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Hernandez, un soldat digne du Cholo

Hernandez, un soldat digne du Cholo

Le 04/06/2018 à 07:58Mis à jour Le 04/06/2018 à 20:12

COUPE DU MONDE - Convaincant avec les Bleus face à l'Italie (3-1), Lucas Hernandez a affiché les vertus de combativité inculquées par son entraîneur Diego Simeone à l'Atlético de Madrid. Celles qui lui ont permis de se faire une place dans le club espagnol, où l'exigence de niveau et la concurrence sont particulièrement importantes. Et qui en disent long sur le potentiel du joueur de 22 ans.

Diego Simeone n'a probablement pas regardé le match de l'équipe de France face à l'Italie (3-1). Dommage. L'entraîneur de l'Atlético aurait certainement apprécié les performances de ses hommes. Celle d'Antoine Griezmann, bien sûr, mais le buteur des Colchoneros est habitué à briller en Bleu. Surtout celle de Lucas Hernandez. Parce qu'il l'a vu grandir. Parce qu'il l'a fait grandir. Jusqu'à ce premier coup d'éclat sous le maillot tricolore qui porte tellement la marque du technicien argentin.

Pas seulement. Hernandez est formaté pour le combat depuis le début. Il a eu une jeunesse difficile. "Je n'ai pas eu une enfance normale, a-t-il confié dans un entretien sur SFR Sports. J'ai vécu sans père, juste avec ma mère et mon frère. Surtout quand on était en Espagne. Ma mère ne travaillait pas et on n'avait pas de sous, c'est la vérité. C'est mon grand-père qui nous a sortis du trou. J'ai vécu des moments durs dans la vie et j'ai toujours été présent et fort mentalement. C'est ce qui fait que je suis là aujourd'hui."

Hernandez n'a jamais rien lâché. Il s'est forgé un caractère essentiel pour pouvoir réussir avec un entraîneur aussi dur et exigeant que Simeone. El Cholo a aussi rapidement décelé le potentiel du joueur arrivé à l'Atlético dès l'âge de 11 ans. Et ce côté soldat qu'il apprécie tant. "J'ai grandi avec lui, a résumé Hernandez. C'est lui qui m'a fait monter des jeunes avec les A. Depuis que je suis avec lui, il m'a inculqué ça. Il m'a dit que si je voulais réussir dans la vie, il fallait lutter, il fallait tout donner, il fallait travailler à chaque entraînement."

"C’est à moi de trouver des solutions pour qu’il puisse jouer"

Le travail, la persévérance, la combativité… Autant de qualités qui ont permis à Hernandez de gagner la confiance de Simeone, qui l'a fait débuter en équipe première dès l'âge de 18 ans. "Il m'a beaucoup parlé, disait Hernandez en août 2016 après avoir décidé de poursuivre sa carrière au sein de son club formateur malgré l'intérêt de nombreuses écuries. Il a toujours cru en moi, il a toujours eu confiance en moi, il m'a toujours donné ma chance. Il me disait que si je restais ici, je deviendrai un joueur important."

Diego Simeone

Diego SimeoneGetty Images

L'Argentin ne s'était pas trompé. Et n'a pas hésité à exploiter la polyvalence d'Hernandez pour se donner raison. Quel que soit le poste, Hernandez se bat comme un chien, sur chaque ballon, en donnant le maximum. “C’est un joueur extraordinaire, affirme Simeone. Avec un futur énorme. Il rend les choix de l’entraîneur très difficiles parce que j’ai Filipe Luis pour le poste de latéral gauche et Godin dans l’axe, deux joueurs extraordinaires. Lucas, c’est un joueur qui ne frappe pas à la porte, mais qui l’ouvre carrément. C’est à moi de trouver des solutions pour qu’il puisse jouer."

Didier Deschamps pourrait bientôt en dire autant. Hernandez a montré une capacité bluffante à s'adapter au très haut niveau avec l'Atlético et cela s'est senti dans la qualité de sa prestation face à l'Italie. Il a un profil et les vertus mentales acquises chez les Colchoneros qui peuvent s'avérer si précieuses pour une défense française parfois friable. Il a ce goût pour le combat indispensable au moment de se lancer dans une bataille aussi exigeante qu'une Coupe du monde. C'est un parfait soldat qui fait déjà la fierté de Simeone. En attendant, peut-être, de faire celle de la France.

Vidéo - Hernandez : "Je ne sens pas la pression"

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