Olivier Giroud, "le mec en or" enfin aimé pour ce qu'il est en équipe de France
Par Maxime Dupuis
Publié 08/07/2018 à 14:23 GMT+2
COUPE DU MONDE - Olivier Giroud n’a toujours pas marqué depuis le début du Mondial. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas un problème, ni pour lui, ni pour les Bleus, ni pour personne. L’attaquant, 79 sélections au compteur, vit ses meilleures heures sous le maillot bleu et semble avoir enfin mis tout le monde d’accord. Son influence et son importance vont bien au-delà des statistiques.
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Crédit: Eurosport
Olivier Giroud a passé sa carrière à devoir prouver à la terre entière qu'il ne valait pas moins que les autres. Et que son parcours atypique ne disait rien de la fin de l'histoire. A bientôt 32 ans, l'attaquant de l'équipe de France, qui fêtera sa 80e sélection face à la Belgique au cœur d'une demi-finale de Coupe du monde, a enfin trouvé la paix, parce que le grand public et autres observateurs ont finalement décidé de le laisser évoluer dans la plus grande sérénité. Et pourtant, il n'a pas marqué depuis le début du Mondial. Ce qui, en d'autres temps et d'autres contextes, lui aurait valu une belle volée de bois vert.
La fin justifie les moyens, c'est bien connu. Et, à deux marches du Graal, Olivier Giroud est enfin apprécié pour ce qu'il est et ce qu'il apporte à l'équipe de France. A savoir : le don de soi, sur et en dehors du terrain, son sens du devoir et des buts, bientôt. Il en est persuadé : "Tant que l'équipe gagne, je suis le plus heureux. Je créé des brèches pour mes partenaires. C'est sûr que j'aimerais marquer… J'espère que mon tour viendra dès mardi ou la finale. Je ne me fais pas de souci, j'aurai l'opportunité à mon tour de faire trembler les filets."
"En 1998, Guivarch n'avait pas marqué"
Et s'il se trompe ? Aucun problème. L'essentiel est ailleurs. Parce que l'enjeu dépasse sa personne : "En 1998, Guivarch n'avait pas marqué, Dugarry un but. Si je ne marque pas, je n'en aurai rien à faire. Je serai champion du monde quoi qu'il arrive".
Un attaquant vit par le but, Giroud autant que les autres. Mais Giroud, plus que d'autres, a cette faculté de résister à la disette quand il nourrit les siens. Depuis le début de la Coupe du monde, c'est ce qu'il fait. Il bataille pour faire briller les autres. "Depuis le début de la Coupe du monde" n'est d’ailleurs pas l'expression adéquate puisqu'il a débuté le Mondial sur le banc. Le quatrième buteur de l'histoire des Bleus a dû une nouvelle fois prouver qu'il était le recours. "C’est quand il n’est pas là qu’on se rend compte de son utilité", avait justement relevé Didier Deschamps avant France – Pérou. La suite lui a donné raison. "Je discute souvent avec mes proches du parcours du combattant qui a été le mien, révèle Giroud. Quand je regarde en arrière, je me rends compte que ça a été atypique. A force de travail et d'acharnement, j’ai réussi et je suis fier de jouer une demi-finale de Coupe du monde. Mais le travail ne sera accompli que si on va au bout."
René Girard a bien connu Olivier Giroud, pour avoir été le témoin et le catalyseur de sa mise sur orbite à Montpellier. L'ancien entraîneur du MHSC n'a que du bien à dire de son ancien protégé, devenu meilleur buteur du championnat sous ses ordres (21 buts en 2012) : "Olivier a un profil unique dans foot français : il est gaillard, adroit, excellent remiseur. Il a le sens du collectif. Quand on construit une équipe, c’est avec des gens comme lui."
"Il n’est pas dans le superflu mais dans l’efficace"
Depuis qu'il est revenu au cœur de l'attaque bleue, le numéro 9 passe le plus clair de son temps le dos au but adverse, avec un ou deux molosses sur le paletot. Et quand il y en a deux, ça veut dire qu'il en reste un de moins pour s'occuper des copains. "Au final, ça sert à tout le monde, embraye Girard. Il n’a ni la finesse ni l’accélération de Mbappé mais il lui permet de briller. Il se fond dans le collectif et se montre très généreux. Il va aller au tampon pendant 90 minutes et il s’en fout. Il est comme ça. Il fait rayonner les autres alors qu’il touche un tiers de ballon en moins. Il n’est pas dans le superflu mais dans l’efficace."
L'efficacité d'Olivier Giroud dépasse le rectangle vert. Dans une équipe qui brille par sa fraicheur et était la plus jeune - avec le Nigeria - au coup d'envoi du Mondial, la sphère d'influence du colosse barbu va bien au-delà. "Je ne suis pas du genre à jouer à la Playstation ou à Football Manager mais on a quand même des moments de complicités qui font que ce groupe vit bien, révèle-t-il. Ce sont des moments uniques que je ne revivrai peut-être plus. J'ai envie de profiter de chaque instant, de partager mon expérience et de transmettre ma rage de vaincre".
Et la jeunesse, elle, entend les messages de l'homme aux 31 réalisations en bleu. "Par sa grinta et par ses mots, il nous motive, juge Benjamin Pavard, 10 capes au compteur. C'est un grand joueur, un grand attaquant. Il mouille le maillot et aime la France. En plus, c'est un mec en or." Enfin reconnu à sa juste valeur, Olivier Giroud ? "Est-ce ma meilleure période en équipe de France ? C'est possible. J'ai passé des bons et des mauvais moments et j'arrive à l'âge de la maturité. J'ai de l'expérience, je sais gérer certaines situations et je me sens comme un grand frère. Suis-je plus légitime aujourd'hui ? Je ne me pose pas la question." Sans doute parce qu’elle ne se pose plus.
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