le moindre trophée et dont les grandes ambitions se sont transformées en énormes frustrations. De quoi provoquer des turbulences plus vraiment habituelles à l'Inter ces dernières années.
Si "Lauti" s'était refusé à donner des noms, son président Giuseppe Marotta, lui, n'avait pas hésité à en faire un quelques minutes plus tard. "J'interprète les propos du capitaine de manière positive. C'est un concept important : lorsqu'un joueur ne veut plus faire partie d'une équipe, il est normal qu'il parte, lâchait-il. Le message de Lautaro aux joueurs qui ne veulent pas rester ? Il n'a rien dit... mais je le dirai. C'était pour Hakan Calhanoglu. La situation sera bientôt définie. Il n'a pas exprimé son intention de partir mais on va parler avec lui. Si les conditions sont réunies pour qu'on se sépare : on le fera sans problème."
Le "like" de Thuram
Depuis plusieurs jours, la rumeur d'un possible départ de l'international turc fait en effet beaucoup de bruit en Italie. Presque quotidiennement, la presse transalpine écrit sur une éventuelle arrivée à Galatasaray, qui pousserait en coulisses pour le ramener au pays. Visiblement, cela n'a pas plu à Lautaro Martinez, qui vu son coéquipier abandonner le groupe aux États-Unis après une nouvelle blessure, l'énième cette saison.
"Il n'y a rien d'autre. Rien en coulisses, nous avons perdu et cela fait mal. Je l'ai vécu avec tristesse, non seulement en tant que footballeur, mais en tant que personne qui se soucie vraiment de cette équipe", rétorquait Calhanoglu, à l'Inter depuis 2021, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux. Il regrettait ensuite "les mots durs" de son capitaine, "des mots qui divisent et n'unissent pas". "Durant toute ma carrière, je n'ai jamais cherché d'excuses (...) le respect ne peut pas être à sens unique, poursuivait l'international turc. Et je crois que dans le football, comme dans la vie, la vraie force réside dans le fait de savoir se respecter, surtout dans les moments les plus délicats. Je n'ai jamais trahi ce maillot. Je n'ai jamais dit que je n'étais pas heureux à l'Inter (...) Nous verrons bien ce que l'avenir nous réserve. Mais l'histoire se souvient toujours de ceux qui sont restés debout, pas de ceux qui ont crié le plus fort." Ambiance...
Dans cette lutte interne et balancée sur la place publique, Marcus Thuram, lui, a visiblement décidé de prendre position en faveur de son coéquipier turc plutôt que son compère d'attaque en lâchant un "like" à la publication de Calhanoglu. Comme pour approuver tous ses dires. La femme de Simone Inzaghi, elle, décidait de faire de même, histoire de rajouter un peu d'huile sur le feu.
"Lautaro ou Calhanoglu, l'Inter est en pleine rupture. Après le départ de Simone Inzaghi, le liant qui tenait ensemble le vestiaire a manqué et les mécontents sont nombreux comme Dumfries, Bisseck et Frattesi. Au final, Lautaro pourrait avoir fait une passe décisive à Marotta pour se séparer de ceux qui veulent partir", écrivait le quotidien La Repubblica mercredi. "Calhanoglu et Thuram contre Lautaro Martinez", titrait de son côté La Gazzetta dello Sport, parlant d'une équipe "en pleine rupture" et d'un départ "certain" pour l'international turc.
Réunion d'urgence
Face à cette crise de vestiaire, l'Inter a tenté de réagir avant le départ en vacances de ses joueurs. Nouveau technicien des Nerazzurri, Cristian Chivu a décidé d'organiser une réunion d'urgence aux États-Unis pour ramener le calme et la sérénité dans ses troupes. Une mission pas vraiment évidente, surtout en l'absence de l'un des principaux protagonistes : Hakan Calhanoglu. Et pas vraiment dupes, certains coéquipiers de Lautaro Martinez se sont sentis visés par ses propos. "La révolte sur les réseaux sociaux contre la Lautarocratie", balançait carrément la Repubblica, rapportant d'un Denzel Dumfries lui aussi mécontent de la sortie de son capitaine. Les sénateurs du groupe ont pu s'exprimer durant cette réunion improvisée, tentant de trouver un compromis pour avancer ensemble et dans l'espoir que les vacances fassent du bien à toutes les têtes après une saison très éprouvante.
Du côté de Calhanoglu, la fin de l'histoire semble s'écrire après quatre ans. Et pas vraiment de la meilleure des manières. Comme lors de sa précédente aventure à l'AC Milan, ou encore un peu plus tôt dans sa carrière à Hambourg. Mais si Galatasaray veut le recruter, il faudra sortir le chéquier, puisque l'Inter réclamerait une quarantaine de millions d'euros pour s'en séparer. Une somme jugée excessive par le club turc et le joueur lui-même, qui aimerait un geste de ses dirigeants pour le laisser partir. Pas certain qu'il l'obtienne au vu de la situation actuelle.
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