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Le plaisir de souffrir

Le plaisir de souffrir

Le 13/06/2019 à 17:25Mis à jour Le 17/06/2019 à 23:27

COUPE DU MONDE - Après leur show inaugural face à la Corée (4-0), les Bleues ont connu un deuxième match loin d’être un long fleuve tranquille face à la Norvège mercredi (2-1). Avec du caractère et la capacité de se dépasser contre les coups du sort. Le genre de match qui peut faire naître une équipe qui prétend aux cimes mondiales.

Le chemin vers les sommets n’est jamais une autoroute. Sinueux à souhait, il s’amuse plutôt à guider les prétendants vers des cols étroits où seuls les plus agiles finissent par s’en sortir indemnes. Il met aussi parfois au défi. Face à un tel gouffre, comment ne pas avoir le vertige ? Demandez aux Bleus de Didier Deschamps ce qu’ils ont vécu à Kazan avant la frappe de "bâtard" de Benjamin Pavard.

La peur du vide est paradoxale : elle peut paralyser ou sublimer. Pour finalement rapprocher. Ce n’était pas un huitième de finale de Coupe du monde mercredi à l’Allianz Riviera. Mais la sensation était similaire. Car pour venir à bout d’une équipe norvégienne coriace, la troupe de Corinne Diacre a aussi dû lutter contre les éléments pour s’en sortir avec brio. Et c’est peut-être le plus gros enseignement de ce combat sudiste : dos au mur, les Bleues ont répondu présentes.

Vidéo - Le coup de bluff de Diacre a fini par porter ses fruits

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De la facilité coréenne à la rugosité norvégienne

On avait eu peur pour elles dès leur match d’ouverture. Car pour débuter, après deux ans de matches amicaux, la plongée dans le grand bain à domicile face à la 14e nation mondiale avait tout pour se terminer en noyade. Ce fut finalement un ballet synchronisé, une victoire facile (4-0) et l’impression que la pression glissait sur ces Bleues.

Une victoire en faux-semblant aussi à les écouter. "La Corée ne fait pas la Coupe du monde qu’on attendait, a admis Elise Bussaglia en zone mixte mercredi après la victoire face à la Norvège (2-1). C’est une équipe qu’il ne faut pas prendre à la légère mais on savait qu’on aurait plus d’adversité face à la Norvège". Son de cloche similaire chez Gaëtane Thiney, peut-être la meilleure Française dans l’analyse à chaud du match : "Sans manquer de respect à la Corée, la Norvège était d’un autre niveau. Il y avait beaucoup d’intensité et ce dès les premières minutes".

Le style fluide et spectaculaire du récital coréen a laissé place à un match de guerrière avec des duels âpres et où chaque avancée dans le camp adverse a relevé d’une petite victoire tactique. Oui, les Bleues ont globalement dominé ce match. Mais le défi proposé par les Norvégiennes était autrement plus relevé avec, en plus, cette capacité à se projeter en contre chez la 12e nation mondiale. Alors, les Tricolores ont sorti le bleu de chauffe et ont mis les mains dans le cambouis.

Souffrance et délivrance collective

"Quand on se procure des occasions et qu’on ne marque pas, on peut se sentir bloqué ou frustré mais ça n’a pas été le cas", a d’abord souligné Marion Torrent, guerrière en chef. Le grand mérite de ces Bleues est double : n’avoir jamais renoncer et avoir su se ressaisir instantanément après ce terrible coup du sort et ce csc improbable de Wendie Renard.

Vidéo - Pourquoi le csc gag de Renard a révélé une autre facette de cette équipe de France

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"Après l’égalisation on n’a pas mis la tête dans le sceau pour continuer à attaquer et mettre ce dernier but, s’est félicité Thiney. Je pense qu’on a eu la bonne réaction". Pour la bonne délivrance. Car à toutes les écouter en zone mixte mercredi, on sentait qu’un tel défi leur avait donné envie de plus. Oui, elles ont souffert. Mais elles ont aimé.

"Nous, on a pris du plaisir, ensemble, dans la difficulté et c’est très bien, a encore souligné la meneuse de jeu des Bleues, du haut de ses 158 capes. Il nous faut des matches où il y a autant d’intensité, autant de rythme et ça va monter au fur et à mesure". "Ça permet d’étoffer notre palette, c’était deux aspects aujourd’hui : athlétique et mental, a complété Torrent. C’était important de répondre présent".

Eugénie Le Sommer et ses 76 buts en ont aussi vu d’autres. Mais elle aussi a tenu à souligner l’aspect primordial de cette victoire : "On est aussi contente d’avoir gagné dans la difficulté, il faut passer par là, il faut se servir de ces matches-là pour emmagasiner de l’expérience, a-t-elle expliqué. Ça fait partie du chemin pour gagner la compétition". Un chemin escarpé dont il faut savoir éviter les pièges. En voilà un premier de passé sans encombre. Avec plaisir et caractère.

Vidéo - Le coup de bluff de Diacre a fini par porter ses fruits

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