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Coupe du monde féminine

Rapinoe, la "grande gueule" des Etats-Unis

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Megan Rapinoe

Crédit: Getty Images

ParAFP
10/06/2019 à 21:21 | Mis à jour 10/06/2019 à 21:22

COUPE DU MONDE FEMININE - Megan Rapinoe est l'une des piliers de la sélection américaine. En dehors du terrain, la milieu de terrain est également une femme engagée.

Megan Rapinoe n'a peur de rien ni de personne : sur les terrains de football et en dehors, la milieu offensive des championnes du monde américaines donne de la voix pour diriger ses coéquipières et pour faire changer les choses.

Sa mère, Denise, lui reproche parfois ses engagements, par peur qu'ils la pénalisent dans sa carrière ou dans sa vie. "Elle me dit souvent: 'Pourquoi faut-il toujours que ce soit toi en première ligne ?' J'ai une 'grande gueule' et je vis très bien avec", explique Rapinoe à l'AFP, tout sourire. La joueuse de Seattle, sélectionnée à 153 reprises sous le maillot de Team USA (44 buts), est de tous les combats. C'est elle qui est à l'instigation de la procédure en justice lancée contre la Fédération américaine pour obtenir l'égalité des salaires hommes/femmes et mettre fin aux discriminations.

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Megan Rapinoe #15 of the USA celebrates after scoring a goal against the Korea Republic at the Mercedes-Benz Superdome on October 19, 2017 in New Orleans, Louisiana.

Crédit: Getty Images

C'est aussi elle qui a fait son coming out juste avant les Jeux olympiques 2012 de Londres et qui milite activement pour les droits de la communauté LGBT. C'est encore elle qui a rejoint le mouvement de boycott de l'hymne américain lancé par le joueur de football américain Colin Kaepernick en 2016 pour protester contre les violences policières visant les Noirs.

"Une remise à plat"

"Je sais que cela peut me coûter cher, au propre comme au figuré, mais je me vois comme un porte-voix et c'est un rôle que j'assume complétement", insiste-elle. "Faire changer les choses petit à petit n'est pas suffisant. Je voudrais un changement de paradigme, une remise à plat", poursuit la championne olympique 2012 et championne du monde 2015.

Quand elle a posé un genou à terre durant l'hymne américain à l'automne 2016 avant des matchs de son club et de la sélection américaine, Rapinoe s'est fait beaucoup d'ennemis. Les électeurs de Donald Trump s'en sont pris à elle sur les réseaux sociaux, elle a été conspuée sur certains stades et son geste est particulièrement mal passé au sein de la Fédération américaine.

Megan Rapinoe #15 of the United States plays against New Zealand at Dick's Sporting Goods Park on September 15, 2017 in Commerce City, Colorado.

Crédit: Getty Images

Elle a même perdu sa place en équipe des Etats-Unis pendant plusieurs mois. Officiellement, en raison de sa méforme après son opération d'un genou à la suite des JO-2016 de Rio. Mais depuis, "Pinoe", son surnom, est redevenue incontournable et a même gagné ses galons de co-capitaine. "Je vois en elle une joueuse qui a de l'influence sur ses coéquipières, pour ce qu'elle fait en dehors, par sa personnalité et son humour, mais aussi par son exigence", résume la sélectionneure Jill Ellis.

Pas de courbettes devant Trump

A 33 ans, Rapinoe, qui partage la vie de l'ancienne star du basket Sue Bird, dispute sans doute sa dernière phase finale de Coupe du monde et entend en profiter au maximum. Le temps du Mondial-2019, elle mettra ses engagements au second plan.

A moins qu'on évoque Donald Trump et une possible visite de la Maison Blanche en cas de titre le 7 juillet prochain. "Je n'irai pas, je ne vais pas faire des courbettes devant le président qui, clairement, est contre tout ce en quoi je crois", a-t-elle confié au magazine Sports Illustrated qui lui a consacré sa Une et l'a inclus dans son sulfureux supplément annuel sur les maillots de bains.

Megan Rapinoe

Crédit: Getty Images

Rapinoe, passée par la France et l'Olympique lyonnais (2013-14), ne se fait pas d'illusions: même si le Mondial-2019 pourrait marquer un tournant, changer les choses dans le sport et plus largement dans la société va prendre du temps. "Il va falloir beaucoup de temps pour déconstruire des systèmes qui sont ancrés dans notre culture et notre société depuis des centaines d'années", estime-t-elle."Ce n'est pas en un été qu'on va y parvenir", conclut-elle.

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